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Discussion: Un oubli de l'histoire, refugiés espagnols républicains en Tunisie en 1939

          
  1. #1
    Actif
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    Un oubli de l'histoire, refugiés espagnols républicains en Tunisie en 1939

    Voici un article que j'ai trouvé, quelqu'un aurait-il d'autres informations?

    "Après la défaite des républicains en mars 1939, des milliers d'espagnols ont quitté leur pays. Plus de 4.000 sont arrivés en Tunisie avec la flotte républicaine. Celle-ci a regagné l'Espagne le 2 avril avec 2.357 hommes à bord. 1.736 personnes sont restées. Ces espagnols étaient issus des couches populaires. Les autorités de la Régence les ont mis en détention dans une ancienne mine. Une partie des réfugiés a pu quitter la Tunisie et se rendre dans différents pays. Les autres ont été employés à bas prix par les autorités militaires et les entreprises privées. L'arrivée des réfugiés a suscité l'hostilité de la droite française, la solidarité de la gauche et du syndicalisme et l'indifférence des tunisiens. La guerre puis Vichy ont durci les conditions de vie des réfugiés. Partis d'Espagne en quête de liberté, ils n'ont trouvé en Tunisie que suspicion et régime de détention."

    source: [url]http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=2452253[/url]

  2. #2
    Fidèle
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    J'ai connu un gitan en France, il a 48 ans né en Tunisie son père espagnole marié à une espagnole et ils ont débarqué en Tunisie dans cette période (39/49) mais il m a pas dit les raisons de ce départ vers la Tunisie, bref son père travaillait dans une usine de coté de grambalia et il a passé une grande partie de sa vie dans cette ville jusqu'aux années 70 où ils ont immigré une deuxième fois vers la France et depuis ils vivent en france mais le mec me racontait que son père gardait des beaux souvenirs de la Tunisie et qu'il avait halte d y retourner!

    Edit: c'est juste pour rajouter que cette personne m'a dit aussi qu'ils ont gardé certains habitudes culinaires tunisiennes ainsi que certains mots (le piquant, l'harissa, le couscouss...) mais ils sont comme la grande majorité des gitans parlent espagnol et français et des fervants croyants à la santa maria
    Dernière modification par assafett ; 07-02-2009 à 17h16. Motif: edit une info supplémantaire

  3. #3
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    Citation Envoyé par assafett Voir le message
    J'ai connu un gitan en France, il a 48 ans né en Tunisie son père espagnole marié à une espagnole et ils ont débarqué en Tunisie dans cette période (39/49) mais il m a pas dit les raisons de ce départ vers la Tunisie, bref son père travaillait dans une usine de coté de grambalia et il a passé une grande partie de sa vie dans cette ville jusqu'aux années 70 où ils ont immigré une deuxième fois vers la France et depuis ils vivent en france mais le mec me racontait que son père gardait des beaux souvenirs de la Tunisie et qu'il avait halte d y retourner!
    Interessant!! Merci, je ne connaissais pas cette partie de l'histoire.

    C'est un peu la meme histoire que les russes qui ont debarque a Bizerte au debut des annees 1900, certains sont restes d'autres sont partis. La doyenne des russes habite toujours a Bizerte.

  4. #4
    Actif
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    Le 6 zéro
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    C'est un peu long mais bon :tong:

    Les derniers jours de la guerre civile en Espagne furent marqués par une grande confusion politico-militaire dans un des plus grands bastions de la République espagnole, Carthagène, siège de la flotte républicaine.
    En mars 1939, cette confusion atteignit son paroxysme avec le bombardement des vaisseaux de guerre au mouillage par des avions italiens[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn0"]1[/URL]. Ces événements obligèrent le commandant de la flotte républicaine à donner l’ordre à toute la flotte d’appareiller et :
    “ne sachant à quel gouvernement se vouer, donna l’ordre, après avoir consulté ses commandants de navire, de faire route vers Bizerte, que sa provision de carburant lui permettait d'atteindre”[I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn1"]2[/URL][/I].

    La flotte abandonna le port de Carthagène le 5 mars 1939 laissant [I]“les côtes républicaines, poumons de l’Espagne démocratique, sous la menace de la marine franquiste”[/I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn2"]3[/URL].
    Elle atteignit les eaux territoriales tunisiennes le 7 mars[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn3"]3[/URL] bis.
    A Tunis, une intense activité régnait au sein des milieux politiques français, causée par l’arrivée de ces réfugiés. Cette atmosphère imprégnée de méfiance s’expliquait par les inconvénients que représentait cet événement. Les plus importants étaient d’ordre politique. Il fallait, en effet, tenir compte de l’état de ces marins après un revers militaire, et qui avaient rompu tout lien hiérarchique.
    Un tel état d’esprit de la part des autorités coloniales françaises, l’épuisement physique et moral des réfugiés étaient autant de faits qui donnaient à toutes les manifestations de soutien et de solidarité envers les Espagnols toute son ampleur et son importance.
    [URL="http://www.marhba.com/forums/#tocfrom2"]I. Accueil des réfugiés et élan de solidarité[/URL]
    Les conditions d’arrivée et de débarquement des réfugiés républicains étaient teintées de rigueur et de rigidité de la part des autorités françaises. Le droit d’asile ne leur était accordé que moyennant certaines conditions qui contribuèrent à accentuer leur épuisement[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn4"]4[/URL].
    Le port de Bizerte n’était qu’une étape dans le parcours des réfugiés. En effet, ils allaient être acheminés, par train, vers une mine désaffectée dans le sud tunisien près de la ville de Meknassi : Mehri-Jebbès.
    Par ailleurs, leur arrivée avait suscité bien des passions politiques. Ceux qui avaient vécu la guerre civile espagnole par[I] “procuration”,[/I] trouvèrent dans cet événement une occasion pour exprimer leur soutien à la cause républicaine, et, par ricochet, contre la vague du fascisme qui menaçait le monde. En effet, cette guerre[I]“a constitué le point de repère de l’activisme militant ou simplement de la sensibilité politique des non Espagnols”[/I] [URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn5"]5[/URL].
    Ce drame était donc l’occasion pour des manifestations de sympathie à la cause républicaine.
    Cette sympathie se matérialisa en un élan de solidarité envers les victimes du fascisme espagnol avec le soutien des fascismes italien et allemand et la bénédiction des régimes démocratiques.
    A leur arrivée, s’étaient constitués : le Comité de Tunisie du Rassemblement Populaire qui regroupait la Fédération des Combattants Républicains, l’Union des Syndicats de Tunisie, la Ligue des Droits de l’Homme et du Citoyen, le Parti Communiste et la Fédération du Parti Socialiste. Ce Comité :
    “exprime au Résident Général son désir de profiter du passage des réfugiés à Tunis (en direction de Mehri-Jebbés) pour les saluer et leur offrir des cigarettes et des fruits.” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn6"]6[/URL][/I]

    Les souvenirs d’un ancien réfugié en Tunisie rappellent :
    “qu’au départ de Ferryville en direction du sud tunisien, la population exprime une grande sympathie envers les Espagnols et ceux-ci témoignent de leur gratitude en lançant aux gens des choses auquelles ils tiennent beaucoup : les rubans des bérets marins portant le nom des bateaux et autres insignes” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn7"]7[/URL][/I][I].[/I]

    La ville de Ferryville par laquelle devait passer les trains vers Meknassi, vit le rassemblement de plus d’une centaine de militants le long des voies ferrées. Ils entamèrent l’[I]Internationale.[/I] On jetait aux réfugiés des paquets de vivres et des cigarettes[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn8"]8[/URL].
    De même à Tinja, une autre ville par où devait passer le convoi, cinq cent à six cents personnes s’étaient rassemblées à 21 heures sur les quais le 14/3/39 avec énormément de paquets destinés aux réfugiés[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn9"]9[/URL].
    Certains paquets lancés aux réfugiés contenaient des messages qui traduisaient cet élan de solidarité et de soutien moral :
    “Camarades Espagnols,prenez courage et gardez votre confiance et votre idéal, le peuple français – tunisien est avec vous…que la terre tunisienne vous soit clémente”[I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn10"]1[/URL][/I][I]0[/I][I]. [/I]

    Un autre paquet contenant une enveloppe timbrée portait l’adresse de l’auteur de ce geste et qui demandait [I]“qu’on veuille bien lui écrire” [/I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn11"]1[/URL]1.
    Après l’installation des réfugiés au camp de Mehri-Jebbès, d’autres organisations et associations s’activèrent pour porter aide et réconfort à ces expatriés. C'était dans ce cadre que se situait l’action du Président du [I]“Secours Populaire de Tunisie”,[/I] F. Psalmon, professeur au lycée Carnot à Tunis, qui demanda au Résident Général que ladite Association[I]“seconde l’effort du Gouvernement Tunisien en faveur des réfugiés de Maknassi”[/I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn12"]1[/URL]2.
    En dehors de la ville de Tunis, on relève la formation à Sousse d’un Comité de Solidarité pour recueillir des fonds destinés aux réfugiés. Ce Comité était sous le patronnage de différentes personnalités françaises : Cabare, Président de la ligue de l’enseignement, Genaud, Président de l’Association des mutilés de guerre et membre de l’Association des combattants Républicains[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn13"]1[/URL]3.
    Au niveau nord africain, à Oran plus précisement, ville où la communauté espagnole était très importante, le Comité International de Coordination et d’Information pour l’Aide à l’Espagne Républicaine était disposé à fournir une aide aux réfugiés en Tunisie ( 400 tonnes de marchandises )[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn14"]1[/URL]4.
    Un journaliste britannique, Marshal Geoffrey, ancien engagé des brigades internationales, était arrivé à Tunis le 18/6/39 pour se rendre au camp de Meknassi et avait proposé le transfert de quelques réfugiés en Angleterre[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn15"]1[/URL]5 D’ailleurs cette intervention venait à la suite de l’action du Comité National Britannique d’Aide à l’Espagne Républicaine en faveur des réfugiés en Tunisie[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn16"]1[/URL]6.
    Ce Comité s’était beaucoup activé pour faciliter le départ des réfugiés espagnols installés en France pour le Mexique avec la contribution du Servicio de Evacuacion de Republicanos espanoles[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn17"]1[/URL]7.
    Nous pouvons constater à la suite de ces quelques aspects de témoignage de soutien, que ce mouvement de solidarité traduisait une compassion envers ces soldats épuisés moralement et physiquement. Mais c’était surtout une solidarité fondée sur des considérations idéologiques, sur des affinités d’ordre politique. C’était une solidarité[I] “militante”. [/I]Elle était le fait de plusieurs groupements politiques et syndicaux de gauche. Elle émanait essentiellement des communautés européennes.
    Est-ce que cela signifiait que la population autochtone se désintéressait du sort des réfugiés Espagnols ?
    On n’oserait ni l’affirmer ou l’infirmer. La réaction était plutôt mitigée. La situation socio-politique locale durant cette période justifierait peut-être une certaine[I]“désolidarité” [/I]des Tunisiens.
    Les effets de la politique française à la suite des événements d’avril 1938 qui menaçaient l’existence même du mouvement national, la précarité de la vie des Tunisiens liée à la conjoncture mondiale relégait au second plan la question des réfugiés.
    A ce propos, certains militants néo-destouriens :
    “font courir le bruit que les réfugiés espagnols vont trouver un emploi, gagner leur vie aisement tandis que les Tunisiens seront lésés une fois de plus”[I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn18"]1[/URL][/I][I]8[/I][I].[/I]

    Cette réaction hostile s’expliquerait aussi par la politique arabo-islamique de Rome, de Berlin et de Madrid qui se trouvaient en contradiction avec la politique coloniale française. Les promesses de Franco au Maroc Espagnol eurent peut-être de l’effet sur le mouvement national tunisien et contribuèrent à developper les aspirations des Tunisiens[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn19"]1[/URL]9. Donc, les réfugiés espagnols, hostiles au régime franquiste et à l’Allemagne hitlerienne, ne pouvaient être bien vus par les Tunisiens qui espéraient se libérer du joug français grâce à l’aide de l’Allemagne, alliée de Franco.
    Il faudrait cependant faire la part des choses et nuancer cette attitude. Elle n’excluait pas une réaction différente. Les habitants de Sousse, à titre d’exemple, étaient favorables à la cause des républicains [I]“mais s’opposaient à une aide materielle”[/I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn20"]2[/URL]0.
    L’apport des témoignages oraux de certains militants destouriens et des habitants de la ville de Kasserine où les Espagnols étaient fortement installés, nous permet de nuancer le sentiment des Tunisiens et y voir une véritable manifestation de solidarité. A titre d’exemple nous citons les propos d’un militant, R. Driss, qui rappelait le soutien du Néo-Destour à la cause républicaine dès les débuts de la guerre civile. Un originaire de cette ville nous confirmait les bons sentiments qui caractérisèrent les relations entre les populations autochtones et [I]“les membres de la colonie espagnole”[/I] [URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn21"]2[/URL]1.
    [URL="http://www.marhba.com/forums/#tocfrom3"]II. La réaction des autorités[/URL]
    La vague de soutien en faveur des réfugiés espagnols s’amplifia. Le drame des réfugiés était devenu un prétexte pour une confrontation entre les forces de gauche et le gouvernement du protectorat.
    Le traitement qu’on avait réservé aux Espagnols dans les camps devait susciter chez ces forces politiques et syndicales une réaction d’hostilité contre l’autorité coloniale. En effet, les conditions de vie dans les camps étaient déplorables à tel point qu’on les avait qualifiés de camps d’internement ou même de concentration[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn22"]2[/URL]2. L’extrême méfiance des autorités françaises à l’égard de ces marins, la plupart étant des éléments[I]“gauchisants”,[/I] justifierait leur mauvais traitement[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn23"]2[/URL]3.
    Ainsi, dans un télégramme envoyé par le Contrôleur Civil de la ville de Gafsa, Chastel, en avril 1939 au Résident Général, il est question :
    “du désir d’un Député communiste, Dewez Sulpice, d’effectuer une visite aux réfugiés à Mehri-Jebbès, pour les interroger” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn24"]2[/URL][/I][I]4[/I][I].[/I]

    En outre l’Union Départementale des Syndicats de Tunisie, avait établi un rapport concernant les réfugiés :
    “- Elle regrette que les pouvoirs publics persistent à considérer les républicains comme des condamnés de droit commun.

    - Elle proteste contre l’étroite surveillance dont ils sont l’objet à Meknassi et l’extrême rigueur avec laquelle ils sont traités… ” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn25"]2[/URL][/I][I]5[/I][I].[/I]

    Le Secrétaire Général de l’U.D.S.T., Bouzanquet, se rendit même à Meknassi où il s’était entretenu avec quelques réfugiés et il leur expliqua [I]“leur droit au travail selon les lois françaises…” [/I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn26"]2[/URL]6.
    Le Résident Général E. Labonne, pour faire baisser la tension, avait proposé à Bouzanquet :
    “d’exploiter la main d’œuvre que constituent les réfugiés espagnols pour qu’ils mettent en valeur la région de Kasserine” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn27"]2[/URL][/I][I]7[/I][I].[/I]

    Ainsi, les réfugiés qui avaient accepté de vivre en Tunisie allaient pouvoir s’installer dans un centre dont ils allaient contribuer à la création.
    Dans sa lettre à Bouzanquet, Labonne précisa que :
    “ceux qui ont dû abandonner leur patrie pourront ainsi créer un centre bien à eux dans lequel leur famille pourra les rejoindre” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn28"]2[/URL][/I][I]8[/I][I].[/I]

    Sa proposition enthousiasma un bon nombre de réfugiés qui exprimèrent leur gratitude au Résident Général qui leur permettait ainsi [I]“de devenir des hommes libres vivant de leur travail”[/I] [URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn29"]2[/URL]9.
    Un détachement de cinquante Espagnols, choisis parmi les agriculteurs, les jardiniers et les maraîchers s’étaient installés à Kasserine le 4 mai 1939. Ils s’étaient mis au travail [I]“avec beaucoup de courage et bonne humeur”.[/I]
    La colonie agricole de Kasserine avait eu de bons débuts :
    “malgré les conditions de travail, une grande activité règne dans le camp témoignant l’ardeur des réfugiés à s’occuper pour oublier ou s’insérer…”

    “Des maçons qui travaillent d’arrache pied pour arranger les locaux d’installation dans la colonie. Il est possible de dire qu’après dix jours de travail que l’entreprise agricole semble en bonne voie…” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn30"]3[/URL][/I][I]0[/I][I].[/I]

    Les réfugiés logeaient dans des tentes en attendant l’aménagement des locaux. Dans son rapport hebdomadaire, le responsable du camp nous décrit les conditions de vie des Espagnols :
    “Les travailleurs jouissent d’une demi liberté, ils peuvent se rendre au village de Kasserine pour le service du camp ou pour leurs affaires personnelles. Leur attitude est très correcte et leurs relations avec la population locale sont excellentes…” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn31"]3[/URL][/I][I]1[/I][I].[/I]

    Les responsables de ce camp misaient sur la vente des produits de la colonie pour améliorer la situation des travailleurs. Cette expérience s’était révélée judicieuse puisque au mois d’août 1939, soixante tonnes de légumes furent récoltées par les colons après l’aménagement de neuf hectares[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn32"]3[/URL]2.
    Après une légère détérioration de la situation dans le camp à cause surtout du déclenchement de la Deuxième guerre mondiale, le projet de Kasserine bénéficia d’un regain d’intérêt à partir de novembre 1939.
    Des crédits atteignant trois millions de francs avaient été engagés pour la création d’un village espagnol à Kasserine[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn33"]3[/URL]3. Mettant à profit son Domaine Privé, l’Etat avait mis à la disposition de cette colonie plus de cent hectares de terre irrigable. Les Espagnols disposaient désormais :
    “d’une ferme, de maisons d’habitation, d’une maison commune (genre de club), et d’un dispensaire.

    Des démarches avaient été enterprises pour la venue en Tunisie des familles de ces agriculteurs–réfugiés et l’installation des femmes espagnoles se trouvant à l’hospice de la Manouba” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn34"]3[/URL][/I][I]4[/I][I]. [/I]

    Cette colonie, baptisée Chambi ( du nom de la montagne qui se trouve dans les voisinages ), s’était enrichie d’un atelier mécanique, de bêtes de somme, d’engrais, d’engins pour creuser mécaniquement des canaux :
    [I]“en plus d’un économat coopératif qui permet à chaque colon de s’approvisionner dans des conditions de bon marché et de régularité inégalée dans la région tout en permettant un écoulement rapide des produits de la colonie”[/I] [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn35"]3[/URL][/I][I]5[/I][I].[/I]

    Cette colonie était devenue le plus grand producteur de légumes de la région et le plus grand commerçant de Kasserine. On trouvait, en effet, dans l’économat coopératif des denrées qui étaient souvent introuvables ailleurs[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn36"]3[/URL]6.
    A la suite de l’action de l’appareil étatique, peut-on parler d’une solidarité[I]“officielle”.[/I] Cette action avait peut-être un caractère humanitaire mais son aspect intéressé était évident.
    Les réalisations agricoles effectuées par les Espagnols, n’étaient en fait que l’association de ces éléments à une opération de colonisation franco-tunisienne dans le cadre du programme de paysannat de Labonne. La ville de Kasserine était appelée à devenir un important centre économique et administratif. Les projets de lotissement maraîcher, la création d’une nouvelle ville et d’une activité industrielle ( usine de papier ), rentraient dans ce cadre[URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn37"]3[/URL]7.
    Par ailleurs, cette colonie devait constituer un réservoir humain pour subvenir aux besoins de la Régence en cette période critique. La mobilisation privait en effet le pays d’une main d’œuvre spécialisée suffisamment présente parmi les réfugiés. En effet, l’instruction résidentielle du 10/7/39, autorisait le placement des Espagnols au service des particuliers ou des sociétés.
    Le camp de Kasserine avait donc fonctionné comme une réserve du personnel. Dans un rapport officiel, concernant l’utilisation des réfugiés, établi par le Commandant du camp de Mehri-Jebbès, nous avons pu avoir une idée sur les compétences de ces Espagnols :
    “Un total de neuf cents neuf personnes allant de l’ingénieur en hydraulique jusqu’au boucher et maçon en passant par médecins et agriculteurs ” [I][URL="http://www.marhba.com/forums/#ftn38"]3[/URL][/I][I]8[/I][I]. [/I]

    [URL="http://www.marhba.com/forums/#tocfrom4"]Conclusion[/URL]
    L’arrivée des réfugiés républicains espagnols en Tunisie peut-être donc perçue sous différents angles. Nous avons opté dans le cadre de cette étude pour une approche montrant les réactions de soutien et de solidarité suscitées par cette immigration
    Ces manifestations étaient plus perceptibles dans une catégorie de la société tunisienne qui nourissait des affinités avec la cause républicaine. Dans le contexte de la fin des années trente, cette solidarité était aussi une prise de position franche des milieux démocratiques contre le fascisme envahissant.
    Pour d’autres considérations, l’Administration coloniale avait préféré avoir une attitude[I]“humaine”[/I] vis à vis des réfugiés. Les exigences de la conjoncture y étaient pour beaucoup dans cette attitude. Mais quelque part, les réfugiés avaient récolté un bénéfice. Certes pas tous. Mais nous n’avons pas dans le cadre de ce travail à parler des atrocités et des horreurs relevées dans les camps d’internement.
    Enfin nous constatons que le cadre urbain avait joué un rôle déterminant pour mettre en action ces attitudes de soutien. Le centre urbain de Bizerte / Ferryville avait constitué un espace propice pour cette manifestation.
    L’activité économique de ce centre et par conséquent la nature du tissu social et politique avaient été des facteurs favorables pour que l’événement du débarquement des républicains et ensuite leur acheminement vers le sud de la Tunisie ne passent pas inaperçu.
    C’était aussi pour la création d’un nouveau centre urbain, Kasserine, que les autorités avaient manifesté ce noble sentiment.


    [url]http://revel.unice.fr/cmedi/document.html?id=14#tocto1[/url]

  5. #5
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    283
    Socialement, les espagnols réfugiés à Tunis vivaient dans des conditions difficiles. Ils se sont installé aux environs de Beb Jdid, et Beb Mnara, d'après ce qu'on me raconte, ils étaient élégants malgrès leur pauvreté, leurs femmes portaient de très belles robes espagnoles, elles confectionnaient une dentelle de très bonne qualité et la vendaient pour les Tunisois de l'époque. Beaucoup d'espagnoles étaient couturières. Les hommes travaillaient dans les usines, d'autres étaient obligés de vendre des trucs qu'on appelle "khorda" à Souk El Asser. Ils se réunissaient à la fameuse place du marché de Beb Jdid [B]"l'Morkadh"[/B] ce qui veut dire en réalité [B]"el Mercado"[/B] -> [B]"le Marché"[/B] en espagnol, il s'y déroulait des soirées de flamenco animées par les gitans.
    Ils étaient connus pour leur beauté à cette époque d'où le mot [B]"Sbaniouri"[/B] pour dire que quelqu'un est beau, [B]"3ineha wes3ine ki 3inin essbaniour"[/B] -> elle a les yeux larges comme ceux des espagnols... Le fameux plat [B]"3in sbanioura"[/B] -> un filet de viande avec des oeufs durs à l'intérieurs qui en les tranchant ont l'air de gros yeux.

  6. #6
    Actif
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    Jun 2008
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    TUNIS
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    [FONT=Comic Sans MS][SIZE=3][COLOR=darkgreen][I][B]trés interressante cette partie de l'histoire de notre pays[/B][/I][/COLOR][/SIZE][/FONT]
    [FONT=Comic Sans MS][SIZE=3][COLOR=darkgreen][I][B]apres Ulysse venu de l'actuel Liban, les andalous , les russes de 1917 voici les espagnols de la guerre civile : la tunisie est par essence une terre d'asile[/B][/I][/COLOR][/SIZE][/FONT]

  7. #7
    Actif
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    Citation Envoyé par as2keur Voir le message
    [FONT=Comic Sans MS][SIZE=3][COLOR=darkgreen][I][B]trés interressante cette partie de l'histoire de notre pays[/B][/I][/COLOR][/SIZE][/FONT]
    [FONT=Comic Sans MS][SIZE=3][COLOR=darkgreen][I][B]apres Ulysse venu de l'actuel Liban, les andalous , les russes de 1917 voici les espagnols de la guerre civile : la tunisie est par essence une terre d'asile[/B][/I][/COLOR][/SIZE][/FONT]
    mdr tu m'as fais sourire, c'est pas ulysse c'est elyssa, ulysse etait grec.

  8. #8
    Nouveau
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    salut

    la femme de mon cousin est à moitié russe et semble t il provient de cette immigration de russes blancs.

  9. #9
    Nouveau
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    Mar 2008
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    fi zar3
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    c etait comment cette immigration des russe?

  10. #10
    Fidèle
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    Citation Envoyé par kombatonn Voir le message
    c etait comment cette immigration des russe?
    Je te conseille d'aller voir le site:
    [URL]http://encyclopedie-afn.org/index.php/AFN_Russie[/URL]

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