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Vieux 11/07/2009, 10h39   #1
Et si l'instinct maternel n'existait pas ?
 
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domi1315
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domi1315 domi1315 est déconnecté 11/07/2009, 10h39

Pour ne pas faire de h.S dans un sujet débattu ailleurs , je me permets de poster cet article qui ne manquera pas , je l'espère, de déchaîner les passions.


Je crois personnellement qu'il est bon de se pencher sur la question de l'instinct maternel qui paraît être une évidence mais ne l'est peut être pas ... à moins qu'il ne s'agisse d'une vaste fumisterie destinée à asservir les femmes

A vos claviers Mesdames qui êtes déjà mères, Mesdemoiselles qui rêvaient de l'être ou le redoutaient et vous tous Messieurs qui avaient certainement un avis sur la question .


L'article est un peu long mais essayez de le lire, au moins partiellement si ce n'est intégralement, avant de commenter le sujet .Merci.


Y A-T-IL UN INSTINCT MATERNEL ? , revue "sciences humaines" , Jean François Dortier , à partir de l’ouvrage de Sarah Blaffer Hrdy ( primatologue et anthropologue féministe ), Payot, 2002.

Publié le samedi 7 octobre 2006.



une synthése particulièrement interressante des travaux et analyses de Sarah Blaffer Hrdy , qui permet d’aborder scientifiquement la question de l’instinct maternel , trop souvent inféodé à des concepts idéologiques à forte influence politique , proches d’une sacralisation maternelle exclusive , qualifiée de "sulfureuse". Noter , entres autres , le rappel de la dénonciation féministe légitime de la sacralisation maternelle et le démontage du mythe d’un "instinct maternel infaillible" avec la fréquence de la mal traitance , abandon et infanticide maternels ...à lire absolument , tout comme l’ouvrage de Sarah Blaffer Hrdy
Sarah Blaffer Hrdy revisite les thèses de la sociobiologie et du culturalisme. Pour l’une, les gènes programment les mères à aimer leurs petits. L’autre voit dans l’instinct maternel une pure construction sociale.
Quoi de plus attendrissant qu’une mère allaitant son enfant ? Qu’une chatte appelant désespérément ses petits disparus ? Charles Darwin partageait cette conviction. En témoignent ces propos du professeur Whewhell, qu’il cite dans La Filiation de l’homme : « Lorsqu’on lit les exemples touchants d’affection maternelle, rapportés si souvent au sujet des femmes de toutes les nations, et des femelles de tous les animaux, comment douter que le mobile de l’action ne soit le même dans les deux cas ? » Et ce mobile, c’est l’instinct maternel. Et Darwin de citer le chagrin des guenons lorsqu’elles perdent leur bébé ou le zèle qu’elles peuvent mettre parfois dans l’adoption de petits singes orphelins : « Une femelle babouin avait un coeur si grand qu’elle adoptait non seulement les jeunes singes d’autres espèces, mais volait aussi de jeunes chiens et chats, qu’elle emportait partout avec elle. » Fort de ces ressemblances évidentes entre les comportements des mères dans de nombreuses espèces animales et humaine, Darwin en concluait que l’affection maternelle faisait partie des instincts sociaux les plus puissants, et qu’elle poussait les mères humaines et animales à nourrir, laver, consoler et défendre leurs petits.


Contre cette évidence de l’instinct maternel, Elisabeth Badinter avait écrit en 1980 un livre choc, L’Amour en plus (Flammarion). Loin d’être une donnée naturelle, un instinct inscrit dans les gènes des femmes, l’amour maternel serait profondément modelé par le poids des cultures. Son dossier - bien ficelé - était de nature à ébranler les certitudes. Reprenant les travaux sur l’histoire de l’enfance, l’auteur en concluait que l’idée d’un amour maternel était une idée relativement neuve en Occident, qu’elle datait précisément des environs de 1760. Auparavant, du fait du nombre d’enfants qui mouraient en bas âge, des contraintes économiques qui pesaient sur la femme et, surtout, du peu de considération que l’on portait aux enfants (qu’on jugeait comme une sorte d’ébauche grossière d’être humain), l’attention apportée aux petits n’était pas si forte. De fait, le nombre d’enfants abandonnés ou laissés en nourrice montrait que beaucoup de mères n’étaient pas attachées à leurs petits. La littérature révèle aussi un nombre important de mères distantes et parfois brutales. Pour E. Badinter, ce n’est qu’à la fin du xviiie siècle que le rôle de mère a été valorisé et que le regard sur l’enfance a changé. C’est alors que l’on a enfermé les femmes dans le rôle de mère nourricière exigeant un dévouement total à sa progéniture.

Voilà le dossier sulfureux de l’instinct maternel qu’ouvre de nouveau Sarah Blaffer Hrdy. L’auteur est iconoclaste. Sociobiologiste, elle appartient à ce courant de pensée qui veut que les comportements sociaux (soins parentaux, conduites grégaires, altruisme) sont profondément ancrés dans les dispositifs biologiques des espèces animales. Mais c’est au nom de la sociobiologie qu’elle s’attaque aux préjugés « machistes » du darwinisme. Dans La femme qui n’évoluait jamais (publié en 1983 aux Etats-Unis), elle contestait vigoureusement la vision darwinienne selon laquelle la nature aurait assigné aux femmes les rôles de « machines à pondre », femmes soumises et mères dévouées.




source:


http://www.lplm.info/spip/spip.php?article391
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