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Discussion: Djerba: De la stratégie de survie à la réussite dans la vie

          
  1. #1
    Veteran Marhba
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    Djerba: De la stratégie de survie à la réussite dans la vie

    [FONT=Arial][B]Une brochette d’illustres invités, de Djerbiens issus de disciplines différentes s’est réunie pour débattre d’un thème spécifiquement îlien et néanmoins original : «Les valeurs de solidarité dans le commerce traditionnel djerbien». Un débat fleuri d’anecdotes. Revue de détails.[/B]

    [/FONT] [CENTER][FONT=Arial]http://www.lapresse.tn/images/news/detail_news/70017[/FONT][/CENTER]
    [FONT=Arial]
    M. Hamza Robbana, ancien haut fonctionnaire international, est entré de plain-pied dans le sujet en explorant d’une belle manière les secrets de l’ascension professionnelle et sociale du jeune Djerbien émigré selon le modèle « d’association avec apport en nature » . Ce modèle se présente en gros comme un contrat entre l’employeur, commerçant en alimentation générale à Tunis (appelé détenteur des clés ou de boutiques) et son protégé. Agé d’à peine 15 ans, ce dernier portait en lui un seul objectif : réussir. Il devait, pour y parvenir, gravir des échelles établies comme des codes et affronter des épreuves souvent pénibles. Un seul vecteur guide cette association : observer les termes du contrat (moral, il va de soi). Le type de contrat rappelle, dans son aspect initiatique, celui de compagnonnage (concernant des métiers) pratiqué en Europe depuis le Moyen Age. Il fallait des mois de pratique pour que le jeune Djerbien débutant acquière le statut d’apprenti avant d’accéder à celui d’épicier serveur (alors proche de la confirmation).

    A chaque étape, qui dure des années, le détenteur du capital partage avec son protégé les pertes et les profits. Dans ce dernier cas fréquent, le pourcentage après les années de formation et d’observance stricte des termes du contrat commence à 35%, il grimpe, au fil des années, à 50%, qui est un moment important «d’affranchissement» au bout duquel le patron présente son associé aux grossistes, puis ce pourcentage atteint 65% pour se clore en apothéose : le changement d’association ; l’ancien apprenti devient propriétaire du fonds de commerce et ne paie dès lors que le loyer. L’expérience, indique M. Robbana, a une durée s’étalant entre 5 et 10 ans.

    Belle démonstration d’une association bâtie d’abord sur la confiance, entretenue par des valeurs fixées à l’avance sur des rapports préétablis (discipline, rigueur dans la gestion, bonne conduite…), autrement dit : une école.

    [/FONT]
    [LIST][*][FONT=Arial][B][U]Le front arrière[/U][/B][/FONT][/LIST]
    [FONT=Arial]
    Suite à ce descriptif documenté qui nous replonge tout de même dans une tradition presque disparue, M. Hassine Tobji, conservateur du musée de Guellala, sans transition, a réagi en décrivant la condition de la femme et les enfants restés sur l’île. La maîtresse de maison avait non seulement la tâche de cimenter la famille en élevant sa progéniture dans la tradition, lui inculquant les valeurs morales, mais elle travaille dans les champs, aidée par ses enfants. M. Tobji, n’ayant pas eu l’expérience de l’émigration et fortement ancré dans son île, désigne cette lutte pour la survie ou pour l’ascension sociale par un terme à la fois guerrier et attendrissant : le front arrière de la famille.

    Comme pour faire d’une pierre deux coups, M. Tahar Ben Tanfous a invité le bureau de l’association «Djerba ma mémoire», qui tenait le samedi 22 mars son assemblée générale, à participer au débat. A l’occasion, le secrétaire général, M. Aïssa Baccouche, Djerbien, natif de l’Ariana, a décrit les étapes de l’association en lien avec l’attachement à l’île et, en termes poétiques, il a remonté le temps, décrivant au passage les pommes de Djerba (disparues de nos jours), les intégrant dans une comparaison avec son expérience avec les roses de l’Ariana.

    M. Férid Ben Tanfous, P.-d.g. de l’ATB et président de «Djerba ma mémoire», fermant la boucle, estime dans son intervention que les valeurs qui ont présidé dans le passé le commerce du Djerbien, s’appliquent de nos jours au système bancaire. Ces principes au nombre de 6, affirme-t-il, se présentent sous la forme du respect du client, du respect des obligations de l’apprenti envers son employeur (dans le cas de la banque c’est le respect de l’associé ou du fournisseur), de l’état de confiance entre la banque et le client (hier entre le protecteur et son associé), par l’attention permanente accordée à l’équilibre financier, de la capitalisation (pour assurer ses arrières), et enfin, l’élargissement du réseau de distribution.

    [/FONT] [CENTER][FONT=Arial]http://www.voyages-photos.fr/images/djerba/09djerba.jpg[/FONT][/CENTER]
    [FONT=Arial]

    [/FONT]
    [LIST][*][B][FONT=Arial][U]La connaissance du passé façonne l’avenir[/U][/FONT][/B][/LIST]
    [FONT=Arial]
    Parmi les intervenants dans la salle, Saïd Bou Aroua, un Algérien, commerçant de Ghardaïa, s’est appuyé sur des liens impliquant des pratiques sociales communes, et a abondé dans les exemples relatifs à la solidarité, aux rapports comparables en tous points entre les Djerbiens et les M’Zabi. L’année dernière, indique-t-il, les M’Zabi ont fêté le 500e anniversaire du sage érudit Am Saïd Ejjerbi. C’est tout dire.

    Presque en négatif d’une image d’un commerce décrit comme solidaire, à la limite affectueux, M. M’Henni, urbaniste, a torpillé les anecdotes tendres en attaquant le sujet par son flanc concret et cru.Depuis son existence le Djerbien, dit-il, est un homme habité par la prudence et la patience, à cause de l’adversité des éléments naturels (absence de richesses) et de l’adversité humaine (il a peur des invasions par la mer ou par la terre non protégée), d’où une propension à l’entraide naturelle et effective.

    Quant aux rapports liant l’employeur à l’employé, ils sont souvent injustes, difficiles mais non conflictuels. A Tunis ou dans les grandes villes, le jeune "émigré" vit dans des conditions de travail déplorables (sa soumission absolue à son maître, résignation, horaires de travail intenables, isolement social, épreuves physiques et morales humiliantes…). L’image d’une solidarité effective s’estompe donc, elle laisse place à une autre moins idyllique. D’autres intervenants ont évoqué leur expérience ou celles de leurs proches, apportant des témoignages, sources à l’appui au sujet, ô combien collé à l’île.

    [/FONT]
    [LIST][*][B][FONT=Arial][U]«Djerba ma mémoire»[/U][/FONT][/B][/LIST]
    [FONT=Arial]
    Djerba Ma Mémoire est une ONG qui réunit des personnalités djerbiennes de milieux différents, très attachés à leur île. Jadis jardin flottant produisant nombre de fruits, l’île, avec l’arrivée du tourisme, a failli perdre une partie importante de ses variétés qui la distinguait et perdre ainsi sa vocation agricole. Aussi, parallèlement au tourisme, une image d’une île riche en fruits et en fleurs spécifiques, enrichirait sa réputation et son charme. A titre d’exemple, la pomme de Djerba, parfumée, juteuse à souhait s’est volatilisée et a disparu du circuit, renaîtra-t-elle de ses cendres? Djerba Ma Mémoire qui exploite un parc ouvert aux visiteurs, de plus de 10ha dans l’île dénommé Le jardin des Pommes, s’y essaie, elle a planté des raisins, des oliviers et d’autres fruits pour la renaissance d’espèces restées uniquement en mémoire. Le parfum de la pomme serait –il celui de la madeleine de Proust des Djerbiens ?

    [/FONT] [FONT=Comic Sans MS][FONT=Arial][URL="http://www.marhba.com/forums/madjerba.canalblog.com/archives/2008/03/24/8452069.html"]source[/URL][/FONT][/FONT][B][FONT=Comic Sans MS]
    [/FONT][/B]

  2. #2
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    Merci Sannoush, article très intéressant, pour une fois qu'on parle de Djerba dans la presse (autre que Eljazira)
    Très bonne intervention de M. Robbana , par contre le raccourci avec le monde bancaire

  3. #3
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    voici un autre reportage fait par le journal arabophone echchourouq sur la même conférence.
    Notons que le commerce de coin (ou comme les français les appellement "les arabes de coins"!!!) est représenté amplement en France par nos immigrés jerbiens mais aussi par les mozabite (algérie) et les soussiens (du souss marrocain et pas de sousse tunisienne).

    [SIZE=4][COLOR=red]في ندوة عن منظومة التاجر الجربي: أسرار النجــاح من حبة الحمص إلى نيويـورك[/COLOR][/SIZE]
    [SIZE=4][COLOR=#ff0000][U][I][B]* جربة «الشروق» ـ كمال الشارني
    [/B][/I][/U]
    [COLOR=black]http://www.alchourouk.com/images%20a...49514_4423.jpgنظمت مؤخرا «جمعية جربة الذاكرة» في فضاء تومانة بميدون ندوة حول قيم التضامن في المنظومة التجارية التقليدية في جربة بحضور عدد هام من المختصين في تاريخ الجزيرة والمغرمين بها بالإضافة إلى عدد كبير من رجال الأعمال من أصيلي الجزيرة.
    ولئن كان موضوع الندوة هو النظام التجاري التقليدي للجربي الشهير صاحب محل العطرية الحاضر في كل المدن والقرى التونسية، فإن أسماء شهيرة على المستوى الوطني في مجال التجارة والخدمات والبنوك وغيرها كانت حاضرة وانطلقت في الحديث بتلقائية عن التفاصيل الثرية التي حفت بتكوين تلك الأسماء بدءا بالشراكة بالجهد في حانوت العطار وصولا إلى تكوين مؤسسات اقتصادية ذات إشعاع عالمي.
    وترأس الدكتور الصادق بن جمعة هذه الندوة التي كانت ببادرة من السيد الطاهر بن تنفوس، واقترنت بمعرض صور عن الحياة في جربة نظمته مؤسسة بيت البناني وهي مؤسسة ثقافية تعمل على الحفاظ على التراث. [/COLOR]

    [COLOR=black][I][B]راجل أم دقو ؟[/B][/I]
    وفي حضور أسماء لامعة في مجال الاقتصاد، انطلق السيد حمزة ربانة في الحديث عن أسرار نجاح أهل جربة في التجارة اعتمادا على تفسير مبدأ «الشراكة بالبدن» التي يختص بها تجار جربة حيث كان على الصبي منذ أن يبلغ سن الخامسة عشر أن يودع والديه في حفل خاص ليرحل للعمل مساعد تاجر جربي آخر، أو شريكا بجهد الجسد مع تاجر جربي في العاصمة حيث يملك «مفاتيح» أي محلات تجارة. وفي حفل توديع الصبي يقال له : « إما أن تعود رجلا أو تعود دقو»، والـ «دقو» كنية عن الرجل الفاشل الذي لا خير فيه وهو ما يعتبره أهل جربة نهاية أسوأ من الموت. ويقول السيد ربانة إن الصبي يحتاج إلى أشهر كي يبلغ مرحلة «صانع» أي مساعد تاجر، إذ عليه أن يكتسب مواصفات التاجر الجربي وهي الأمانة والثقة والاقتصاد الكبير في المعيشة لأجل تكوين النواة الأولى للاستقلال بنفسه فيما بعد حتى أن التدخين وشرب المسكرات كانا من موانع الانتداب حتى في صيغة مساعد تاجر. وعندما يترك الجربي أهله ويرحل، يكون تحت ضغط المجتمع في جربة والذي يطالبه بالنجاح ويترصده عند الخطإ إذ كانت أخبار كل المهاجرين تصل بتفاصيلها مع التعاليق عليها إلى أهل جربة. وهكذا كان الجربي محكوما بالنجاح لكي لا يصبح دقو.[/COLOR]

    [COLOR=black][I][B]من حبة الحمص إلى نيويورك[/B][/I]
    ويقول السيد حسين الطبجي صاحب متحف قلالة للعادات والتقاليد الجربية إن ما يراه الناس من مبالغة التاجر الجربي في الاقتصاد ليس وليد التحدي الاجتماعي فقط، بل كذلك نتيجة ما تعرضت له الجزيرة من كوارث ومحن عبر تاريخها الطويل وبسبب شح مواردها وعزلتها.
    وفي هذا الإطار يقول الشيخ صالح المهيري إنه احتاج في صباه إلى أشهر لتعلم قيمة حبة الحمص وقرن الفلفل الشائح من جهة والثقة في المعاملات من جهة أخرى في تكوين نواة الثروة لدى التاجر الجربي والتي تمتد على أعوام طويلة لا ينتبه لها حريفه بل يعرفها تجار الجملة والمزودون. وفي هذا المجال، يقول السيد فريد بن تنفوس وهو مدير عام ببنك شهير ورئيس جمعية جربة الذاكرة: «مازلنا محافظين على أخلاق وقيم الجربي في البنوك ومختلف الأنشطة الاقتصادية الكبرى، مبادئ الجربي لم تنقرض بل أصبحت تمثل بديلا اقتصاديا مهما لذلك أنا متفائل بمستقبل الجربي»، وهو ما جعل الكثير من أهل جربة يبلغون أهم مدن الولايات المتحدة مثل نيويورك اعتمادا على قيمهم الاقتصادية.[/COLOR]

    [COLOR=black][I][B]عمق استراتيجي[/B][/I]
    وتحدث السيد الحسين الطبجي، تحدث عما سماه «الجبهة الداخلية» في حياة التاجر الجربي الذي كان مضطرا للهجرة نحو المدن والقرى بحثا عن التجارة مخلفا زوجة وأطفالا. والجبهة الداخلية أو العمق الاستراتيجي هي الأسرة التي تمكنت من التماسك اعتمادا على عمقها الأخلاقي وقيمها الاجتماعية التي كان لها دور كبير في نجاح المنظومة الاقتصادية الجربية، كما أن أهل جربة انتبهوا مبكرا إلى عدم كفاية الفلاحة الموسمية لضمان أسباب العيش في الجزيرة فكان أن قسموا العام إلى فترات، أهمها الهجرة للعمل في التجارة مدة بضعة أشهر ثم العودة لممارسة الفلاحة أو الصيد البحري في الجزيرة والعناية بالأهل ليتولى آخرون التعويض في التجارة.
    أما أغرب ما اكتشفه ضيوف الندوة، فهو حضور السيد سعيد بوعروة من غرداية بالجنوب الجزائري في ما يعرف ببلاد المزاب، حيث كشف لنا أنهم في بلاده احتفلوا في العام الماضي بمرور خمسة قرون على وفاة الرجل الصالح الذي يعرف عندهم في المزاب باسم «عم سعيد الجربي»، أصيل منطقة أجيم والذي ساهم في تكوين الهوية الثقافية والدينية لأهل المزاب. كما يحتفلون بعالم يدعى علي بن يحيى الخيري الجربي كان قد رحل من جربة إلى المزاب لمقاومة انتشار البدع والضالات. وكشف «الضيف المزابي» عن تطابق كبير في اللباس والقيم وخصوصا في مبادئ التجارة بين أهل جربة وأهل المزاب الذين أرسلوا المئات من أبنائهم لدراسة العلوم الدينية في جربة، وتلك قصة أخرى.[/COLOR]
    [/COLOR][/SIZE][SIZE=4][/SIZE]
    [SIZE=4][/SIZE]
    [SIZE=4][/SIZE]

  4. #4
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    machallah Jraba forever

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