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Discussion: Farhat Hached: à quand la justice ?

          
  1. #1
    mmm
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    Farhat Hached: à quand la justice ?

    Farhat Hached: à quand la justice ?

    Qui a réellement commis le plus grand crime contre l'un des leaders de la lutte contre l'occupant en Tunisie, qui a réellement ordonner, faciliter voir même pris connaissance sans rien faire de l'acte le plus cruel envers une grande figure de la cause ouvrière dans tout le Maghreb et non pas uniquement en Tunisie ?
    Le crime a été commis le [B][COLOR=Red]5 Décembre 1952 [/COLOR][/B]
    aujourd'hui donc, ça fait presque 57 ans..
    n'est -il pas le temps de fouiller dans les dossiers classés, n'est-il pas le temps pour que ses descendants connaissent le vrai criminel.
    N'est-il pas encore le temps pour les travailleurs de tout le Maghreb de voir le crime puni ?
    - est ce que de point de vue juridique est ce qu'on peut encore éspérer une punition après plus de 50 ans ?

    plusieurs questions se posent..

  2. #2
    mmm
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  3. #3
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    Empire Seldjoukide
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    Trés bon sujet.
    On peut aussi se demander si nous sommes aujourd'hui dignes de son sacrifice?

  4. #4
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    May 2009
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    c 'etai un grand homme dommage mais d 'apres ce que je sais c 'est la main rouge

  5. #5
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    L'assassinat Par Farah Hached
    ESSAI DE TRADUCTION EN FRANCAIS DES DOCUMENTS AMERICAINS

    Les télégrammes du Consulat Général n°188 et 190 du 5 décembre ; n° 192 et 194 du 6 décembre ; n°196 et 197 du 7 décembre ; et 198 du 8 décembre ont apporté un commentaire sur le vif du crime et de ses répercussions immédiate sur la scène locale. Cette dépêche entreprendra de résumer toutes les informations disponibles du moment où les nouvelles ont été entendues la première fois jusqu’à notre échéance de la semaine concernant l’envoi de la valise diplomatique, à savoir 96 heures plus tard.

    LE CRIME
    Les premières rumeurs selon lesquelles Farhat HACHED avait été victime d’une attaque ont atteint le bureau avant midi, le vendredi 5 décembre. Ces rumeurs furent confirmées par la Radio de Tunis, durant son émission de 13H30, qui annonça le fait brutal de l’assassinat, la mise en place du couvre-feu dans la Régence et l’imminente arrestation d’agitateurs communistes et destouriens. Cependant que l’après-midi avançait, des versions diverses du meurtre commencèrent à circuler. Le service téléphonique fut coupé. Des contingents spéciaux de gardes mobiles et gardes républicains apparurent dans les rues et aux points stratégiques. Malgré l’étouffante atmosphère de tension, la population resta calme. Les boutiques continuèrent leur négoce, comme d’ordinaire, et aucun trouble ne fut rapporté que ce soit à Tunis ou des districts extérieurs.

    Les comptes-rendus des journaux du matin suivant (6 décembre) firent une reconstitution prudente, n’abordant que les points les plus vagues. Comme il a été rapporté dans le télégramme 192, le traitement fait par la presse du contexte et les commentaires tendaient à présenter les nouvelles de façon favorable à la France, insistant sur les liens communistes de la victime, alléguées une fois par le passé, sur le fait que les assassins « manifestement intentèrent le crime pour recevoir le plus de publicité », etc. Mais à ce stade, la Résidence n’apparaissait pas détenir tous les faits. Cependant, l’histoire suivant, émergea progressivement :

    Tôt le vendredi matin, Hached avait quitté sa maison à Radès, une banlieue résidentielle à environ six miles au sud est de Tunis, dans sa Simca 8, non accompagné, en route pour son bureau en ville. A un certain point, sur la route, une Citroën noire le dépassa, et comme les voitures étaient presque parallèles, une mitraillette tira sur lui. Il fut apparemment blessé au poignet (bien qu’il ait encore quelques différences d’opinion sur ce point), et gara sa voiture sur un terrain agricole. Il put sortir et s’abriter derrière sa voiture des tirs provenant de la Citroën qui s’éloignait. Tenant sa main blessée (et, selon d’autres récits, son abdomen) Hached regagna la route et appela à l’aide la voiture d’après. Rien de plus n’est définitivement connu jusqu’à la découverte du corps criblés de balles sur la tête et la poitrine, quelques deux heures plus tard dans un fossé près du village de Nassen sur la route Tunis-Zaghouan. Cette localité a été d’abord décrite comme étant à 100 kilomètres de la scène de tir, mais elle est en fait à un tiers de cette distance. Il a été rapporté que la Simca de Hached fut découverte là où il l’a abandonné, criblées de 36 impacts de balles.

    Le premier compte-rendu qui nous arriva par l’entremise d’un émissaire du siège de l’UGTT, agité et, comme cela peut être compréhensible, dans un état de grand trouble, rapporta que la première attaque avait été vue par 3 Tunisiens : deux bergers et un laboureur. Ils ne sont pas encore apparus. Dimanche, « La Presse » annonça (et la Résidence confirma) qu’un témoin relativement « sérieux », un employé français de la société du Tramway, était entrain d’approcher de Radès, venant de Tunis, dans un petit camion, autour de 8h du matin. Notant que quelque chose n’allait pas entre la Simca et la Citroën, mais apparemment échouant à comprendre la véritable nature des évènements, il s’arrêta et offrit à Hached de monter. Hached était sur le point d’accepter et demanda au témoin de faire demi-tour et de le conduire à l’hôpital Sadiki, quand la troisième voiture s’arrêta. Il est rapporté par le témoin que Hached avait dit, « Ce sont mes amis (ou « des connaissances » - les récits diffèrent), ils m’y emmèneront plus rapidement ». Là-dessus, la troisième voiture disparut. Dans l’excitation du moment, le chauffeur du camion négligea de noter le numéro d’immatriculation.

    DECOUVERTE DU CORPS
    Tant d’histoires contradictoires ont circulé concernant la découverte du corps qu’il est impossible à présent de reconstituer la scène avec un certain degré de certitude. Selon l’UGTT, qui nous a envoyé de fréquents messages, l’armée et les autorités de police françaises prirent rapidement possession du corps et l’ont fait disparaître avant que les procédures judiciaires et les investigations puissent être menées. Aucun témoin tunisien ne fut autorisé près de la scène et de très apparent efforts furent entrepris pour empêcher les curieux de voir le corps. Cette organisation, que dirigeait Hached, est bien entendu convaincue que le crime fut délibérément comploté par les autorités françaises et mis en œuvre par la police française – et tous les récits émanant de cette source appuient cette thèse.

    Les officiels français de la Résidence, y compris le Résident Général lui-même, et la presse de langue française sous contrôle soutient que le traitement du corps et l’enquête furent menés normalement par les autorités civils. Deux faits sont à noter cependant : les Français ont été remarquablement réticents, même lors de conversations confidentielles, et donnent une impression définitive d’un refus de discussion sur cette phase de l’affaire ; et deuxièmement, malgré une censure lourde, An-nahda du Dimanche 7 décembre a été autorisée à informer ses lecteurs tunisien que : « … le Juge d’instruction de la Driba (tribunal musulman) fut saisi de l’enquête, mais quand il arriva sur la scène, il nota que les Autorités avaient déplacé le corps et l’avaient transporté à l’hôpital militaire ».


  6. #6
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    La suite du document :
    PREMIERES REACTIONS A TUNIS
    Le rédacteur de ce compte-rendu avait par hasard une affaire à régler, l’après-midi du crime, avec un membre éminent du Barreau français, un homme au jugement fin et qui est établi ici depuis 1913.

    L’avocat français était gravement choqué. « Ceci est la pire chose qui pouvait arriver », dit-il. « Ceci n’est pas un petit crime local. Il s’agit d’un grand crime calculé pour empoisonner les relations franco-américaines, et il n’a pu être fomenté que par le pire ennemi de la France et des Etats-Unis ». Quand il lui fut signalé que certains cercles de la population française installée ici ont de plus en plus réclamé le sang des « agitateurs nationalistes » et menacé de faire justice eux-mêmes, surtout depuis les récents tirs à Gabès et Gafsa, il considéra cette hypothèse comme improbable.

    La réaction ci-dessus est probablement typique des cercles privés et officiels les plus intelligents et perspicaces. Ces personnes réalisèrent tout de suite que tous les éléments du crime, - le moment, l’homme et les circonstances politiques, - conspiraient pour présenter la France sous son plus mauvais jour. Pendant que les implications internationales de portée considérable avaient pu être partiellement comprises par l’armée et les autres éléments plus particulièrement concernés par la scène locale, la communauté française condamna le crime rapidement, unanimement et de façon véhémente. Même la frange extrémiste, « Tunisie-France », au lieu d’exulter à la disparition d’un dangereux rival, affirmèrent qu’il aurait mieux valu prévenir que guérir, et maintenant, il y avait une preuve largement suffisante de la nécessité d’ « arrêter, juger, punir » et ainsi supprimer le terrorisme de la Tunisie.

    Pour les Tunisiens, le meurtre de Farhat Hached fut le moment d’un deuil national. Durant l’année passé, il avait progressivement émergé comme le personnage politique le plus important et le plus connu dans la Regence, un homme aux origines humbles qui se hissa à une position prééminente à la fois au Néo-Destour et à la court Beylicale. Il était entrain de remplacer progressivement BOURGUIBA dans l’esprit du public, comme le symbole de l’indépendance tunisienne ; et qu’ils puissent être indifférents, en admiration ou jaloux, les Tunisiens, unanimement répondirent aux circonstances dramatiques de sa mort et de ses conséquences. Malgré certains récits tapageurs dans la presse étrangère, il n’y eut aucune tendance apparente à l’émeute ou au désordre. Plutôt, le meurtre fut reçu par un silence passif, stupéfait, incarné par la proclamation de l’UGTT (avec laquelle les communiste de l’USTT s’associèrent rapidement) de deux jours de « deuil et de grève ». (Nor was there any noticeable step-up in what we have come to term the "attentat rate").

    RETOUR DU RESIDENT GENERAL ET MANOEUVRES FRANCAISES ULTERIEURES
    Il a été rapporté que les nouvelles de l’assassinat sont parvenues à l’Ambassadeur de Hautecloque à une réunion du gouvernement à Paris, destination vers laquelle il s’est envolé la veille, ayant particulièrement à l’esprit l’état insatisfaisant de la sécurité publique en Tunisie. Il retourna en hâte à Tunis par avion spécial, arrivant autour de 19H00, le vendredi, pour découvrir que le Commandant Général GARBAY, usant de son autorité en matière d’état de siège, avait proclamé un couvre-feu, coupé les équipements du téléphone et du télégraphe, et imposer de nouveau et de facto la censure aux messages de presse expansifs. Il faut croire que la première impulsion de de HautecloqueE a été de donner un contrordre au couvre-feu car non nécessaire et non productif, - plutôt cause d’une inquiétude égénrale et d’une dislocation économique que dissuasif pour les crimes. Cependant, il préféra le maintenir durant trois ou quatre jours ou jusqu’à ce que le calme soit clairement établi. (Au moment de la présente rédaction, les journaux de mardi après-midi, qui viennent de sortir, annonce la levée du couvre-feu). Le Résident Général diminua cependant les restrictions officielles concernant le téléphone et la presse ; mais les lignes téléphoniques privées restèrent inutilisables jusqu’à l’après-midi du 9 décembre, comme une mesure pour prévenir l’organisation de réunions politiques et de manifestations.

    De Hautecloque avait également l’intention de voir le Bey au plus tôt, et en fait requit immédiatement une audience par l’intermédiaire habituel du Premier Ministre BACCOUCHE. Le monarque, ceci doit être mentionné à ce stade, avait été manifestement affligé, à la fois physiquement et mentalement, durant au moins la dernière semaine. Dans la nuit du Mercredi (décembre 3), on sait qu’un entretien orageux avait eu lieu en sa présence, entre son fils aîné, le Prince CHEDLY, et HACHED, (qui jouait à l’apprenti sorcier), le Bey aurait eu de plus en plus peur. En conséquence, Sidi Mohamed LAMINE PACHA, Possesseur du Royaume, alla au lit avec une douleur qui fut plus tard diagnostiquée comme une indigestion nerveuse, et il est injoignable depuis.

    Bien sûr, des rumeurs, rapides et denses, coururent, selon lesquelles (a) le bey était seulement diplomatiquement malade comme prétexte pour refuser de voir le Résident Général, (b) il était mortellement malade, (c) Chedly était responsable du meurtre de Hached et (d) qu’il avait été arrêté après identification de la fameuse Citroën comme étant la sienne. Cependant qu’aucune de ces rumeurs n’a été confirmée, il est néanmoins vrai qu’un des éléments-clés du puzzle tunisien, le palais Beylical, a été pratiquement dans un état de (désuétude) au travers de la crise.

    L’ENTERREMENT DE FARHAT HACHED
    Ce qui se passa exactement entre le moment où le corps fut découvert sur la route de Zaghouan autour de 10H00, le 5 décembre, jusqu’à ce que le cercueil fût enterré dans le jardin de la famille du défunt, dans le petit village d’El Abbassia, sur la plus grande île des Kerkennah, au premières heures du dimanche 7 décembre, a été délibérément couvert de mystère par les autorités françaises. Ce fût avec le but avoué d’ « éviter, dans les circonstances présentes, toutes manifestations susceptible d’engendrer des troubles ». Dans la période qui suit immédiatement le crime, les officiels français de la sécurité étaient parfaitement animés par la possibilité d’émeutes et de désordres généralisés. Ils étaient donc naturellement angoissés et voulaient éviter des funérailles publiques qui auraient attirées des manifestations nationalistes. Rétrospectivement, il apparaît maintenant que ces précautions étaient peut-être exagérées. En tous cas, ils nourrirent le feu couvant de la suspicion et du ressentiment tunisiens et encouragèrent l’impression que la hâte et le secret avec lesquels on s’était débarrassé du corps montrait qu’un sal travail avait été dissimulé.

    Comme rapporté dans le télégramme 191 de Tunis, du 6 décembre, le corps fut transporté secrètement à Kerkennah sur un bateau français et le service funéraire se passa, selon les rapports, dans une atmosphère complètement calme, en présence de la veuve du défunt et du contrôleur civil assistant de Sfax, représentant le résident Général. Ce dernier émis des condoléances formelles mais admiratives, louant le patriotisme de la victime et condamnant le meurtre. Ceci ne fut cependant pas relayé par les journaux français ou arabes.

    Il est à noter, comme un symptôme de la tension locale que le meurtre inspira, que les collègues syndicalistes de Hached, de l’UGTT, n’étaient pas présents à ses funérailles. Une délégation avait appelé la Résidence le jour du crime et demandé l’autorisation de prendre en charge les funérailles. Ce fut refusé, sous prétexte que le corps était déjà en route vers Kerkennah, mais la résidence offrit de transporter 20 membres du groupe vers les îles, pour être présents aux funérailles. Les syndicalistes refusèrent, à leur tour, cette offre.

  7. #7
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    Encore la suite :

    QUI TUA COCK ROBIN ?
    Plusieurs théories commencèrent immédiatement à circuler, et furent mises en valeurs par les journaux français et arabes (tous deux censurés) le matin suivant. Elles peuvent être résumées comme suit :

    1. La mort de Farhat Hached fut fomentée et mise en œuvre par des officiels français

    Ce fut bien sûr la réaction instantanée des nationalistes tunisiens. Farhat était connu comme l’ennemi de la France et suspecté d’être un agent provocateur que les Français hésitait à arrêter. Depuis la disparition d’Habib Bourguiba de la scène politique, il symbolisait les aspirations de la Tunisie plus que n’importe quelle autre personne. Qu’est-ce qui pouvait être plus logique que de l’éliminer au moment où la France était angoissée à l’idée d’impressionner le monde avec sa capacité à maintenir l’ordre dans son empire colonial déliquescent ?

    L’UGTT nous a clandestinement promis une documentation complète pour appuyer cette théorie. Actuellement, elle prétend avoir les « minutes » d’une certaine réunion de la « communauté française », tenue 3 jours auparavant, durant laquelle il fut décidé qu’il « Nous faut la tête de Farhat Hached ». Pour illustrer la qualité du renseignement provenant de l’UGTT, nous citons un rapport ultérieur qui fut glissé sous notre porte :

    « Un inspecteur de police tunisien, dont le nom vous sera communiqué bientôt, annonça vendredi 5 décembre à 8H30 que Hached avait été assassiné la veille (4 décembre) à 18H30. Son supérieur, un commissaire de police, dont le nom vous sera communiqué de suite, lui avait annoncé la nouvelle à 8H00 du matin. Ceci est une preuve suffisante, pour un homme de bonne volonté, que la police fit le travail. Voici plus de précisions : un magistrat tunisien, Brahim ABDELBAKI, fut invité par le parquet à aller sur la scène du crime. Il y allât, Malheureusement, il ne trouva rien, et tous les policiers qu’il questionnât lui dirent qu’ils ne pouvaient lui donner aucune information. Les preuves que la police a commis le crime s’accumulent tous les jours, et vous seront communiquées le plus tôt possible. »

    Un autre récit, qui fait également sensation, est entrain d’être propagé par les nationalistes. Selon un medecin français, un officiel se montra à l’hôpital Sadiki à 8H00 vendredi et demanda à voir Hached. Dans leur état actuel d’émotion, cependant, l’argument que les nationalistes trouvent le plus convainquant fonctionne : « les Français doivent l’avoir fait ; il est trop populaire en Tunisie pour que l’ait fait un de ses compatriotes ».

    De leur côté, les Français refusent officiellement cette hypothèse avec la question, « Qui profite du meurtre de Hached à ce moment là ? Certainement pas la France ».

    2. Farhat Hached fut tué par un Français inconnu agissant indépendamment

    Depuis quelques semaines, le journal des colons extrémistes « Tunisie-France », publié par Marcel CASABIANCA, Président du « Rassemblement », contient de fougueux éditoriaux attaquant le gouvernement français pour sa pusillanimité dans la gestion du terrorisme en Tunisie. Ces derniers temps, il a pris le parti de pousser ses lecteurs à organiser leur propre défense à la manière des groupes d’auto-défense de l’ancien Ouest américain. Ce cri a été prétendument repris par une mystérieuse « Main Rouge » dont les activités, autant qu’on puisse savoir, étaient limitées jusqu’à présent à la distribution de tracts. Cependant, parmi les 180.000 habitants français de la Régence, ces arguments marchent, il doit y avoir suffisamment de têtes brûlées qui ont pu prendre ces injonctions à la lettre. Même la première réaction du résident Général était qu’il s’agissait d’un « Français fou » (Tunis telegram 196, 7 décembre, paragraphe 1) ; et l’observateur impartial peut se permettre de sourire à la sournoiserie avec laquelle un journal français refusa cette hypothèse comme étant « incompatible avec la morale française ».
    3. Farhat Hached fut assassiné par un rival ou des rivaux tunisiens

    La vengeance est une motivation à laquelle on doit donner l’attention la plus prudente dans les circonstances actuelles. Durant ces 38 ans de vie, Hached est sorti de l’obscurité vers une position prééminente dans son pays. De docker anonyme et chauffeur de car à la position de principal conseiller du souverain, une telle ascension ne peut pas être accomplie sans engendrer des amertumes personnelles et inimités, particulièrement à la dure école du syndicalisme ouvrier. Depuis l’arrestation de Habib Bourgiba, le haut commandement du Néo-Destour a été de plus en plus insatisfait de voir Hached négliger progressivement ses responsabilités syndicales (il était Secrétaire Général de cette organisation) au profit d’un engagement en politique. En même temps, le « Conseil des Quarante » du Bey, duquel il était un membre de premier plan, était composés de niveaux économiques et sociaux trop divers pour continuer à fonctionner harmonieusement assez longtemps. Enfin, l’ambitieux, grossier, peu scrupuleux et pas très intelligent Prince Chedly avait, pendant un temps, regardé l’influence grandissante de Hached sur le Bey d’un mauvais œil.

    Les ingrédients d’une vengeance à l’oriental sont tous présents pour appuyer cette théorie.

    4. La mort de Farhat fut planifiée par des camarades nationalistes sans motivation personnelle mais seulement pour dramatiser l’affaire tunisienne aux Nations Unies

    Il est avancé, à l’appui de cette thèse, que l’affaire tunisienne telle que présentée et soutenue par le bloc Arabo-Asiatique à l’Assemblée Générale, était entrain de s’enliser par manque de soutien. Des nationalistes locaux, ayant abandonné tout espoir dans les négociations constructives avec la France pour une autonomie dans un futur proche, avaient mis leurs derniers espoirs dans une solution imposée par l’ONU. Réalisant que l’affaire qu’ils avaient portée aussi loin à l’étranger était en danger, ils décidèrent d’appliquer un traitement de choc, et Hached fut sélectionné comme sacrifice humain. Cette théorie correspond à la vision généralement irréaliste des problèmes mondiaux par les Tunisiens en général. En outre, elle peut être combinée avec certaines parties de la théorie n°3 pour plus de poids.

    5. Farhat Hached fut la victime d’un complot communiste

    Cette hypothèse se divise en deux branches, (a) locale et (b) internationale. Il est difficile de trouver beaucoup d’appui pour la première théorie (même si elle n’est pas complètement exclue), depuis que le Parti Communiste tunisien s’est réduit à une présence fantomatique ces derniers mois, manquant à la fois de fonds et d’organisation. Cependant, ses syndicats affiliés, l’USTT fonctionne encore, et le fait que cette dernière a perdu beaucoup de terrain au profit de l’UGTT de Hached, apporte une motivation possible pour ce crime.
    La théorie du complot communiste international semble avoir beaucoup d’adeptes sérieux, autant qu’il est actuellement possible de le déterminer. La Résidence et les officiels du gouvernement tunisien prétendent savoir qu’à une certaine période de sa carrière, Hached, même s’il n’était pas en fait membre du parti, était au moins un proche sympathisant. Dans ce cadre, on dit qu’il était d’abord motivé par une ambition personnelle plutôt que par conviction. Après la guerre, sentant qu’il pouvait faire mieux avec une approche différente, il (1) se détacha et affaiblit considérablement l’USTT en organisant l’UGTT, (2) retira plus tard sa centrale syndicale de la FSM (Fédération Syndicale Mondiale, d’obédience communiste) et l’affilia à la CISL (Confédération Internationale des Syndicats Libres), et (3) progressivement améliora ses relations avec les Etats-Unis par des voyages en Amérique et de proches contacts avec les syndicats ouvriers américains. Ceci semble constituer une trahison suffisante pour justifier un assassinat communiste de routine.

    Sur le grand échiquier, par ailleurs, l’élimination dramatique de Hached dans les circonstances mondiales actuelles est presque trop parfaite pour ne pas avoir été commanditée à Moscou, - cette dernière théorie marche donc.

    Pour le moment, le Consulat Général préfère attendre pour plus de preuves avant de prendre parti pour une de ces hypothèses.

    DERNIERS DEVELOPPEMENTS
    Comme il a été rapporté dans le télégramme, la situation en Tunisie est actuellement calme. Durant les quatre derniers jours, il n’y a eu qu’un seul frottement entre des manifestants et la police. La journée de deuil fut un échec s’agissant des travailleurs agricoles manuels, le port et les entreprises publiques fonctionnaient comme à leur habitude. La plupart des boutiques arabes étaient closes le dimanche mais quelques unes restèrent ouvertes. Le Néo-Destour a néanmoins cherché à donner l’impression de désordres généralisés.

    Dix bannissements de plus vers le Sud portent le total des détenus à 103, selon un communiqué officiel. Il semblerait que le mouvement politique tunisien soit effectivement paralysé, du moins pour le moment.

    Le recours à la justice française s’est en même temps accrue, avec l’exécution lundi de trois Tunisiens accusés du meurtre d’un policier français à Porto Farina, en janvier dernier. Le Résident Général de Hautecloque a un mandat clair de Paris pour restaurer l’ordre.

    Entre-temps, la censure de la Résidence a levé un coin de voile du secret entourant les funérailles de Hached. Les journaux du 9 décembre publient une histoire humainement intéressante sur les difficultés rencontrées durant le voyage en mer profonde vers Kerkennah et plus de détails sur l’enterrement auquel, cela apparaît maintenant, assistèrent 500 personnes. De plus, certains endeuillés furent autorisés à voir le corps. (Les Français semblent quelque peu sensibles à ce sujet).

    L’enquête judiciaire, cependant, continue à se dérouler sous ce que les journaux nomment un « balckout complet ». il paraît que de nombreux témoins se sont rétractés, y compris le chauffeur d’une des « voitures mortels ». Cependant, des doutes considérables existent concernant ce dernier point. Il apparaît que l’actuelle politique de la Résidence, maintenant que l’ordre est rétabli, est de progressivement donner à la presse plus de liberté dans le but de contredire les premières impressions malheureuses selon lesquelles quelque chose de mystérieux et malfaisant ressortait de la gestion française de l’affaire.

    G. Lewis Jones
    Consul Général Américain

    Copies envoyées à :
    Ambassade américaine, Paris
    Consulat Général américain, Alger
    Consulat américain, Rabat

  8. #8
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    Avec mes parents, j'ai visité la maison de Farhat Hached et sa tombe à kerkenah. j'étais tellement émue que j'ai eu des frissons.
    Ce grand Homme nous a laissé un héritage très lourd de responsabilité... je ne peux pas dire plus....

  9. #9
    mmm
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    un petit cadeau pour vous

    [SIZE=2][FONT=Verdana][B]Article de Farhat HACHED dans le journal "INTERNATIONAL FREE TRADE UNION" [/B]
    Le leader syndicaliste Farhat HACHED publie un article dans le journal "INTERNATIONAL FREE TRADE UNION" exposant les aspirations légitimes du peuple tunisien à la liberté et à l’indépendance (juin 1952).
    [URL="http://www.archives.nat.tn/pdf_doc/148281.PDF"]
    [/URL][/FONT][/SIZE][URL]http://www.archives.nat.tn/pdf_doc/148281.PDF[/URL]

  10. #10
    mmm
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    une plainte pour "[B]apologie de crimes de guerre[/B]" a été d[B]éposée mardi à Paris[/B] après les propos d'un ancien membre du groupuscule "la Main rouge" jugeant "légitime" l'assassinat en 1952 du dirigeant syndical tunisien Farhat Hached, ont annoncé des associations de défense des droits de l'homme.

    La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), la Ligue française des droits de l'homme (LDH) et la famille Hached ont déposé une plainte avec constitution de partie civile à la suite des propos tenus par [B]Antoine Méléro sur la chaîne de télévision Al Jazeera le 18 décembre 2009.[/B]

    Antoine Méléro, interrogé sur l'assassinat de M. Hached sur Al Jazeera le 18 décembre, avait tenu ces propos:[I][U][COLOR="DarkRed"] "moi je la trouve légitime, moi si c'était à refaire, je referais"[/COLOR][/U][/I], selon le texte de la plainte. Il ne précise pas s'il a participé ou non à cet assassinat.

    M. Méléro décrit la Main rouge comme "le bras armé du Sdece (l'ancien service de renseignement extérieur français) ou d'une fraction de cette centrale", officine à laquelle il dit avoir appartenu, dans un livre paru en 1997 (La Main rouge. L'Armée secrète de la République, éd. du Rocher, 1997).

    "Les propos de M. Méléro traduisent des relents de colonialisme et des regrets de cette époque qu'il faut dénoncer. Ils expriment aussi une banalisation du crime de guerre avec en toile de fond une certaine résurgence du racisme en France", a dit à l'AFP Me Patrick Baudouin, avocat de la FIDH.
    (...)
    [I][COLOR="Navy"][SIZE="2"]source: lemonde.fr[/SIZE][/COLOR][/I]
    [B][COLOR="Navy"][SIZE="3"]
    - Que pense vous de ça ? est-ce que ça va mener à quelques chose ?
    - Quelle sera la réponse "officielle" de la France d'après vous ?
    - et est-ce que ça va ouvrir la porte à d'autre plainte contre les crimes commis sous l'occupation française de la Tunisie ?[/SIZE][/COLOR][/B]

  11. #11
    Fidèle
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    Merci pour cette excellente discussion mmm

    Farhat hached à l’instar de Bourguiba, Tahar Haddad où encore Abou el kacem chebbi est un vrais héros éternel tunisien.

    Ils ont tous à leurs façon menés une œuvre révolutionnaire dans le pays qui à profondément marqué la société civile, impactés les mentalités et tracé la voie à suivre.

    Ce fondateur de l’UGTT ne doit pas être particulièrement fier aujourd’hui des syndicalistes tunisiens et encore moins de leurs déclarations,de leurs abandons de la politique revendicative.....étrange pour des syndicalistes ..

    Je pense que chaque tunisien se retrouve dans la vison national de Hahed, en mourant, c’est un peu de la Tunisie, de nous qui meurt….

    Feu Farhat hached étais un leader, une figure emblématique national, il représentait sans le moindre doute une menace très sérieuse pour les forces impérialistes et colonialistes de l'époque en général et spécialement pour les détenteurs du pouvoir Français …

    Bien que compliqué en apparence cette affaire me semble plutôt simple, des barbouzes français à la demande du gouvernement français ont commis un assassinat.

    Alors oui, il ne faut jamais oublier Farhat et toujours lui rendre hommage.

    Pour ce qui est du dépôt de plainte, les chances de faire condamner l’insecte sont réelles car la définition de l’apologie au crime de guerre est assez vaste, pas très bien définis en réalité elle laisse pas mal d’espace de réflexion subjective au magistrat, mais il existe une jurisprudence clair en la matière.

    L'article 24, alinéa 3, de la loi du 29 juillet 1881 s'applique à l'apologie de la torture ou des exécutions sommaires pratiquées à l'occasion d'un conflit armé, telle la guerre d'Algérie.

    Personnellement je serais allé plus loin que la famille Hached en déposant une plainte contre X, en impliquant l’Etat français même si je ne me faire guerre d’illusions quant à la décision finale car les tribunaux français favorise une vision politiquement correcte au lieu de permettre l'introspection sur cette période de notre histoire.

    Mais ce sont les magistrats qui, par leur interprétation abusive de la loi, fonts preuves d'hypocrisie.

    Si après avoir épuisé tous les recours, je n’obtiens pas gain de cause, je saisirais la CEDH mais la cour examine si la décision de rendue par les juridictions internes est conforme à la convention. Si ce n'est pas le cas, elle condamne le pays ayant rendu cette décision. Toutefois ladite décision n'est pas atteinte dans sa validité, elle demeure applicable dans les conditions définies par le droit interne.

    Pour conclure Allah yarhmou

  12. #12
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    [B]Ce fut une grande perte pour les nationalistes tunisiens. Hached commençait à inquiéter les autorités coloniales par sa popularité grandissante, son influence sur la grande partie des tunisiens et son activité et ses discours flamboyants qui font peur aux colons. Tout le monde sait que c'est la main rouge qui a commis ce forfait, et on sait aussi que la main rouge c'est les services de renseignement extérieurs français qui avait son appellation de l' époque " le SDECE ". C'est le bras secret de l'autorité supréme française. Je ne pense pas qu'on arrivera à élucider ce crime d'une façon satisfaisante car ce genre d'acte " d'Etat" est difficilement élucidable comme d'ailleurs le cas de Ben Barka, le leader marocain assassiné en France par les autorités française ( on parle de complicité marocaine).[/B]
    [B]C'est toujours positif d'évoquer l'assassinat de Farhat Hached même si le résultat de cette action ne nous satisfaira pas comme on le souhaite.[/B]

  13. #13
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    Je saisi ton commentaire Ramiraf 2000 pour rebondir sur l’affaire Mehdi ben barka, qui il est vrai constitue un véritable parallèle très semblable à celle du regretté Farhat Hached .

    Dans l’affaire Ben Barka il faut néanmoins souligné qu’Interpol à lancés 4 mandats d’arrêts internationaux contre des sujets de sa majesté Hassan II .

    En outre, je trouve lamentable la position du parquet français qui s’oppose à cette procédure …

    Il est clair que l'affaire ben barka embarrasse le gouvernement français car y a eu complicité des ses services secrets, ils ont joués un rôle avec le pouvoir marocain de époque dans enlèvement et la mort de l'opposant du régime.

    Le pouvoir actuel à peur des révélations des personnes mises en cause au Maroc qui pourraient impliquer l’Etat français pour avoir fournis aide aux tortionnaires de ben barka et de l avoir supprimé en territoire français…..

    Au Maroc, on parle beaucoup depuis un bout de temps de justice, de vérité et franchement je me demande comment une famille peut–elle faire son deuil si on ne lui fournis pas le corps du défunt???

    Suite à cette affaire De gaule n’a plus jamais rencontré Hassan II.

    Toutes ces affaires me répugnent au plus au point, il est incontestable que dans les deux cas, les services secrets français sont impliqués dans la mort d’opposants politiques et au nom de la raison d’état et des relations économico-politique, la France par le biais du parquet bloque le bon fonctionnement de la justice.

    Dans un même registre, la justice française vient de bloqué une affaire qui impliques certaines personnalités proches du pouvoir tunisiens, l’affaire étant sensible, je n’en dirai pas plus ….

  14. #14
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