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Discussion: Eco Tourisme à Zarzis

          
  1. #91
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    Chakchouka

    [B] Ô Chakchouka[/B]
    [B] L’odeur de la chakchouka, cuite sur le bois, à midi, dans le taudis, jadis, embaumant l’endroit, droit, au milieu de l’oasis, de Souihel à Zarzis, avec une corne de piment vert qui domine l’atmosphère par son piquant, et moi, et moi, me faufilant à travers les barraudages tressés en tiges de palmes, en une sorte de porte d’aération pendant le canicule, j’entre alors guidé par le nez, vers le milieu de la cabane, titubant enivré par l’attrait de la chakchouka au ouzeff, avec un pain rond spongieux que mon Sidi, venait d’apporter de la boutique avec sa carapace viennoise granulée de cumin, un pain dont la mi absorbe bien la surface du met couvert d’une huile d’olive respirant le condiment… Bon, sans maman bien sur, car elle mangeait seule avec les petits enfants… Bref, on parle de cuisine maintenant, ces images culinaires, des plats légendaires, amis du bon peuple, caviar des pauvres, qui avec un oignon, une tomate et un piment, quelques tout petits poissons, plongeant dans un soupçon d’huile et d’eau de pluie… ainsi, assis sur des sacs de sucre en toile, autour d’un « tebsi » en poterie artisanale et une gargoulette ovale..À avaler les boulets de canon dedans, pendant que Sidi envoyait dans l’air des portions à notre chien blanc qui les happait au vol tout en remuant la queue en reconnaissance et satisfaction…[/B]
    [B] Ainsi, sur ces images, sur la plage, de mon enfance, ……me revoilà encore, comme un ténor, comme un revenant des profondeurs de la mémoire, me voilà à soixante ans, en retraite, devant un événement tampon, entre subir et agir, entre obéir et décider….en effet, ce sont ma femme et ma mère, qui me provoquèrent, en duel, pour faire des taches ménagères, les travaux domestiques, avec toutes ses disciplines, intérieur et cuisine, mais j’ai fait forfait pour la machine à laver et ses boutons sophistiqués… Oui, j’ai accepté l’escrime à armes inégales, car, je suis paisible pour ma retraite, je ne fais pas de politique, je ne vais pas à la guerre et refuse toutes ses maniéres…Alors me voilà, seul dans l’arène, devant le marbre froid et le glaive du chaos intra muros, faut chercher la poêle, l’endroit des légumes et du sel, comment allumer par l’étincelle, synchroniser les écuelles, alterner les doses, parmi de milliers de choses, comme si c’étaient des obstacles pour me confondre et me déclasser…Mais, dans un bruyant tintamarre, d’ustensiles et d’idées noires…je me suis repris les esprits, pour soutenir le défi et gagner la morale du pari…j’ai commencé à chantonner, pour cacher ma maladresse, mon ignorance et ma paresse, mais, c’était grâce à Armstrong, Wonder, Clapton, Pavarotti…grâce à Dylan, Prévert, Piaf et Verdi…que j’ai pu me recréer une symphonie, une chakchouka bien garnie, des ingrédients de la gastronomie locale…[/B]
    [B] Après avoir, verser, éplucher, couper, granuler, allumer, saupoudrer, assaisonner, laisser mijoter….au moment crucial où je devais mettre les centaines de petits poissons Ouzeff, que je devais décapiter pour éviter les sable des bronchioles…je me suis arrêté net, devant ces centaines de regards qui me fixaient, me suivaient, me hantaient, jusqu’au fond de mon âme…pour me décider enfin, pour satisfaire ma femme et ma mère, pour laisser passer et laisser faire, pour m’introduire d’une autre manière dans ces regards entreposés éphémères….[/B]
    [B] Et sur un fond de douleur et d’incompréhension, je me suis désolidarisé de mes compagnons, pour les déposer au fond de la poêle, avec ma moelle…malgré leurs yeux ronds. Pourtant, non abstenant, l’humour noire, la réalité sans fard, un monde simple sur fond ignare…la chakchouka était succulente, frétillante et piquante…je fus introniser cuissard cordon bleu, et tout le monde revint content à la maison, auprès des enfants et petits enfants, dansant, sur la musique et les chants. [/B]
    [B] Lihidheb mohsen 03.09.2013[/B]

  2. #92
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    De Metameur à Rass Marmour

    [B] Comme chaque Dimanche ou presque, selon mon humeur, ma prédisposition et la jonction de mon mouvement vers plusieurs endroits à la fois, je suis allé faire un bain de foule dans le souk de Medenine, à fouiner dans la brocante de Paris, les pacotilles de Tripoli et les ustensiles anciens du patrimoine local….C’était la période du retour des émigrés en Europe et qui se débarrassaient de leurs « marchandises » minables à des prix raisonnables pour une clientèle crédule et impressionnable. Les préparatifs à la rentrée scolaire battaient son plein et les gens s’affairaient sérieusement autours des dizaines de vendeurs de livres scolaires usagés. En tant que lecteur assidu en quatre langues et président de l’association des amis du livre, j’étais très ému par cette récupération et cette solidarité populaire et intelligente entre les pauvres pour le savoir et l’épanouissement. Juste à coté d’une « Nasba », j’ai remarqué une jeune garçon de sept ans, seul accroupis sous la carcasse d’un palmier, portant un chapeau de paille et tenant dans la main un sac en plastique laissant paraitre quelques livres et cahiers. J’étais hypnotisé par cette image merveilleuse, que j’ai prise discrètement en photo, pour éterniser cette prophétie et cet investissement social multilatéral. D’ailleurs, j’ai souvent trouvé de bons livres dans ce marché, de Rousseau, Joyce, Kafka…dont plusieurs étaient en Allemand et Anglais, langues que je pratique normalement. [/B]
    [B] Plus loin, attiré par deux récipients cylindriques très anciens en papier mâché, qui auraient servi pendant la deuxiéme guerre mondiale et pendant que je les examinais et demandais le prix, j’étais surpris de constater un petit hérisson à l’intérieur de l’un des deux petits futs et le vendeur m’expliqua que la bestiole est aussi à vendre malgré qu’il a été commandé par quelqu’un pour des médications traditionnelles. La petite bête s’agrippait inlassablement à la paroi et cherchait à se libérer. Avec son museau en l’air, ses petits yeux noirs et deux points de « beauté » en parallèle sur le front blanc de duvet, il était très joli et agréable à voir. J’ai tout de suite pensé au sort qui lui serait réservé à mijoter dans une marmite pour une potion médicinale abracadabrante et décida de l’acheter et le sauver à tout prix. [/B]
    [B] Ainsi, l’hérisson « Gnifid », et moi, sommes rentrés cahin caha, vers Zarzis, dans l’hilarité et la joie, accompagnés quelques fois de musique douce et de ma part des crises de rire et brouhahas pour fêter la liberté et vivre le moment comme il se doit. J’ai l’habitude de « trimbaler » des petites bêtes entre les régions pour encourager la diversité et ouvrir d’autres horizons. Un caméléon de Rsifett a été convoyé à Ejderia, des araignées vers l’Île de Djerba, des chiens dans toutes les directions et les régions, des noyaux de dates au gré de ma consommation, des semences et pollens dans mes babouches et haillons…[/B]
    [B] J’ai aussitôt annoncé mon compagnon aux faceboukeurs, qui réagirent favorablement et certains même lui proposèrent l’accueil et l’adoption. C’était très gentil de leur part, mais la liberté n’a pas de prix et changer un destin par un autre réducteur et incertain serait inconcevable. En attendant, j’ai donné au « Gnifid » un fruit de figue de barbarie épluché, un peu d’eau et quelques petits poissons séchés, mais seul le fruit avait disparu le lendemain. Ma femme avec son oreille de félin, était intrigué tard dans la nuit par un bruit discontinue, que je n’ai pu confirmer à cause de ma surdité naissante avec l’âge, mais quand tôt le matin je suis allé voir mon ami, il lançait encore des cris stridents, une sorte de sifflements intermittents d’un arbitre excédé et catégorique devant autant de « Leeb Selbi » jeu collectif négatif.[/B]
    [B] Sur une colline broussailleuse en face d’une mer bleue azur et des bouquets de palmiers majestueux, j’ai déposé mon ami, à même le sol tout pré d’un arbuste épineux qui pourrait lui servir d’abri en cas d’attaque en piqué d’hibou ou d’aigle pendant qu’il est encore recroquevillé. Je suis resté longtemps à observer ses battements de cœur à travers le mouvement des ses épines jusqu’au moment où il commença à montrer son petit museau noir étrangement mouillé et renifleur, sortant de son hibernation précoce et forcé. Sur la colline les passants et les touristes regardaient cet homme seul en train de fixer le sol, sans qu’ils aient le courage ou la curiosité de venir demander, peut être à cause de ma corpulence dissuasive. Quand l’hérisson « Gnifid » s’est remis sur les pieds, j’ai commencé par l’encourager à partir dans les broussailles, ce qu’il fit, paresseusement, me laissant, le temps de le photographier et le filmer à mon aise. [/B]
    [B] Au revoir mon ami Temri « de Métameur », bienvenu dans cette oasis maritime de Souihel, là où tu trouveras certainement une taupière à la dimension de tes espoirs et la dimension de la liberté et du bien être.[/B]
    [B] Lihidheb mohsen 05.10.13[/B]

  3. #93
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    مامادوووو

    [B]مامـــادو صديقـــي مامـــادو أخــــي[/B]

    منذ أيام، بدأ الحديث عن وصول عديد الجثث إلى شواطئ جرجيس، ويقال أيضا أنهم أفارقة يحاولون الوصول إلى أوروبا انطلاقا من ليبيا غير أنّ الحظ لم يسعفهم. وكان كل من يعرف نشاطي البيئي وحراكي الدائم على طول الشواطئ، يسألني عن تلك الجثث وهل تحصلت على نصيب منها، في شكل من المزاح الثقيل غير أنّي لم أكن أمزح وأتألّم أيضا كلّما أجد دلفين أو سلحفاة لفضها البحر وما أدراك بأحاسيسي عندما يكون الموضوع متعلق بالبشر.
    في حقيقة الأمر كنت تألّم في نفسي وأستغرب لعدم إلتقائي بأصدقائي المهاجرين أحياءا أو أمواتا، لأنّني أعتبر نفسي جاهزا لمؤازرتهم ومساعدتهم والتضامن معهم في كل الحالات... وأختم بهم مجموعة ما يأت من الضفّة الأخرى للبحر من بقايا حضارة الاستهلاك والاغتراب الإنساني إلى ضحايا هذه الهجرة الطبيعيّة إلى الشمال.
    لقد رأيته يومها من بعيد، بين الأعشاب البحريّة على مرمى من الأمواج... خلته في البداية سلحفاة منكفئة على نفسها، غير أنّه حالما اقتربت كان صديقي مامادو نائما على بطنه ونصف رأسه مغمور بالرمال ولا يظهر منه سوى ظهره الأسود الفاتح لجسم كله عضلات وقوّة بارزة للعيان... تسمّرت في مكاني، انصهرت مع مكاني وزماني، أفرغت وشحنت مخيالي ومكنوني... لأنطلق في صرخة غضب عارم زلزلت المكان وأفزعت الطيور والغربان... صرخة احتجاج وتنديد هائلة موجهة إلى الأرض والسماء وأصحاب القرار في كل الدول والأمصار... ثمّ تلوت عليه الفاتحة وسور من القرآن الكريم ومكثت دقائق أخرى صامتا احتراما لديانته التي قد تكون أيضا مسيحيّة أو وثنيّة أو غيرها...
    ولم أصوّر صديقي لأنّ جسمه وروحه وتلك اللّحظة المؤثرة لا يمكن سجنها وإخراجها من حالتها الطبيعيّة والإلهيّة.
    وعندما جاءت الحماية المدنيّة والحرس الوطني لنقل الجثة، إثر مكالمتي، فرحت لشدّة تأثرهم واحترامهم الواضح لصديقي مامادو بالرغم من صعوبة التعامل مع هذه الوضعيّة...
    وفي المساء، في المنزل دون علم العائلة، عملت على أن نتناول جميعا مأدبة عشاء محترمة على روح أخي وصديقي مامادو، بمناسبة نزوله بين أهله في دفئ إنسانيتهم، ريثما يستيقظ العالم ويرجع لهذا الشباب المسالم حقه في الحياة الكريمة.
    [B] محسن لهيذب[/B]
    [B] 11/08/2002 [/B]
    [B] ذاكرة البحر والإنسان[/B]

  4. #94
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    Douz Doc Days 2013 Troisième édition.

    [B]Douz Doc Days 2013[/B]
    [B] (3éme Edition)[/B]
    [B]Première journée.[/B]
    Les journées trois D, Douz doc days 2013, ont commencé par une procession musicale et artistique partant de l’Hôtel jusqu’au Musée du Sahara, où une grande tente abriterait les projections tout au long de cette semaine cinématographique. Sous un grand feu de bois, la troupe folklorique locale, avait présenté des danses et des acrobaties artistiques, avec la parade de chevaux montés par de jeunes téméraires de la région. Aussitôt, l’exposition de photos « Eternelle Tunisie » de Hamid Eddine Bouali, avait fait l’intérêt des présents dont plusieurs apposèrent leurs remarques et leurs graffitis, sur les photos même.
    Après la présentation du jury, par Si Hichem ben Ammar directeur de l’événement, commencèrent les projections :
    - [B]Bribes de mémoire[/B], documentaire réalisé par les élèves de Douz encadrés par Sonia Giardina et Rafik Omrani, un film d’une grande noblesse et respect à la mémoire locale et aux anciens. En effet, les vieux militants « Fellaga » encore vivants et même les décédés par intermédiaires, leurs femmes, leurs histoires, leurs mésaventures avec le colonialisme, leurs souffrances et leurs actes de bravoures, ….parlaient avec fierté d’une période difficile et incitaient les jeunes à travailler et construire le pays. Un film qui nous a fait vivre l’héroïsme de ces gens, pleins de courage et d’authenticité. Malgré que Mademoiselle Giardina formait et accompagnait les jeunes Douzi, ils se sont dignement et fièrement retirer pour laisser la place à notre mémoire collective. Bravo.
    - [B]Pourvu qu’elle soit Douz,[/B] documentaire de constat et de fixation par le son et l’image, de la vie dans la ville de Douz, à la fois, laborieuse et oisive, vivante et passive, ouverte et rétrospective, dans une rafale sulfureuse de personnages, événements, portraits, révoltes, manifestations, complaintes, appels à la prière, appel à la révolutions…dans un tourbillon de péripéties dignes d’Ulyssus et sa journée de Dublin de JOYCE. Toutefois, le film a réussi à faire parvenir le message aux spectateurs, le message d’une ville en mouvement et recouvrant un immense potentiel d’humanité et d’espoir.

    [B]Deuxième journée.[/B]
    - [B] Tirith. Un film de Maram Louhichi, de l’institut supérieurs des arts et métiers de Gabes, qui traite de l’architecture et la vie dans le village de Tamezrett, érigé sur la montagne et dans la montagne, avec une architecture sécuritaire défensive prenant en compte touts les éléments de la vie en autarcie et les moyens de survivance, de camouflage, de leurre à travers des passages labyrinthiques secrets et déroutants pour l’éventuel envahisseur. Les habitants s’en sortent malgré la sécheresse et l’aridité du milieu ce qui a poussé les gens à vendre les pierres que les femmes taillent pendant la journée et les hommes la nuit. Bien sur les temps ont changé et un jeune garçon, dans une sorte de lamentation chantée, une incantation révélatrice, invoqua Dieu pour l’arrivée des touristes et l’animation de l’activité locale. Ainsi pendant que les anciens demandaient à la Divinité la pluie, voilà, la situation. Un film vrai, complet et très bien fait.[/B]
    - [B]Sous les étoiles. un film de Rabeb Mbarki de l’institut supérieur des arts et métiers de Gabés, qui traite d’un accompagnement de la vie dans un cirque ambulant, mettant en relief, les mouvements, les relations, les impressions et les difficultés. Un documentaire descriptif qui a pu montrer l’autre face de cette œuvre monumentale mobile, sa construction, sa déconstruction, ses joies et ses chagrins, ce que les visiteurs et enfants, joyeux et enthousiastes, ne pouvaient voir. Travail bien fait.[/B]

    - [B]AL ASSYADD. Un film de Yasser Amor, de l’ISAMG, qui a pertinemment pénétré le monde obscur et merveilleux des marabouts, en cueillant les paroles des sages, les chants mystiques des hadhra ou les déclarations tranchantes de nos confrères salafistes. De très belles images de rythme guérisseur et thérapeutique, d’offrandes sincères et inconditionnelles, de recueillement par des danses dans des cérémonies mixtes de transe. De très vieilles dames, aux visages décorés par les graffitis du temps, dont l’aura de sagesse et de piété resplendit envoutante et aveuglante…[/B]guérissent les patients par le simple touché et par des mots de dévotion et de résignation à la volonté de Dieu. Un film qu’on ne se lasse jamais de revoir.

    - [B]La petite Syrte. [/B]Un film de réalité fiction d’Ahmed Dkhil, de l’ISAMG, qui reprend[B] les difficultés [/B]de la pollution et le chômage de la région de Gabès, d’une façon humoristique et ironique, joignant l’image au son, la réalité à l’histoire, le pain quotidien à l’humour noir, la politique politicienne et les aspirations du peuple après chaque date décisive de militantisme… Sans tomber dans la revendication directe, la contestation, l’amertume, le défaitisme…le film a réussi à sensibiliser et acquérir les spectateurs.

    [B]Une ovation spéciale à Ons Kammoun, pour la réussite de ces jeunes cinéastes et leur accompagnement technique et dynamique lors de la réalisation de ces œuvres méritantes.[/B]

    - [B]Ciné train. Après l’intervention d’une représentante de la SNCFT invitant les jeunes cinéastes à profiter l’opportunité culturelle et sociale qu’offre cet établissement national au service de sa clientèle, le public en général et du cinéma événementiel, plusieurs spot et extraits du voyage du groupe de la manifestation, ont été visionnés.[/B]
    - [B]Boubia. De Hamdi Jouini, actuellement absent à l’étranger. Le film décrit la vie des nomades dans le désert profond, étouffé dans l’étau de la sécheresse d’un coté, la cherté de la vie d’un autre, l’oppression de la mécanique de l’Etat, l’invasion de la modernité de l’autre, mais sauvé en survivance par leur solidarité mutuelle innée et ancestrale. Devant cette situation, les vieilles femmes durent réveiller une technique ancienne de confection de Boubia, une sorte de poupée, avec des morceaux de laine et de tissus multicolores. Ces charmantes femmes, engagées et engageantes, attachées à leur authenticité et leurs valeurs, refusaient sèchement la dénomination de poupée pour garder celui de « Aroussa » symbole de fertilité, de beauté et d’espoir. Ainsi, la vente de ces valeurs « fétiches », devinrent pour certaines et certains, un gagne pain, par la vente de cette fertilité, cette beauté et cet espoir aux touristes. Un film révélateur, poignant et inoubliable.[/B]

    - [B]Au rythme de la ville désertée. D’Aymen Yaakoub. Un long documentaire sur l’ancienne ville de Kébili, désertée par les habitants par une politique des années soixante, dirigeant la population vers des zones d’urbanisation plus favorables à la mainmise de l’Etat pour la mise au pas du consumérisme, le contrôle et l’imposition. Bien sur, tout ceci n’était qu’implicite dans le film, qui avait focalisé sur la vie dans la mosquée locale, Ô combien accueillante et humaine. Un témoignage de constats narratifs, quelques fois que des images redondantes, mais assez bien fait pour un débutant, naviguant seul, pour assumer toutes les taches de la production, réalisation, photographie….Bravo.[/B]

    [B]A cause de la précipitation des projections et des actions parallèles dans la ville de Douz, le reste des films sont repris rapidement et d’autres, n’ont pas été regardé, ce qui ne diminue rien en leur grande valeur. [/B]
    - [B]Ennajah : de Chiraz Bouzidi.[/B]
    Ce film documentaire parle du combat d’une femme qui s’est vu dans le besoin de collecter des objets à revendre du dépotoir municipal, entre les tas d’immondices, les cris des oiseaux et les odeurs nauséabondes… Ce personnage, représentatif de la condition de la femme rurale, montre le combat qu’elle mène dans toutes les directions tout assumant ses devoirs de mère de famille au foyer. Pendant que la mari, pour des prétextes de maladie mineure, mène une vie oisive à convoyer quelques moutons, cette femme se chausse et déchausse chaque jour pour s’enfoncer dans les poubelles de la société de consommation et en récupérer tout ce qui peut être recycler et par conséquent vendu. Pendant que la fille de cette grande Dame, s’émeut de cette situation tout en profitant des frais des ses études et ses habits, pendant que le public s’impressionne, pendant que les autorités font l’autruche devant leur devoir d’encadrement médical et social, pendant que la cinéaste transfère en sa faveur les valeurs de cette femme…celle-ci, reste imperturbable, solide, bien sur ses pieds, à se battre, avec ou sans le cinéma des citadins.
    Film réussi, avec de très belles prises de vues et une approche facile. (Mérite le prix qu’il a obtenu).
    - [B]Il pleut des livres et des jouets :[/B] de Mohamed Barrak.
    Ce documentaire culturel parle d’une jeune bibliothécaire dans la région d’El Hamma, qui de son propre chef, avait pris l’initiative de faire du porte à porte, pour inciter les enfants et les familles à la lecture en leur fournissant des livres « at home » et faire parvenir aux familles populaires le droit du savoir qui leur revient. Une action complète avec des animations théâtrales, des chorales, des petits carnavals, des lectures de contes….dans une sorte de bain culturel rafraichissant. La bibliothécaire, s’occupe aussi de l’éduction générale des enfants, l’encadrement et le suivi de certains cas sociaux qu’elle avait réussi brillement à réintégrer.
    Bravo, si Mohamed Barrak, et que cet exemple fasse école dans notre paysage culturel.


    - [B]De Gougou[/B] : de Latifa Doghri.
    Un film documentaire sur la musique de la communauté noire de l’Île de Djerba, avec un accompagnement complet de toutes les manifestations, réalisations, actions, dimensions sociales, dimensions culturelles…jusqu’à la façon de fabriquer les instruments et l’apprentissage des enfants. Avec une nette focalisation sur la personnalité de « Loulou », une mère fondatrice des chants et des rythmes de l’île, une sorte de marieuse qui avait fait son chemin et laissa après son décès un grand patrimoine technique et artistique et insuffla pour toujours une passion de Chow chez les jeunes, ce film est complet, avec de très belles images et portraits des hommes, de la nature, de la mer et des rythmes de joie et de bonheur. Toutefois, dans une aussi riche matière spectaculaire, une ligne « éditrice » aurait pu être choisie et diriger ce parcours de constat euphorisant. (Mérite le prix qu’il a obtenu).

    - [B]Le fil et le mur[/B] : de Sarra ben Achour.
    Un documentaire très courageux sur un sujet tabou que nul n’a pu aborder de prés ou de loin, vu la complexité du sujet et l’énigme qui l’entoure. Un témoignage de constat recueilli auprès des femmes, des filles, des jeunes et surtout ceux qui ont subi le rituel et acquis la soi disant invulnérabilité aux rapports sexuels d’avant le mariage. Une sorte de codage et décodage lors d’un deuxième rituel juste avant la consommation du mariage. Malgré que ce phénomène ait été abordé juste à partir d’une région du pays, ça reste un grand tremplin pour [B]comprendre[/B] et apprécier les pratiques qui ne sont pas dégradante à la femme.
    De belles images de féminité et de beauté. (Mérite le prix qu’il a obtenu).

    - [B]Sidi Bouhlel[/B] : de Ridha Ben Halima.
    Un grand bain de foule, de rythme, d’encens et de chants, que le cinéaste nous a fait partager en visitant amplement le fameux marabout de Sidi Bouhlel, dans la région de Tozeur. Perchée sur un grand rocher de la chaine de montagne, cette mosquée-marabout, attire des milliers de fidèles chaque année, pour payer tribut et cet illustre ancêtre et vénérer Dieu pour avoir, la pluie, la santé et le bonheur. Avec l’apport des spécialistes en la matière qui avaient clairement contourné le sujet, des séances de Hadhra avaient aussi confirmé l’innocence et la sincérité de cet acte de piété et de soumission à la volonté divine.
    Toutefois, dans le film, le simulacre « technique » du jaillissement de l’eau du puits, après un cérémonial, était un peu discutable et populiste. Bravo pour ce grand constat et ce témoignage historiciste.

    - [B]Azul[/B] : de Wassim Korbi.
    Un documentaire fort intéressant sur la condition des Tunisiens ayant encore gardé leurs attachements linguistiques et culturels aux origines Berbères et Amazigh. Dans une sorte de constat et de revendication des droits à la différence, plusieurs témoignages avaient vulgarisé le sujet et son apport certain dans l’histoire du pays et la nécessité de lever le voile sur cette richesse millénaire. Azul, qui veut dire liberté, est fredonnée, sur les monts et entre les vallons de villages berbères en village amazigh, jusqu’aux fin fonds de Zouara et de Nalout en Lybie. Un cri de vie, plein d’émotion, de sincérité et d’affirmation du soi, pour un bien être commun, dans la différence. Bravo.

    - [B]Abid Ghbonten[/B] : de Ramzi Bjaoui.
    Un documentaire unique et très riche sur la condition sociale d’une ethnie noire, relativement assimilée, installée dans la région de Sidi Makhlouf à Médenine. Malgré les quelques conflits ponctuels lors des mariages mixtes indésirables pour les uns ou les autres, ces Ghbonten, dans un partage progressif des rôles après la fin de l’esclavage, un partage en fonction des prédispositions culturelles et vocations naturelles, avaient joué un très grand rôle dans le sud-est de la Tunisie, en matières de musique, de danses guerrières, de chants militants et de divertissement dans les champs d’oliviers de Zarzis lors des cueillettes. Il a aussi bien décrit les rapports entre les ethnies, entre les générations et le parcours de la troupe folklorique pourtant le même nom de « Abid Ghbonten ». Toutefois, le documentaire a un peu exagéré un racisme qui est plutôt très réduit dans des dimensions mineures pour donner la place à une coexistence normale si ce ne sont les vissicitudes du chômage et la pauvreté. Bravo encore pour cet apport à notre mémoire, pour sauver la mémoire commune.
    - [B]Action mémoire de la mer et de l’homme[/B] : Lihidheb Mohsen.
    Etant l’initiateur, l’auteur et l’acteur de cette action, assisté par la réalisation de mon Alberto Marino Zecchini l’anthropologue…et malgré que je sois satisfait de mon action, son aboutissement et sa projection dans Douz Doc Days 13, ainsi que les discussions et critiques lors des débats, je laisse au public la priorité de la valorisation. Merci, à Monsieur Marino, Monsieur Hichem Ben Ammar, à l’honorable jury (l’australo-canadien et Britannique Hussain Currimbhoy, Vincent Martorana, Sonia Giardina…), aux participants, au public et à mes concitoyens de Douz. (Je m’excuse pour les films que je n’ai pu voir et commenter).

    [B]Conclusion[/B] : Juste un petit rappel, gentil, amical, pour réduire la fâcheuse manie, à fuir en avant, pour revenir et remercier, les véritables acteurs de la vie, les combattants de tout les jours…les femmes, les hommes, les figurants, les héros de touts les temps.
    Merci encore pour cette troisième édition dédiée à l’anthropologie sociale, qui a pertinemment aborder des sujets tabous et occultés, pour constater, apprécier et sauvegarder, notre patrimoine humain.

    Lihidheb mohsen éco artiste 14.11.2013

  5. #95
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    Honneur aux femmes de Zarzis

    [B]Honneur aux femmes de Zarzis[/B]
    [B]Organisé par l’Association du développement durable de Zarzis, soutenue par le Programme des nations unis pour le développement et l’Atelier de formation pour la création de projets par les femmes, une journée à eu lieu le 24.11.2013 à l’Hôtel Eden star de Zarzis, avec la collaboration active de l’Enda, la Bts, le Mercycorps, l’Ods, l’Onfp…pour la remise de certificats de fin de formation pour les trente six filles et femmes, qui avaient suivis avec rigueur et application les séances d’encadrement dirigées par Si Said Lihidheb de l’Addci. Après les interventions des partenaires présents, pour informer et confirmer les facilités que chaque partie propose à ces honorables authentiques artisanes, des ateliers ont été formé pour répondre aux questions et préoccupations dans les domaines de la création, les crédits, l’emploi, la couverture sociale, le suivi, la franchise en fiscalité…..[/B]
    [B] Autant que les intervenants représentants les organismes, Si Fayçal Dchicha, président de l’association et véritable activiste social, avait longuement éclairé les participantes sur le parcours à entreprendre et les facilités en place pour la réussite indiscutable de leurs projets.[/B]
    [B] Toutefois, devant cette présence inhabituelle d’autant de femmes dans un lieu peu commun pour la gente féminine, dans leurs habits traditionnels, aux couleurs locales, dans leur intégrité de la sagesse traditionnelle, avec quelques fois leurs enfants, et dont quelques unes avaient demandé gentiment de ne point les prendre en photos…, on ne peut que s’incliner d’admiration et de respect.[/B]
    [B] Elles furent aussi conviés à déjeuner en self service au restaurant de l’hôtel, un geste fort symbolique, de reconquête d’espaces longtemps interdits au bon peuple, aux gens ordinaires, aux concitoyens, où les femmes avaient des chances minimes d’accès.[/B]
    [B] Bravo aux organisateurs, aux accompagnateurs et formateurs et surtout à ces jeunes et moins jeunes femmes, qui ont défié la prédominance masculine, l’unanimisme léthargique, pour se frayer un chemin vers la participation à la vie économique, par la création, la production, la sauvegarde des techniques artisanales et les activités traditionnelles de la région, qui constituent un tremplin de base à la croissance.[/B]
    [B] Lihidheb Mohsen éco artiste 24.11.13[/B]

  6. #96
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    Boughmiga à Rjim Maatoug

    [B]Pendant que l’oasis de Douz se réveillait lentement, caressé par les rayons du soleil levant et les palmes dansantes, Sonia, Ahmed et moi, étions déjà sur la route vers Rjim Maatoug, profitant d’une journée consacrée à l’excursion des participants aux DDD vers les troglo de Matmata, pour aller de l’autre coté sur les traces des caravanes et connaitre notre frontière saharienne. Ahmed en tunique bleue de Touareg avec un ample pantalon, une chemise brodée et un turban de derviche savant, connaissait Sonia depuis sa visite de l’année dernière et aurait travaillé ensemble sur des sujets culturels et sociaux. Ainsi, bloquant le volant sur l’ouest, en donnant du lest à la vitesse de ma voiture qui avalait la route interminable à travers les lacs salés et les dunes, nous avions eu la chance d’avoir un climat agréable pendant la matinée. Sur plusieurs dizaines de kilomètres, rien, nada, nichts, nothing, welou…pas d’âme qui vive, seuls quelques voitures de routards enturbannés en blanc, en bons Mrazig, nous croisaient en trombe. Quelques fois des contrebandiers de carburant provenant de l’Algérie proche, faisaient le guet par des éclaireurs de part et d’autre pour assurer les passassions de bidons en livraison d’une voiture à l’autre. A un moment, j’ai invité mes compagnons à sortir de la route pour aller vérifier un endroit qu’on m’avait signalé pour le silex, mais nous n’avions trouvé que les traces douloureuses des bulldozers des compagnies pétrolières, qui avaient pelé la surface de la terre sans vergogne et sans laisser aucune chance à la faune et la flore souffrantes de ces contrées.[/B]
    [B] Bien sur, cette randonnée était effective, ce n’était pas dans un film ou une fiction, mais du réel, palpable, assommant et une légère angoisse commençait à naitre, envahissante à travers le sentiment du vide, la solitude, l’absence totale de végétation et toute verticalité. Quand une enseigne indiqua Rjim Maatoug et un fil vert de palmiers pointa à l’horizon derrière les vagues de sable, la préoccupation du vide et du néant a été remplacé par celle aussi pesante des caprices des hommes, surtout quand cet endroit était réputé comme une sorte de bagne, lieu de déportation, un goulag, pour les néo-fellagas de la Tunisie des années soixante dix, des militants clandestins de « Perspectives » et « El Amel Ettounsi » y participèrent courageusement à la création de cette région, malgré l’oppression et la dureté du climat. [/B]
    [B] Il n y avait pas beaucoup de bâtiments, une ou deux boutiques, un café, des casernements militaires et de la garde nationale, des lots bien tracés de maisonnettes à coté de chaque grand carré de palmiers pour les ouvriers-propriétaires-volontaires… Ces carrés de verdure de quelques centaines d’hectares chacune, étaient étendues sur vingt trois kilomètres avec des séparations en espaces vides de trois à quatre kilomètres. J’étais curieux de connaitre l’état des lieux sur le plan de la propreté, surtout quand c’est une nouvelle cité, sans héritage comportemental influant, j’ai pu constater que l’endroit était relativement propre, si ce n’était la petite déchèterie à coté de la lagune sur la route. Curieux d’aller jusqu’au bout de ces bulles de vie et voir ce qu’aurait été le fameux bagne de certains de mes amis, quand nous nous sommes trouvés nez à nez devant un barrage sécuritaire, gardés par des militaires armées et entouré de barbelées. En faisant des manœuvres pour rebrousser chemin, la sentinelle me somma de m’arrêter et pendant que nos papiers, mon appareil photo se faisaient vérifier, ma voiture fut fouiller de fond en comble et je fus dégouter quand l’agent m’interpella par le bout du canon de sa machine de la mort pour vérifier le contenu d’un sac plein d’outils en fer. Malgré mon respect à nos soldats, ma solidarité et ma compréhension de ce qu’ils endurent, je suis toujours dégouté par les armes et la violence en général et c’était pour cela que je me suis éloigné de la voiture pendant cette fouille qui ne m’est jamais arrivée.[/B]
    [B] Au retour, vers Rjim Maatoug cité centre, nous fîmes une pause dans l’unique café, où tout le monde nous regardait avec curiosité surtout la belle Sonia, blanche, fraiche, belle, dynamique et qui peut valoir quelques millions de dollars chez nos voisins Touareg et Peuls du Hoggar. Toutefois, c’était agréable et quand j’ai donné un petit pourboire au serveur, il était très heureux. Tant mieux. Naturellement, en bon Boughmiga le néandertalien, qui se respecte, je n’étais pas accro à la consommation des dattes, ni branché sur les possibilités d’investissements ou la génération de profits quelconques….mais bien sur, mordu, malade, possédé, dépendant, passionné par ma préhistoire, et dare dare, sur tout le parcours de ce territoire et le fond du tiroir, je n’ai rien trouvé à mettre sous la dent, car toute la terre était couverte de sable. Ce n’était qu’à dix kilomètres en direction du retour, que j’ai arrêté la voiture net sous les regards interrogatifs des mes compagnons, quand j’ai remarqué aux abords de la route quelques étranges mottes de terre découvertes par le vent et un petit courant d’eau ayant servi pendant les années cinquante peut être. A l’assaut, avec Sonia et Ahmed, nous avons pu constater effectivement que l’endroit portait des traces préhistoriques de silex, bris d’œufs d’autruches et tessons de poterie primitive. J’étais aux anges par cette découverte en plein dans le but car quand on trouve des restes de passage humain sur le seul endroit découvert du sable, ça veut dire que toute la région est un grand site préhistorique à raison de cent pour cent. Bien sur les objets furent livrés à l’asso de Douz avec les détails et les données relatives.[/B]
    [B] Plus loin, j’ai pris une piste au hasard, mais l’ensablement progressif de la route m’avait dissuadé et du revenir pour prendre une autre à gauche qui était plus sur le dur, une sorte de gypse granulé. Arrivé à une colline nous nous sommes dispersés pour prospecter le terrain, mais il n y avait rien et seul un monticule de sable en bas, avait attiré notre attention. C’était un petit forage, de trois mètres de profondeur avec assez d’eau pour créer un nouvel oasis et nous avons pensé que c’était pour cet effet, la vie dans le désert inhospitalier. Dans le monticule de sable, mordu de la terre par un tracteur à pelle, Ahmed et moi, avions recueillis de belles roses de sables en souvenir. Lors d’une troisième sortie hors de la route principale, dans une sorte de vallon entre des collines, nous avons rencontré un troupeau de chameaux, qui nous avaient accompagnés dans nos trois quart d’heure de marche agréable et éco amicale. Le vent commençait à former des tourbillons au dessus des dunes autour des lacs salés et juste avant El Faouar, nous sommes descendus de voiture pour aller vers une haie artificielle de palmes à quelques centaines de mètres de la route, pour admirer les trombes de sable pompées par le vent à volonté, dans un paysage de son, de sensation et de mouvement. Il fallait crier pour s’entendre et nous primes quelques photos de cette manifestation de la nature, qui ignore certainement l’existence des hommes aussi bien intentionnés soient ils.[/B]
    [B] Deux semaines plus tard, je suis tombé en panne de roue sur la plage d’Ejdaria à Zarzis, et personne n’avait réussi à faire sortir la roue de secours de ma voiture, mon crique était rouillé, mes clés aussi, et tout était défectueux, mais pendant que tout le monde s’inquiétait et s’affairait, je rigolais, je rigolais, devant la chance inouïe, que cette panne ne m’est pas arrivé à Rjim Maatoug, surtout quand j’avais Sonia et Ahmed avec moi. Dieu merci, Hamdoulillah. [/B]
    [B] Lihidheb Mohsen Eco artiste 15.11.2013[/B]

  7. #97
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    الرصيفات...ورقص السمك

    [B] [/B]

    [B]سميت الرصيفات كذلك بسبب تواجد بعض الأرصفة التاريخية المغمورة في البحر على شواطئها والتي تعود إلى الفترة البونيقية...هذه الموانئ الصغيرة القديمة كانت تتوسط مدائن مجاورة وعلى نفس المسافة منها وفي ما بينها وهي جيكتيس ومينانكس وشماخ وقريبيس وزيان والصنم وقطعاية الشيح...وتتموقع قرية الرصيفات في مهد بحيرة بوغرارة على يابسة شبه جزيرة جرجيس وعلى حافة الطريق الرابطة بين جزيرة جربه القنطرة وخلف لله مدنين...وتتكون من واحة صغيرة وميناء صيد بحري وأخر تقليدي وبعض السكان هنا وهناك في نوع من الاعمار اللطيف وعدد من المطاعم المختصة في أطباق السمك اللذيذ والمشهور عالميا والمتواجدة على حافة ماء البحر ومطلة على مشاهد طبيعية رائعة خاصة عند غروب الشمس وراء جبل تاجرة بمدنين والبحيرة ذاتها. فتجد عشرات السياح ومحبي الطبيعة يترقبون يوميا تلك اللحظات الساحرة والملهمة وهم يتذوقون الأكلات الشهية والبيولوجية ويستمعون إلى نداءات الطيور المتنوعة لإعلان قدوم الليل أو المد والجزر. وتقوم تلك الطيور أحيانا بتجمعات كثيفة للمؤانسة والراحة وأحيانا لالتقاط بقايا الصيادين من السمك الصغير و تبادر أحيانا أخرى بتنظيم عمليات صيد دقيقة تتمثل في التناوب مجموعات وأفراد بين السباحة والغوص والطيران بمحاصرة جداول السمك وازدراد ما طاب ولذ منها دوريا ودون إفراط ولا تفريط. وتعد تلك المنطقة رطبة نسبيا وتتميز أيضا من ناحية الغرب وعلى مسافة بعض الكلمترات بارتفاع الأرض على الشاطئ في شكل مسطبة شاهقة وعالية بعشرة أمتار بالنسبة لسطح البحر وينتهي هذا الارتفاع في سبخة معيذر لينشا من جديد في مستوى بوغرارة والجرف. ومع هذا الكم الهائل من المخزون البيئي والتراثي والبشري بادر أصحاب المنطقة بإحداث مهرجان دوري يهتم بالفلكلور الشعبي والفروسية يستقطب آلاف الزوار للترويح وتناول وجبات السمك من المنتج إلى المستهلك باسوام مقبولة وفي متناول الجميع. [/B]
    [B]وتزخر أيضا منطقة الرصيفات بغابة زيتون كبيرة على ملك الضيعة الفلاحية والخواص وعاين بالجهة المتحدث "بوغميقة" عددا هاما من المحطات الأثرية للعصر الحجري الأول والمتمثلة في الحلزونيات والصوان وقشور بيض النعام وغيرها...وهو ما يدل على أصالة هذه المنطقة منذ عصر ما قبل التاريخ. [/B]
    [B]هكذا يمكن اعتبار قرية الرصيفات في احتفال دائم وفرحة عارمة بالحياة مندمجة في محيطها الطبيعي والحضاري بفضل موقعها الرائع وبفضل أهلها المثابرين والجديين...وبما أن حركة ذاكرة البحر والإنسان بصدد تكوين فضاء بيئي وفني مفتوح على عين المكان وعلى حافة البحر...نأمل أن تصبح هذه القرية منتوجا ثقافيا وسياحيا يستقطب الزوار والفنانين وأصدقاء البيئة والإنسان. [/B]
    [B]محسن لهيذب 09.02.2014 [/B]
    [B]الفضاء البيئي والفني المفتوح الرصيفات [/B]

  8. #98
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    Le riz Djerbien

    [B]Le riz Djerbien[/B]
    [B] [/B]
    [B]C’était au temps de la dictature, dans l’un des hôtels luxueux de l’Île, dont j’ai oublié le nom, comme il y en a tant, que j’ai atterri en douce presque inaperçu, devant autant de fanfare et fanfarons et de tintamarre et projets bidon. En effet, en tant que correspondant de presse titubant, initiateur d’actions parallèles, toujours curieux toujours rebelles, un grain de sable incontournable dans les rouages de la médiocrité en vigueur et qui faisait fureur…je me suis faufilé parmi la foule tapageuse des nouveaux riches, des arrivistes, des magnats du business, des arnaqueurs de tout genre et grandeurs, des marchands de tapis, de grandes figures du parti, des démarcheurs branchés quelques part la haut auprès de la famille mafieuse et le sponsors de ces condors, des politiciens fraichement recrutés pour assurer la dernière étape de mainmise totale sur l’économie et la vie du pays…des personnages intrigants dont je connaissais pour la plus part, le profil et le nom, le parcours, les tares, les déboires et l’origine impropre et vile de leurs richesse. Il y avait aussi des poulets en plumes et déplumés pour réaliser et surveiller ce cirque de marionnettes de bas niveau…organisé par les hautes instances officielles et affairistes pour d’éventuelles « joint venture » entre les Beznessa locaux et les hommes d’affaires de plusieurs pays dans le Japon, les pays Scandinaves et les States, surtout quand le mirage des zones franches était en vogue pendant cette période du début du troisième millénaire. Bien sur, Boughmiga, se sentait très mal à l’aise devant autant d’incohérence et d’incompatibilité surtout quand il sait que le régime de Bourguiba n’avait favorisé que les chapardeurs et les incultes pendant que celui de Zaba, avait tissé un filet d’usure en règle des richesses, favorisant ainsi, sur la scène les mafieux et la gestion au jour le jour des affaires du bled. Mais quand j’ai vu un type analphabète qui, il ya quelques années, pendant que j’étais en train de discuter convenablement avec des touristes Allemand, courait derrière nous en disant « moni moni » et je dus alors mentir en insistant qu’il voulait dire « good mornig »…s’asseyait devant un homme d’affaire Japonais pour évaluer les opportunités d’investissements…dans le pays de Carthage et de la civilisation humaine et quand j’ai vu d’autres nuls faire autant avec d’autres illustres invités….j’ai décidé de sortir immédiatement et quitter l’hôtel, ce que je fis, devant les interrogations visibles et l’étonnement des organisateurs et de la flicaille. C’était un geste et une réaction simple, mais c’était pour mon amour propre un bel coup de p… dans ce tas d’incohérences.[/B] [B] Mis en filature, indiscrète, une sorte de provocation qui ne me dérangeait plus, je me suis dirigé vers la ville insulaire de Midoun, pour retrouver un peu de chaleur de la foule et humer un ambiant d’humanité et d’authenticité. Pour faire un poing d’honneur à la gastronomie hôtelière de luxe, je suis entré dans un restaurant populaire, et commanda un riz Djerbien succulent et consistant et tout en mâchant le met, les faits dans mon esprit, les événements et les contrepieds…j’ai pensé au valeureux artisan, commerçant Djerbien, qui malgré les difficultés, conquit le monde par son commerce équitable et son intelligence constructive et créatrice de richesses au point de meubler une bonne partie du monde par des épiceries et manufactures intégrées. Une invasion bénéfique, paisible et exponentielle, que le petit Djerbien avait réalisée brillamment. [/B] [B] C’est alors que j’ai pensé qu’il aurait été plus conséquent et plus juste, d’inviter les petits Djerbiens, pour discuter à pied d’égalité avec ces promoteurs et investisseurs étrangers, ce qui aurait pu aussi aboutir à des projets communs équitables et réalisables. [/B] [B] Encore une pensée de respect et de fierté au petit Djerbien, ce cas école dans le monde, et tout ceux qui sont restés eux mêmes, pour travailler, investir et épanouir notre destinée commune, ne serait que pour atténuer les effets destructeurs de la médiocrité des nuls et des dictateurs.[/B] [B] [/B][B]Lihidheb mohsen éco artiste[/B] [B] Zarzis 17.03.14 [/B]

  9. #99
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    Sauver l'eau, sauver la vie

    [IMG]file:///C:\Users\samsung\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\0 1\clip_image002.jpg[/IMG][B][FONT=&quot]ذاكرة البحر والإنسان[/FONT][/B][FONT=&quot][/FONT]
    [FONT=&quot]تدعو حركة ذاكرة البحر والإنسان...البيئية والثقافية...كافة المواطنين إلى الحفاظ على نظافة المحيط وخاصة حسن التصرّف في ثرواتنا المائية بكل الطرق الممكنة...وتقترح عليكم ما يمكن القيام به فورا وبدون جهد يذكر...وذلك بوضع إناء قار تحت حنفية بيت الحمام واستعمال الماء المجموع فيه لتعويض "الشاس" بحيث انه يمكن الاستغناء عن هذا الأخير عندما يستعمل كل فرد من العائلة الماء الذي غسل به وجهه لتصريفه في المرحاض...كما يمكن ترك الإناء دائما تحت الحنفية...لجمع قطرات الماء واستعمالها اثر الدخول الخفيف إلى المكان. محسن لهيذب ناشط بيئي. [/FONT] [FONT=&quot] [/FONT] [FONT=&quot] [/FONT] [FONT=&quot] [/FONT][B]Action Mémoire de la mer et de l’homme[/B][FONT=&quot] [/FONT][FONT=Arial][IMG]file:///C:\Users\samsung\AppData\Local\Temp\msohtmlclip1\0 1\clip_image003.jpg[/IMG][/FONT][FONT=&quot][/FONT] [B] Dans le cadre de la sensibilisation à la protection de l’environnement et la bonne gestion de l’eau, mémoire de la mer et de l’homme propose, la récupération de toute l’eau utilisée dans les lavabos des toilettes familiales, dans un petit bac, dont le contenu pourrait servir à évacuer les toilettes après chaque usage. Ce qui permettrait à une famille d’utiliser, chaque matin, la chasse au plus une fois, surtout quand le bac est gardé en permanence sous le robinet pour récupérer aussi les gouttes sur une longue période. Vous pouvez être le premier, à garder un peu d’eau pour vos enfants.[/B] [B] Lihidheb mohsen éco artiste.[/B][B][FONT=&quot][/FONT][/B]

  10. #100
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    Zarzis Saguit Sola

    [B]Zarzis Saguit Sola.[/B]
    [B]Plusieurs amis Tunisiens et d’ailleurs, quand je leur disais qu’il leur faut un mois de sorties quotidiennes pour connaitre et contourner la région de Zarzis afin d’apprécier à sa juste valeur la diversité écologique et panoramique, prenaient au début mes propos comme chauvinistes et nostalgiques, mais quand ils faisaient un petit bout de chemin avec Boughmiga, vers quelques endroits comme, Om Cherif, Ejdaria, Rsifett, Aguiba, Hachchana, Bogra, Gribis, Allouane, Hinchir El Kalakh, Lemsa, Khsim, Guerbabia, Ghrabatt, Oglet Omor, Ras Trab, Khallfallah, Ras Kazouz, Ariguett, Zitha, Hinchir Frass Tarfellil, Lella Meriem, Makhadha, Hnachir Ettboul, Hinchir Ouniss…ils admettaient avec admiration les qualités naturelles et historiques de cette presqu’île paradisiaque. Bien sur, même si je n’étais pas rétribuer pour cette activité de vulgarisation et de partage, même pas par des signes de reconnaissance sur une vingtaine d’années, j’évaluais au préalable les centres d’intérêts des visiteurs pour faire un parcours, écologique, artistique, anthropologique, culturel ou bien tout simplement touristique, en fonction des passions des uns et des autres. Je ne vous dirais pas comment quand l’un de mes compagnons, hypnotisé par un beau couché de soleil sur l’eau bleu, ne voulait pas quitter la plage intérieure du Lac El Bibane. Ou cette Dame intellectuelle, qui s’est éclatée de bonheur sur les collines anthropologiques de Sebkhet el Maleh, dans une sorte de communion mystique avec l’ancêtre commun…. Ou encore ce groupe d’Autrichiens qui avaient dansé au milieu des installations artistiques de Boughmiga à Allouane, surpris par la douce invasion des eaux de la marée haute….et cette jeune doctorante en préhistoire qui débarqua comme un beau papillon, de site en station, de station en site à une quarantaine d’endroits, dans une collecte passionnée des traces paléolithiques au raz du sol…[/B] [B] Juste pour dire, que Boughmiga, ne livrait pas tout ses secrets et réservait certains endroits, aux intimes, ceux qui ne seraient d’aucune façon hégémoniques sur les endroits ou susceptibles de causer des nuisances quelconques. Bien sur, les risques sont toujours l’éventuelle pollution, la spéculation foncière et la déformation des paysages par les constructions anarchiques ou trop voyantes. Il suffit de voir l’isthme nord de la région de Ejdaria, qu’il avait connu quand il n y avait que les maisons de Jlidia, Bouchouicha et Sohbani, combien elle est maintenant investie par la spéculation et le bétonnage en règle en plus des fermes viticoles, géantes et obstinément polluantes au point de déposer leurs déchets à même la plage.[/B] [B] En effet, avec l’avantage de ma connaissance depuis l’enfance de cet endroit énigmatique, quand avec les voisins et cousins, allions accompagner nos moutons à la recherche des rares touffes d’herbes sèches ou les feuilles d’oliviers….pour ne rentrer qu’au début de la nuit… seuls deux amis, un grand cinéaste de la place et un imminent chercheur international en écologie scientifique, eurent l’honneur d’investir ce parcours de highlanders… Ce jour là, nous étions tous au rendez vous, six heures piles juste au premier affaissement de terrain au milieu du grand plateau de Souihel de quarante cinq mètres au dessus du niveau de la mer. Une sortie de touristes arabes, pour une marche dure tout terrain…à travers ce long canyon sinueux entre Hnachir Ettboul et Ghar El Ogla. Il fallait éviter les ronces, éviter de glisser, monter et remonter les digues de sable qui servaient à retenir aux quelques arbres, le peu d’eau de pluie vital. Ces arbres irrigués par l’écoulement, étaient très disputés et souvent sujets à des batailles entre familles pour finir en d’interminables procès en justice. Bien sur, ce n’était pas notre préoccupation, car nous étions absorbés par la beauté de l’endroit et son caractère presque sauvage et naturel, cette même inhospitalité, qui a sauvé Saguit Sola du débarquement urbanistique. Malencontreusement, comme on peut s’y attendre, dans ce genre de randonnés et intrusions dans la nature, nous avons débusqué des aigles, des hiboux et remontant l’autre versant, un joli renard roux à la queue blanche à son bout… C’était une occasion pour le cinéaste pour s’inspirer et pour l’écologiste de constater la faune, la flore et les coupes géologiques…jusqu’au moment où nous avons été ébloui par la beauté du paysage quand au fond, à l’embouchure du canyon, une fenêtre s’affiche sur la mer, au dessus d’un oasis maritime parsemé de maisons blanches. Nous sommes restés un bon moment, à respirer, l’air frais, humer le paysage et sentir cette dimension de beauté et de liberté. Sortant de la vallée de Saguit Sola, nous avons encore remonté le plateau pour faire quelques kilomètres jusqu’au Sangho et revenir vers Béni Ftaiel, sur la plage cette fois, les pieds dans l’eau et les cœurs émerveillés et les esprits en jubilation.[/B] [B] Les deux autres, honorables hôtes du canyon, étaient une professeure universitaire avec son étudiante, dans le cadre de vérifications sur le terrain pour des propositions de tourisme écologique et alternatif. Cette fois, la visite était plutôt panoramique et historiciste, soulignant les grottes préhistoriques, les démarcations Romaines et les pistes piétonnes ou cyclistes possibles. [/B] [B] Ainsi, morfondu par cette confession fâcheuse, qui risque de livrer Saguit Sola aux curieux et aux voyeurs, et dans le souci de laisser cet endroit comme une dernière aire de survie à la faune sauvage, Boughmiga, souhaite que les intéressés se limitent à la traçabilité et le constat de cette vallée à travers les images satellitaires disponibles sur le net. Il leur en serait reconnaissant.[/B] [B] Lihidheb mohsen éco artiste 20.05.2014[/B] [B] [/B]

  11. #101
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    Messaouda

    [B] Il parait que de nos jours, désormais, après tant de tergiversations et d’escrimes avec les moulins à vent, il faudrait reconnaitre, accepter et admettre, qu’il n’y a de durabilité, de permanence et de rentabilité, que dans les problèmes, dans le déséquilibre, dans l’extrême, dans les guerres depuis naguère, en chaine, à coups de terreur et de haine. [/B] [B] Oui, car cette fois, c’est Messaouda, qui m’envoya ses affaires sur la plage, en guise de message, d’appel au secours, un cri de sauver nos âmes, un Tam Tam assourdissant de désarroi, un tsunami de colère contre l’inégalité et l’arbitraire…quand sur les cotes de l’estuaire de Allouane, j’ai trouvé, rejeté par la mer, le sac à main de ma nouvelle amie, fictive certes, mais obsédante et possessive. Il a été déjà fouillé et les objets étaient parsemés sur une grande surface allant jusqu’à derrière la grande haie, entre les épis d’orge non encore moissonnés, où, ça et là, des robes froissées, des jupes, des vêtements de petits enfants, filles et garçons…de la lingerie personnelle d’une femme mûre, bien portante et très maternelle. Ce n’était pas tout, car juste à coté du grand sac vide, il y avait un petit portefeuilles, complètement vide et une série de produits cosmétiques de grande qualité, ce qui rajoute à Messaouda, en plus de sa condition de mère, un caractère de féminité débordante et une tendance pour le bien être et l’éthique de la vie. J’ai alors, doucement remis les objets dans le sac à main, avec respect, avec un sentiment de reconstitution d’un rêve brisé et une remise de l’ordre dans les aspirations légitimes en plein dans un monde en désordre.[/B] [B] Oui, Messaouda, la féminine, la procréatrice, la féconde, la source de vie, la matrice, la berceuse du souffle humain…, oui Messaouda, ton message est parvenu, la haut, accueilli aussi ici bas…. Tu n’étais pas la première ni la dernière, mais ton profil représentait toutes les victimes, hommes et femmes, filles et garçons, mauvais et bons, petits et grands, noirs et blancs, de l’Albanie ou du Soudan, oui en effet, tu représentait toute l’humanité, les croyants, les crédules, les confiants, les stoïques, les généreux, les assujettis pour les guerres, les dirigés dans des couloirs, à travers la terre et la mer…pour, asservis, servir, un système de gueux, douteux et peu glorieux.[/B] [B] Voilà, encore une fois, une victime, la nième, sans la moindre chance pour contenir l’émigration clandestine, sans espoir de voir une issue, sans lumières dans ce couloir en entonnoir, glouton, sauvage et insouciant… voilà encore et encore, nos enfants, nos frères, bouffés, bouchées par bouchées, par un système anthropophage, qui n’a plus de raison d’être, devant d’aussi flagrantes disparités entre les peuples, entre les pauvres et les riches, entre les races, entres les ethnies, entre les régions… Voilà, Messaouda, une petite colère pour clamer ma conscience de faible citoyen, mais je te rappelle, que chaque matin le soleil éclaire un jour nouveau et que le « serment du sourd muet et dans sa poitrine ».[/B]
    [B] [/B][B]Lihidheb mohsen éco artiste [/B] [B] Zarzis 10.062014[/B] [B] [/B] [B] [/B]

  12. #102
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    Rahman, le Viking de Zarzis

    [B]Rahman, le Viking de Zarzis.[/B]
    Il [B]faisait encore noir, quand je me suis arrêté devant le café-boulangerie-épicerie de Chkerbane sur la route vers Bengardane…pour acheter les provisions nécessaires pour un long périple d’une journée de vagabondage dans la région d’El Ketf. De l’eau, du pain, du fromage et un café emporté….mais en descendant de la voiture, j’ai trouvé mon ami Rahman, à me dévisager de ses yeux noirs scintillants au dessus de sa barbe Guivaro-Salafiste et sous son béret de résistant à la Chokri Belaid…visiblement désemparé par le manque de transport vers le lac El Bibane, où il exploite avec un associé, une unité de pêche intra-lagunaire autorisée. Malgré mon intention d’aller vers El Ketf, du coté de la Choucha j’ai répondu aux mouvements de la providence, en accompagnant un ami organiquement militant que je connais depuis très longtemps sur le terrain du combat citoyen et l’action anti fasciste. En effet, notre relation est très ancienne, quand il avait un salon de coiffure, où on jouait aux échecs et discutait politique quand celle-ci était tabou et répréhensible. Notre parcours s’est un peu éloigné quand il avait adhéré aux partis de gauche pendant que je suis resté penseur libre, DonQuichottien et activiste humanitaire et écologique indépendant. Quelques fois, on se rencontrait lors des manifestations culturelles et autres en ville, mais on se croisait surtout sur les plages désertes de Lemsa, là où rares qui se risquaient à se hasarder seuls…comme deux monstres indescriptibles, qui se saluaient de loin…Salut Boughmigaaaaa…..Salut Rahmaaannn… sans s’arrêter, car, chacun de nous était encastré, incrusté, dans son parcours de mouvement et d’action. Avec un effort sur humain, il avait résisté à plusieurs accidents très sérieux de maladies….et brilla de sagesse quand il avait supporté l’accident mortel de son fils, par le sourire stoïque, sa passion de vivre et la foi indéfectible en Dieu. J’étais chaque fois, admiratif, devant sa force et sa détermination à surpasser toutes les difficultés, au point de le voir, se réveiller à trois heures du matin, pour aller se battre avec la mer à Ras Ettrab, à retirer ses filets de pêches, pendant les tempêtes et les intempéries, sur sa petite embarcation de fortune.[/B] [B] Cette fois, quelques années après, pendant que tout le monde vieillit, voilà encore Rahman actif et débordant de vie. Il insista pour m’acheter un café emporté et nous nous dirigeâmes vers le lac El Bibane…pour sauter dans la « Kanouta » à moteur. Bien sur, dans ces conditions de flottaison, de vagues, de retraits des filets, de récolte du poisson, de navigation par les avirons….je n’avais pas beaucoup d’expérience et je ne servis qu’à assurer l’équilibre de l’embarcation par mon poids respectable et quelques fois ramer un peu quand mes deux compagnons étaient submergés par les algues et les crabes dans les filets. Debout, Rahman restait trois heures à déposer ou retirer les filets et chaque fois qu’il voyait un poisson de pris….il chantonnait en guise de signal à son matelot… Terbahhh……et l’autre répondait…..Terbahhh wa Tisssaaadd…dans un air qui correspondait avec le mouvement des vagues et le balancement de la « Kanouta ». Bien sur, le ton et la hauteur de la voix, montaient en fonction de la taille du poisson et l’importance de la prise. De temps en temps, il jetait les poissons dédommagés par les crabes, aux oiseaux marins qui nous entouraient dans l’attente de ces offrandes qu’ils se disputaient longuement dans des vols poursuites amusants. J’en avais compté une quarantaine qui nous survolaient et surveillaient nos mouvements qu’ils connaissaient par instinct et souvent réagissaient à la fraction de seconde au jet de poisson et s’en abstenaient quand le jet est une algue. D’ailleurs, les oiseaux étaient capables de savoir à distance si le poisson jeté était comestible pour eux ou bien impropre à leur consommation et le négligeaient le laissant s’enfoncer dans la mer. J’avais aussi pour tâche de frapper sur les planches à l’aide d’une pierre, pour faire du tapage et envoyer les poissons effrayés dans les filets, ce qui a confirmé son utilité quand on trouvait tout de suite des poissons encore frétillants dans les filets. J’étais toujours surpris par l’endurance de Rahman, qui restait en équilibre pendant quatre heures à travailler dur malgré sa maladie grave, une leucémie qu’il est entrain de traiter par la chimiothérapie et le soir même il devrait aller à Tunis pour une séance à l’hôpital. [/B] [B] En effet, le lendemain, après deux nuits de voyages entre Zarzis Tunis Zarzis et une journée de traitement, Rahman, le superman, le fantôme de la mer, m’avait téléphoné pour un raccompagnement au même endroit pour la même tache, mais cette fois, il avait engagé un autre marin car le premier avait un empêchement familial. Cette fois, la mer du lac était houleuse et les vagues poussées par un vent d’ouest fort, ne ménageaient guère l’embarcation ni ses occupants et je devais faire un grand effort, accroché aux planches, pour maintenir mon équilibre. J’étais encore surpris de la force de mon ami, surtout après un aussi long voyage exténuant et une séance de chimiothérapie…sans dormir, ni se reposer. Cette fois, j’ai du aider en ramant contre les vents, les vagues et les courants pendant que mes amis retiraient les filets et une fois j’ai failli envoyer Rahman dans la mer froide, par un coup de rame brusque, ce qui m’avait valu un coup de gueule de marin. C’était des conditions de tempête et les cotes de Bengardane et d’Ejdaria étaient peu visibles et il nous a fallu beaucoup d’efforts pour localiser les flotteurs indiquant les emplacements des filets au point de les confondre avec celles des autres pêcheurs. A un moment le moteur est tombé en panne et Rahman mis un temps pour le réparer avec des outils de fortune, soit, une pierre utilisée normalement pour le tapage, en guise d’enclume, un clou qu’il fallait casser en deux, un morceau de fer en guise de marteau et le tout sur une embarcation dansante sur une mer houleuse et des mouvements violents. [/B] [B] A terre, après quatre heures de navigation, je sentais encore la terre se balancer autour de moi, mais, avec toujours dans l’esprit, beaucoup, d’admiration, de respect et de solidarité, à mon ami, le véritable surhomme de la mer, Abderrahman Souei, le Viking de Zarzis.[/B] [B]Tirbaaah…..Tirbaaah wa Tissaaad, Si Abderrahman. [/B] [B]« Récompensé par la Baraka, Oui…et tu en es heureux. »[/B] [B]*********************[/B]

  13. #103
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    1
    [COLOR=#000000][FONT=Calibri]J’adore les poèmes que vous avez écrit, merci de partager de si belles choses, pour une fois, ca fait vraiment plaisir de lire un forum !

    _____________________
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    *[/URL]*************[/FONT][/COLOR]

  14. #104
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    voila ce qu'évoque pour moi zarzis

    [URL]https://www.youtube.com/results?search_query=nari+3ala+zarzis[/URL]

  15. #105
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    https://youtu.be/7TgZFhyMkoc

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