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Vieux 31/05/2008, 18h52   #1
France:Le prix unique du livre en débat
 
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sannoush
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sannoush sannoush est déconnecté 31/05/2008, 18h52

Le prix unique du livre va-t-il disparaître? Cette règle, instaurée par la loi Lang de 1981, stipule qu’une fois le prix d’un bouquin décidé par la maison d’édition, celui-ci doit rester le même, «qu’on soit à Paris, dans une grande ville ou dans une zone rurale» ou «dans une Fnac, un hypermarché, une maison de la presse ou une librairie traditionnelle». Seule réduction de prix permise: -5%.

Or mercredi, le député Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre) a préconisé de modifier cette loi pour que les détaillants soient autorisés à pratiquer au bout d'un an des rabais supérieurs à la limite de 5% fixée par la loi Lang - actuellement, il faut attendre deux ans. «Autoriser des rabais supérieur à 5% (dans la limite du seuil de revente à perte) sur les livres un an après leur édition ou leur importation au lieu de 24 à 30 mois aujourd'hui, permettrait de donner une deuxième vie aux fonds de catalogue (...)», explique Dionis du Séjour.

Et le député d’insister: l’amendement qu’il propose permettrait aussi de «réduire le nombre extrêmement élevé de livres invendus qui sont détruits chaque année» (environ 100 millions en France).

Mais attention, répond Christine Albanel, la ministre de la Culture: «Une telle mesure aurait des effets très négatifs sur la diversité éditoriale, en favorisant les bestsellers (...) Elle fragiliserait les librairies indépendantes (...) Elle aurait pour conséquence, à terme, de faire monter le prix moyen du livre». Albanel a précisé qu'elle n’en était «pas moins ouverte à une discussion sur la modernisation» de la loi de 1981, «un des piliers de la politique du livre».


Faut-il solder plutôt que détruire?

Un tel amendement entraînerait une rotation plus rapide des livres sur les linéaires. Les sites marchands, qui n’ont pas de problème de linéaire pour exposer leurs ouvrages, sont pour. Mais selon François Rouet, auteur de «Le livre, mutations d’une industrie culturelle», supprimer le prix unique du livre aurait une autre conséquence: les best-sellers ou les livres sur Carla et Cécilia seront vendus à des prix plancher quand les ouvrages moins grand public verront leurs prix augmenter. Ce qui risque de provoquer, dans les librairies, une «diminution de l’assortiment proposé».

Pour Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française, c’est une erreur qui pourrait causer la mort des librairies: «La moitié du chiffre d'affaires des magasins est réalisée avec des livres qui ont plus de six mois. La réforme reviendrait à brader presque toute l'offre.»

source: 20minutes
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