Le Hezbollah Aprés Les Elections, Une Opposition Unie - La Position Du Hezbollah Après l'Election Iranienne

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Vieux 02/07/2009, 23h50   #1
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Siryne
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Siryne Siryne est déconnecté 02/07/2009, 23h50

Le Hezbollah Aprés Les Elections, Une Opposition Unie - La Position Du Hezbollah Après l'Election Iranienne


Tandis qu'en surface l'équipe pro US ici a effectivement préservé sa "majorité", l'opposition menée par le Hezbollah a en fait gagné les élections obtenant environ 10% de plus de votes. Sur approximativement 1.495.000 de votes effectifs, la Résistance Nationale Libanaise emmenée par le Hezbollah a récolté 815.000 de ces votes alors que les parties du gouvernement de la Coalition du 14 Mars en ont obtenu 680.000.









Alors que le premier ministre libanais, Saad Hariri, travaille à la formation d' un cabinet de coalition, le Hezbollah est actuellement plus fort politiquement qu'il ne l'a jamais été. Le Parti peut largement déterminer la construction du prochain gouvernement et insister pour que des postes au sein du cabinet aillent à ses alliés car il préfère conserver un profil bas et influencer la politique par le biais de consultations tranquilles plutôt que des menaces et des bras de fer.

Comme l'a expliqué un ami du Hezbollah : " Si le Hezbollah a juste 1 membre au Parlement, la Majorité comprend que toute la Résistance est là. Nous n'avons pas besoin de frimer, mais plutôt de collaborer et faire que ce nouveau gouvernement fonctionne. C'est ce que nous demande ceux qui nous soutiennent."

Le soutien populaire post élection du Hezbollah semble avoir augmenter grâce à son fair play pour accepter les résultats,en plus de son accommodement avec ses adversaires politiques malgré de réelles craintes concernant l' "équipe US".

Cette attitude est illustrée par une blague du Hezbollah qui fait actuellement le tour de Dahiyeh, une zone importante de la Résistance où il n'y a pas de soutien massif pour l'équipe US du 14 Mars.

Un membre du Hezbollah écrit à l'Ayatollah Ali Khomenei, le dirigeant suprême de l'Iran ou Jurisconsul ( Wali al Fiseh) que le parti consulte souvent sur des questions religieuses et des problèmes politiques.

" Cher dirigeant Khomenei, je suis un vendeur de crack à Beyrouth et j'ai récemment été diagnostiqué comme porteur du virus du Sida. Mes parents vivent dans le quartier d'al Dahiyeh et l'une de mes soeurs, qui vit à Jounieh, est mariée à un travesti. Mon père et ma mère ont récemment été arrêtés par la sécurité du Hezbollah pour avoir fait pousser de la marijuana dans leur petit jardin et dépendent actuellement de mes deux autres soeurs qui sont des prostituées à Maameltein.

"J'ai deux frères. L'un est actuellement emprisonné à vie sans possibilité de libération sur parole à Roumieh pour le meurtre d'un adolescent en 1994. Mon autre frère est actuellement détenu à Trablos accusé de blanchiment d'argent et de contrefaçon de billets de 100$ US. Récemment, je me suis fiancé avec une ancienne prostituée Thailandaise qui vit à Jiyeh, et, en fait, continue de travailler à temps partiel dans un bordel.

"Mon problème est le suivant: j'aime ma fiancée et j'espère la faire entrer dans ma famille et bien sûr je veux être totalement honnête avec elle.

"Devrais je lui dire que mon oncle a voté pour la coalition du 14 Mars au Liban lors de la récente élection ?

"Signé : quelqu'un d'inquiet pour sa réputation.


Le Hezbollah possède effectivement le sens de l'humour et la capacité de se moquer de lui-même. Le Hezbollah a son allié le dirigeant shi'ite du Amal, Nabih Berri, élu pour son 5ème mandat au puissant poste de porte parole du Parlement. Parallèlement, l'allié chrétien du Hezbollah, Michel Aoun, a vu son vote populaire augmenter lors de l'élection, gagnant plus de sièges, soit au total 27 sièges. Il demande 7 postes au sein du Cabinet ( 3 de plus que lors du gouvernement précédent) pour son Mouvement Libre Patriotique.

L'opposition n'a pas bloqué la désignation de Saad Hariri comme Premier Ministre ( il a obtenu 85 votes de députés sur un total de 128) mais a envoyé un message disant qu'elle cherche la coopération sur les décisions concernant des questions essentielles pour le Parti. Ses alliés ont renouvelé l'appel à une représentation proportionnelle * pour les 128 sièges du Parlement. Il y a actuellement 13 blocs politiques et 11 députés indépendants, la majorité d'entre eux cherchant à avoir de bonnes relations avec le Hezbollah tout en réduisant leurs récriminations pré électorales sur son armement. Pour une simple raison, c'est que le public libanais, qui continue d'observer les provocations d'Israël et son renforcement militaire le long de la ligne bleue, est d'accord que tant que l'armée libanaise n'est pas à la hauteur cela vaut la peine d'avoir une importante force de dissuasion aux projets du gouvernement Netanyahou.

L'opposition post election du 7 juin semble plus unie et ouverte au nouveau groupe Lebanon first (ancienne coalition du 14 Mars). Certains ont suggéré que la Coalition du 8 Mars ( regroupant le Hezbollah, Amal et le Mouvement Patriotique Libre) change de nom et adopte celui de "Liban Pour Toujours" mais le Hezbollah préfère pour l'instant conserver sa loyauté au nom Résistance.

Certains agents du Hezbollah ont suggéré que l'opposition déciderait de sa position concernant le nouveau gouvernement, qui pourrait prendre plusieurs semaines à être formé, sur une éventuelle légitimisation explicite des armes du Hezbollah. Le député Talal Arslan, un rival druze pro Hezbollah de Walid Jumblatt, a dit que l'opposition soit participera comme une "entité dans son ensemble" dans le futur gouvernement, ou restera en dehors, impliquant qu'elle insistera pour que l'accord de Doha avec le " tiers de blocage" soit maintenu.

En ce qui concerne le dirigeant Druze, Walid Jumblatt, sorti légèrement affaibli de l'élection libanaise, mais restant le plus fort dirigeant druze " Ziam" il se rapproche du Hezbollah après avoir ressenti que "les Américains l'avaient laissé tomber" l'année dernière. L'autre jour il a passé des heures avec Hasan Nasrallah et on dit qu'il ne croit plus que les armes du Hezbollah constituent un problème intérieur sérieux alors qu'il revient dans ses discours aux médias au langage arabisant et à la défense des droits des réfugiés palestiniens sur la base de la formule "tous les droits sauf celui de la citoyenneté" que fait circuler la Fondation pour Sabra et Chatila.

Les relations du nouveau Premier Ministre, Saad Hariri, avec le Hezbollah ont jusqu'à présent été cordiales. Il a rencontré la semaine dernière le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et n'a pas insisté pour le désarmement du Hezbollah, et les deux ont fait une déclaration après les discussions déclarant qu'ils " étaient d'accord pour continuer à discuter dans l'actuelle atmosphère positive et calme" et ont insisté sur "la logique du dialogue, de la co-opération et de l'ouverture."

La position du Hezbollah après l'élection iranienne.

L'élection iranienne du 12 Juin a en fait suscité une certaine joie en Israël.

L'espoir est né qu'Israël pourrait plus facilement se faire entendre sur la scène internationale pour bombarder l'Iran et pour faire augmenter les sanctions. Netanyahou lors de son voyage en Europe cette semaine a fait pression sur ces points essayant de persuader des pays comme l'Italie, qui fait partie des pays entretenant un important partenariat commercial avec l'Iran, de réduire les liens économiques.

Eyal Zisser, chef du département d'histoire du Moyen Orient et de l'Afrique à l'Université de Tel Aviv a ainsi exprimé son point de vue : " l'élection iranienne envoie un signal perturbateur à la Syrie et au Hezbollah. Plus le régime est faible, moins il peut apporter son soutien au Hezbollah."

Le Hezbollah n'est pas d'accord. Cependant, quelque soit les changements à long terme susceptibles de se passer en Iran résultant de l'élection, des contacts avec le Parti affirment qu'ils vont plus dans le sens d'une évolution que d'une révolution. Ils considèrent les évènements récents comme ayant peu de chance d'affaiblir l'Iran militairement ou d'affecter le soutien du pays pour la Palestine tout spécialement inscrite dans la Constitution iranienne, ou son engagement envers la Résistance Nationale Libanaise dirigée par le Hezbollah.

Les membres du Parti ont unanimement exprimé le point de vue que le Hezbollah resterait loin de toute lutte de pouvoir entre le groupe Ahamadinejad/Khomenei et la faction Mousavi/Rafsanjani, et certains membres interviewés récemment s'attendent à ce que la direction iranienne après peut être "quelques remaniements de portes feuilles et quelques arrangements" soit unifiée pour le bien de son peuple. Ils expliquent que le Hezbollah n'a rien à voir avec les affaires internes de l'Iran et qu'il ne prend pas parti sur des problèmes internes et que l'élection du 12 Juin était entièrement une affaire interne iranienne.

" Ce qui se passe là bas n'a strictement rien à voir avec notre situation" a dit Naim Qassim le 25 Juin 2009 aux médias de Beyrouth. " Nous avons notre propre identité libanaise et popularité, et ces évènements ne nous concernent pas", ajoutant que le Hezbollah croit que la situation en Iran retournera rapidement à la normale et que "la République islamique a réussi à surmonter ce complot de l'étranger visant à déstabiliser la situation interne".

Une autre raison pour laquelle les membres du Hezbollah doutent que les résultats contestés de l'élection iranienne affecte le Hezbollah et son agenda c'est que le soutien pour le Hezbollah, de même que pour les groupes sunnites du Hamas et du Jihad islamique sont inscrits dans la Constitution iranienne et dans son idéologie, qui voit la République islamique comme un contre poids à l'Egypte, la Jordanie et d'autres qui ont reconnu Israël.

Sur le sujet des financements, on m'a dit que l'Iran donnait beaucoup moins d'aide au Hezbollah qu'on ne le rapporte habituellement dans les médias occidentaux, mais que l'Iran ne mettrait pas fin à son aide.

Le relation du Hezbollah avec l'Iran a commencé au moment de sa création et s'est approfondie depuis. Pratiquement tous les dirigeants en Iran ont des liens proches avec le Hezbollah selon ce que l'on rapporte. L'Iran, et de plus en plus de pays dans la région et au delà, partagent les objectifs du Hezbollah et se sont engagés à maintenir :leur relations et même de les développer.

Selon le Hezbollah, c'est clair qu'il y a une ingérence occidentale, et tout spécialement anglaise et américaine dans les affaires internes de l'Iran.

"Les émeutes et les attaques dans les rues ont été orchestrées de l'extérieur pour tenter de déstabiliser le gouvernement islamique du pays" a dit Qassim

Tandis que le Hezbollah est ouvert à des discussions avec des représentants de tous les gouvernements occidentaux, cela a peu de chance d'inclure dans un futur proche celui des US bien que le Parti affirme que plusieurs responsables US ont demandé à discuter avec le Hezbollah.

Cela continuera d'être la position du Hezbollah jusqu'à ce que l'Administration Obama l'enlève de la liste des organisations terroristes. Selon Qassim : " c'est inutile pour le Hezbollah de discuter avec les Américains puisqu'ils nous considèrent comme des terroristes. Les Européens de leur côté ont un rôle à jouer, spécialement parce qu'ils adoptent une approche différente de celle des Américains".

A court terme, il semble peu probable que les élections récentes aient fondamentalement un effet sur le Hezbollah, que ce soit au sein du gouvernement libanais ou internationalement.


Franklin Lamb - 30/06/09 - Dahiyeh - www.counterpunch.org

Franklin Lamb est chercheur au Liban. On peut le contacter via son email : fplamb@sabrashatila.com

* (NDLT) Actuellement la répartition se fait sur une base religieuse, 50% pour le chrétiens, 50% pour les musulmans d'après un recensement de la population datant de 1932, jamais actualisé et qui ne correspond plus à la réalité démographique puisque les musulmans sont majoritaires. Si on suit le fonctionnement d'une démocratie c'est l'opposition emmenée par le Hezbollah qui devrait en fait gouverner puisqu'elle a remporté plus de votes que la coalition d'Hariri. Mais personne n'a tweeté pour réclamer que le jeu démocratique soit respecté et appliqué au Liban et les gouvernements occidentaux et leurs médias propagandistes ont répandu "leur bonne nouvelle" que l'opposition du Hezbollah avait perdu, ce qui est bien évidemment faux, chiffres à l'appui.

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après, aprés, elections, hezbollah, iranienne, lelection, opposition, position, unie

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