Envoyé par Zacmako
............................la spirale du temps............................
Si j’avais un quelconque pouvoir sur la spirale du temps
Pour le faire revenir un peu en arrière rien qu’un instant
Si je pouvais aussi implorer le soleil malgré lui, toutefois
De revenir sur ses pas par miracle et juste une petite fois.
Si je pouvais figer les carillons et le balancier des pendules,
Puis avoir une emprise passagère sur ce monde incrédule.
Si j’étais en mesure d’inverser et de permuter les saisons
Et qu’on me laisse sentir au moins une fois, que j’ai raison.
Je ne prévoirai guère à moi-même une nouvelle jeunesse
Et loin de moi l’appétit d’une incommensurable richesse
Encore moins le soupir nostalgique et le regret d’être né,
Mais j’aurai un penchant pour une toute autre destinée.
Je ferai un saut en arrière là où on m’a volé ma chance
J’irai d’abord faire un tour au quartier de ton enfance
Pour te plaire plus que les autres, je ferai le troubadour
Avec juste ce qu’il faudrait pour être ton premier amour.
Je t’accompagnerai seul au collège tout le long du chemin
Pour te protéger durant le trajet, je te prendrai par la main.
A la fin des classes derrière les grilles, je t’attendrais fébrile
Et nous irons prendre un chocolat au salon de thé de la ville.
À ton insu, je prendrai de ton cartable, un cahier ou un livre
Exprès pour que je vienne frapper à ta vitre pleine de givre
Habile et malin ce motif, pour ainsi te revoir avant l’heure.
La maîtresse n’y verra que du feu, malgré toute sa rigueur.
Quand tu seras en vacances, j’irai travailler aux vendanges
Personne ne saura rien du peu d’argent gagné en échange
Même avec ces quatre sous, je serai le plus riche de la terre
Car c’est largement suffisant pour ton cadeau d’anniversaire.
J’attendrais avec impatience ce treizième jour de septembre,
C’est un dimanche cette année, tu seras donc dans ta chambre.
Lorsque je lancerai des petits cailloux à ta fenêtre d’en haut,
Tu feras glisser une ficelle pour que je t’accroche ton cadeau.
Ainsi passerons ces années remplies de rires et d’insouciance
Mais mon amour pour toi gagnerait en force et en assurance
Et sans la moindre réticence, Je choisirai le moment propice
Afin de demander ta main et qu’enfin le destin nous unisse.
Nous aurions une existence où l’amertume n’a pas de place,
Je t’inventerai des joies nouvelles, avec bravoure et audace
En plus de ces douces soirées d’hiver auprès de la cheminée
Et ces instants enchanteurs dans l’attente d’un nouveau-né.
Tu choisirais toi même le prénom, si ce serait une petite fée
Car, pour un garçon et tu le sais déjà, mon choix est déjà fait
Celui de ton père qui t’a laissée orpheline lui irait à merveille
De sa tombe, Il en serait ravi malgré ces années de sommeil.
Mais c’est des instants que toi et moi, nous ne vivrons jamais
Pour la simple raison que notre part de vie a été consommée
L’ombre de ce beau roman écrit pour toi, mais resté inachevé
Ne disparaîtra qu’au moment où la mort sera à mon chevet.
Et …le temps qui s’égraine poursuit son inéluctable voyage
Incitant les rides et les cheveux blancs à faire des ravages.
Contre le déclin et contre la rouille, il n’y a pas de rempart
Seules les saisons et Les pendules survivront à notre départ.
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