Le cahier scolaire tunisien a provoqué, récemment, une certaine polémique dans le marché marocain. En fait, les producteurs marocains demandent de limiter les importations tunisiennes afin de mettre en place avec l'Etat chérifien des mesures protectionnistes.
Les producteurs marocains condamnent leurs homologues tunisiens par "une concurrence déloyale", suite à la subvention des papiers en Tunisie. En fait, les importations ont augmenté au bout de 3 ans, passant de 400 tonnes de cahiers en 2004 à 4 500 en 2006 et prévu qu'elles dépassent les 12 000 tonnes cette année.
Nous avons publié, il y a quelques jours cette information, à laquelle un de nos lecteurs, M. Samy a réagi à cet article. Il était en fait, surpris du terme "concurrence déloyale". Il a expliqué que le principe même de la concurrence réside en une compétition entre fournisseurs pour permettre un accès et un prix de la marchandise plus avantageux auprès des clients.
D'ailleurs, en comparant les prix, le cahier marocain coûte, au mieux, 35% plus cher que son concurrent tunisien sur le marché marocain. Il est clair qu'il est plus facile de se plaindre et demander de l'aide que de s'adapter aux règles du marché maghrébin naissant, surtout dans le cadre des accords d'Agadir!
Cependant, notre lecteur à poser la question : Quel est cet argument consistant à dire que le papier serait initialement subventionné en Tunisie? En quoi serait-ce un problème? Au contraire, cette affaire est absolument bénéfique pour les clients marocains. Si la production de papier se trouve plus compétitive en Tunisie, d'autres produits se voient plus rentables quant à leur production dans d'autres pays/régions des pays adhérants aux accords d'Agadir...tels sont les lois du marché et c'est inévitable.
Nul ne peut nier que cette affaire fait naître au grand Maghreb une certaine latéralisation des zones de production. Plus précisément une spécialisation des marchés et c'est avantageux dans un contexte d'intégration à l'économie mondiale.
Il reste donc de se questionner quant à la véritable visée de la médiatisation de cette plainte inutile, car cette dernière ne peut pas être fondée sur un socle économique et encore moins dans le cadre des accords d'Agadir.
L'éventualité, se présentant comme la plus probable, ne serait qu'à la demande des patrons marocains de ce secteur, une campagne de contre-publicité des cahiers tunisiens ait été sollicitée, et ce, sous des airs de plainte favorisant la position victimisante, dans le but d'éveiller l'esprit nationaliste de certains consommateurs marocains, afin de grignoter quelques parts du marché restant, voire carrément toucher certaines instances décisionnelles.
C'est une attitude puérile pour l'émergence de l'espace économique maghrébin, surtout lorsque l'on sait que maints produits marocains sont présents et parfois majoritaires dans leur secteur dans diverses régions du Maghreb.
Prôner à tout bout de champ l'ouverture économique, l'appliquer de manière hâtive et se plaindre a posteriori de ne pas être prêt à faire face aux concurrents étrangers sur son marché, c'est dévoiler un manque de réflexion et d'anticipation dans l'élaboration de cette ouverture. Généralement, ce sont des erreurs qui coûtent cher.
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