|
Le Poisson Pour Le Diabete
Des protéines de poisson pour prévenir le diabète?
Consommer de la morue pourrait contribuer à prévenir le diabete T 2 selon les résultats d’un essai préliminaire mené par trois chercheuses en nutrition et un médecin de l’Université DE nsw Australia
Cet essai croisé a été mené auprès de dix hommes et neuf femmes montrant des signes de résistance à l’insuline, un dérèglement métabolique qui comporte un grand risque de conduire au diabète de type 2.
L’équipe de chercheurs voulait savoir si la nature des protéines consommées pouvait avoir un effet spécifique sur la sensibilité à l’insuline. D’après les résultats, le régime à base de protéines de morue aurait réduit de 29 % la résistance à l’insuline, tandis que celui à base de protéines animales aurait augmenté cette résistance de 3 %.
Selon les auteurs de l’étude, un tel effet des protéines de morue sur la sensibilité à l’insuline pourrait contribuer à contrer le processus métabolique menant au diabète de type 2.
Deux régimes alimentaires différents
Les chercheurs ont en fait comparé les effets sur le métabolisme de l’insuline de deux régimes alimentaires relativement faibles en matières grasses. Chacun comportait un apport énergétique provenant de glucides dans une proportion de 51 % à 52 %, de lipides pour près de 32 %, et d’environ 18 % à 19 % de protéines.
La provenance des protéines différait d’un régime à l’autre : de la morue, un poisson maigre qui n’est pas particulièrement riche en oméga-3, pour un groupe, et un mélange de boeuf, de porc, de veau et de produits laitiers pour l’autre2.
D’autres essais ont démontré que les oméga-3 de source marine avaient un effet semblable sur la tolérance à l’insuline. Les résultats du présent essai indiquent que la nature même des protéines de poisson jouerait un rôle à cet égard, mais indépendamment de leur teneur en oméga-3.
Le poisson préviendrait le diabète
12 mai 2006 –Une autre bonne raison de consommer du poisson : ses protéines contribueraient à prévenir le diabète en réduisant la résistance à l’insuline. C’est ce qu’a révélé une équipe de chercheurs de l’Institut des nutraceutiques et des aliments fonctionnels (INAF) de l’Université Laval, à Québec, lors d’un congrès de la Société québécoise de lipidologie1.
Durant quatre semaines, les chercheurs ont soumis 18 sujets obèses souffrant de résistance à l’insuline à un régime classique à base de viande rouge (boeuf, veau et porc), d’oeufs et de produits laitiers ou à un régime équivalent dont les protéines provenaient essentiellement de la morue. Dans ces deux régimes, le contenu en fibres et en oméga-3 était similaire, de même que le rapport en gras saturés, monoinsaturés et polyinsaturés. La seule différence : la source des protéines.
Une amélioration de la sensibilité à l’insuline a été enregistrée chez ceux qui ont consommé de la morue à raison de deux repas par jour pendant quatre semaines. D’après les chercheurs, cela pourrait réduire les conséquences du syndrome métabolique, notamment le diabète, chez les personnes à risque.
La principale cause du syndrome métabolique est la résistance à l'insuline. L'insuline, une hormone produite par le pancréas, est un peu comme une clé qui permet aux cellules de « s'ouvrir » pour absorber le glucose (sucre). Si les cellules deviennent insulino-résistantes, elles n'absorbent plus bien le glucose malgré la présence de l'insuline. Le glucose se retrouve alors en trop grande concentration dans le sang, et en manque dans les cellules. Pour remédier à la situation et maintenir un taux adéquat de glucose, le pancréas doit produire toujours plus d'insuline. Avec le temps, le pancréas n'arrive plus à compenser, et la glycémie (le taux de sucre dans le sang) devient trop élevée. D’où l’apparition de diabète de type 2.
Après les oméga-3... les protéines de poisson!
Selon les auteurs de l’étude, les protéines spécifiques du poisson présenteraient un profil d’acides aminés qui augmentent la sensibilité à l’insuline. Leur chair serait notamment riche en taurine et en arginine. Ces deux acides aminés agissent sur la paroi interne du coeur et des vaisseaux sanguins.
À l’inverse, les protéines de poisson sont moins riches que celles de la viande rouge, des oeufs et des produits laitiers en leucine, valine et isoleucine, des acides aminés qui ont pour effet d’augmenter la résistance à l'insuline.
Bien que leurs études aient principalement porté sur la morue, les chercheurs soulignent que la chair des autres poissons présente un profil semblable en acides aminés. Selon la nutritionniste Hélène Jacques, qui a participé aux recherches, la goberge, l’aiglefin et la sole renfermeraient à peu près les mêmes teneurs en ces acides aminés qui exercent l’effet protecteur que l’on attribue aux protéines de la morue.
On savait déjà que les acides gras oméga-3 des poissons pouvaient protéger le système cardiovasculaire. Les résultats des recherches de l’INAF indiquent que les protéines de poisson, indépendamment des acides gras auxquels elles sont liées, constituent aussi un nutriment inestimable pour la santé humaine.
Pierre Lefrançois – PasseportSanté.net
|