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Discussion: Charles Baudelaire

          
  1. #1
    serendipity
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    Charles Baudelaire

    vous aimez charles baudelaire?

    [B][I] L'Art est long et le temps est court »[/I][/B]… Ainsi, nous vous proposons – enfin ! – une mise à jour du site. C’est surtout la rubrique Articles qui s’enrichit de trois nouvelles contributions.
    Soumaya Chaâbane s’interroge sur la [URL="http://baudelaire.litteratura.com/?rub=regards&srub=art&id=7"]poéticité des [I]Petits poèmes en prose[/I][/URL], dévoilant le paradoxe de l’œuvre : [I]« c’est en se dénuant de la poésie que le recueil devient poétique »[/I]. Dans ce recueil, Baudelaire contredit la magie de ses premiers vers, qui nous avait tellement enchantés dans [I]Les Fleurs du Mal[/I]. Mais ce nouveau langage, non sublime mais pourtant si suggestif, s’accorde davantage avec les états d’âme du poète, pessimiste et désavoué.
    Peut-être était-ce aussi pour se convaincre de ne plus rêver. [URL="http://baudelaire.litteratura.com/?rub=regards&srub=art&id=6"][I]Baudelaire : le lointain tout près d’ici[/I][/URL], un article écrit par François Leturcq, nous rappelle que le poète a cependant su garder une bribe d’espoir, puisque lors de son voyage de jeunesse il a pu toucher du doigt la promesse d’un lointain : [I]« cette sorte de mirage, cette voix inexistante de sirène et pourtant si tenace, si irrésistible »[/I].
    La prose continuera néanmoins de nous enchanter, grâce au récit audacieux d’un jeune auteur de 16 ans, Alexandre de Selys. [URL="http://baudelaire.litteratura.com/?rub=regards&srub=art&id=5"][I]Ma métamorphose[/I][/URL] est une fiction détournant l’œuvre de Kafka. Se réveiller un matin dans le corps de Charles Baudelaire…


    Baudelaire n'a pas écrit que [I]Les Fleurs du mal[/I]. S'en contenter reviendrait à passer à côté d'une colossale œuvre critique. Œuvre critique qui nous permet de découvrir les mœurs musicales, picturales et littéraires de toute une époque. La seule considération de son œuvre poétique, néanmoins suffisante à démontrer un génie incontestable, vous priverait de l'un des points de vue les plus pertinents de son époque.


    L ETRANGER

    "Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?
    - Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.
    - Tes amis?
    - Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.
    - Ta patrie?
    - J'ignore sous quelle latitude elle est située.
    - La beauté?
    - Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
    - L'or?
    - Je le hais comme vous haïssez DieU
    - Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?
    - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!"

    [h=1]LE DÉSESPOIR DE LA VIEILLE[/h]
    La petite vieille ratatinée se sentit toute réjouie en voyant ce joli enfant à qui chacun faisait fête, à qui tout le monde voulait plaire; ce joli être, si fragile comme elle, la petite vieille, et, comme elle aussi, sans dents et sans cheveux.
    Et elle s'approcha de lui, voulant lui faire des risettes et des mines agréables.
    Mais l'enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite, et remplissait la maison de ses glapissements.
    Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant: - "Ah! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l'âge est passé de plaire, même aux innocents; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer!"

    LA BEAUTE
    Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre,
    Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Éternel et muet ainsi que la matière.


    Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.



    Les poètes devant mes grandes attitudes,
    Qu'on dirait que j'emprunte aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d'austères études ;


    Car j'ai pour fasciner ces dociles amants
    De purs miroirs qui font les étoiles plus belles :
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !


    [h=1]LES BIJOUX[/h] La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
    Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
    Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
    Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.


    Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
    Ce monde rayonnant de métal et de pierre
    Me ravit en extase, et j'aime avec fureur
    Les choses où le son se mêle à la lumière.



    Elle était donc couchée, et se laissait aimer,
    Et du haut du divan elle souriait d'aise
    A mon amour profond et doux comme la mer
    Qui vers elle montait comme vers sa falaise.


    Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
    D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
    Et la candeur unie à la lubricité
    Donnait un charme neuf à ses métamorphoses.


    Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
    Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
    Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
    Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,


    S'avançaient plus câlins que les anges du mal,
    Pour troubler le repos où mon âme était mise,
    Et pour la déranger du rocher de cristal,
    Où calme et solitaire elle s'était assise.


    Je croyais voir unis par un nouveau dessin
    Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
    Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
    Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !


    — Et la lampe s'étant résignée à mourir,
    Comme le foyer seul illuminait la chambre,
    Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
    Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

    [h=1]LE LÉTHÉ[/h] Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,
    Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;
    Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
    Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ;


    Dans tes jupons remplis de ton parfum
    Ensevelir ma tête endolorie,
    Et respirer, comme une fleur flétrie,
    Le doux relent de mon amour défunt.



    Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
    Dans un sommeil, douteux comme la mort,
    J'étalerai mes baisers sans remord
    Sur ton beau corps poli comme le cuivre.


    Pour engloutir mes sanglots apaisés -
    Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ;
    L'oubli puissant habite sur ta bouche,
    Et le Léthé coule dans tes baisers.


    A mon destin, désormais mon délice,
    J'obéirai comme un prédestiné ;
    Martyr docile, innocent condamné,
    Dont la ferveur attise le supplice,


    Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
    Le népenthès et la bonne ciguë
    Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
    Qui n'a jamais emprisonné de cœur.


    [h=1]REMORDS POSTHUME[/h]
    Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
    Au fond d'un monument construit en marbre noir,
    Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir
    Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ;


    Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
    Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir,
    Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
    Et tes pieds de courir leur course aventureuse,



    Le tombeau, confident de mon rêve infini,
    — Car le tombeau toujours comprendra le poète, —
    Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni,


    Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
    De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
    — Et le ver rongera ta peau comme un remords.


    [h=1]À CELLE QUI EST TROP GAIE[/h]
    Ta tête, ton geste, ton air
    Sont beaux comme un beau paysage ;
    Le rire joue en ton visage
    Comme un vent frais dans un ciel clair.


    Le passant chagrin que tu frôles
    Est ébloui par la santé
    Qui jaillit comme une clarté
    De tes bras et de tes épaules.



    Les retentissantes couleurs
    Dont tu parsèmes tes toilettes
    Jettent dans l'esprit des poètes
    L'image d'un ballet de fleurs.


    Ces robes folles sont l'emblème
    De ton esprit bariolé ;
    Folle dont je suis affolé,
    Je te hais autant que je t'aime !


    Quelquefois dans un beau jardin,
    Où je traînais mon atonie,
    J'ai senti comme une ironie
    Le soleil déchirer mon sein ;


    Et le printemps et la verdure
    Ont tant humilié mon cœur
    Que j'ai puni sur une fleur
    L'insolence de la nature.


    Ainsi, je voudrais, une nuit,
    Quand l'heure des voluptés sonne,
    Vers les trésors de ta personne
    Comme un lâche ramper sans bruit,


    Pour châtier ta chair joyeuse,
    Pour meurtrir ton sein pardonné,
    Et faire à ton flanc étonné
    Une blessure large et creuse,



    Et, vertigineuse douceur !
    A travers ces lèvres nouvelles,
    Plus éclatantes et plus belles,
    T'infuser mon venin, ma sœur !

  2. #2
    Fidèle
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    [FONT=century gothic]Les fleurs du mal ... que j'ai lu la première fois beaucoup trop jeune. Je n'en comprenais pas le sens. Mais que je relis dès que j'en ai l'occasion

    Un poète d'exception !

    Mon prefèré, un grand classique des fleurs du mal,[B] l'Albatros[/B] :

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.
    [/FONT][FONT=century gothic]A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.
    [/FONT]
    [FONT=century gothic]Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
    [/FONT]
    [FONT=century gothic]Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



    [/FONT][I][FONT=century gothic]Ce poème est extrait de "Spleen et idéal", la deuxième partie du recueil Les Fleurs du mal. Cette partie évoque l'homme déchiré entre l'aspiration à l'élévation et l'attirance pour la chute, déchirement à l'origine de l'envie nommé spleen, indissociable de la condition humaine et qui finit par triompher. L'albatros traduit chez Baudelaire. la conscience d'être différent des autres. Baudelaire a recours à une image très suggestive pour dépeindre sa propre condition dans une société qui l'ignore complètement. L'image de l'albatros capturé évoque l'idée d'un être totalement étranger au monde qui l'entoure. Baudelaire faisait partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire non compris par les gens de son époque. Les trois premières strophes concernent l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète.[/FONT]

    [URL="http://bacfrancais.chez.com/"]http://bacfrancais.chez.com[/URL][/I]

  3. #3
    serendipity
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    Je n'en comprenais pas le sens.

    EST CE QUE DEPUIS TU COMPRENDS QUELQUECHOSE?

  4. #4
    Fidèle
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    Citation Envoyé par laurette Voir le message
    EST CE QUE DEPUIS TU COMPRENDS QUELQUECHOSE?

    [FONT=century gothic]Oui bien sur ... bon à l'époque j'avais 15.16 ans d'une arrogance folle du genre "les poèmes c'est pour les nases"

    Je préférerai lire mes manga en écoutant Nirvana à fond :D [/FONT]

  5. #5
    serendipity
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    [h=1][SIZE=3]Baudelaire : La Mort des amants[/SIZE][/h]

    [CENTER][I]Ce sonnet, extrait de l'oeuvre de [URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/biographie-baudelaire.php"]Charles Baudelaire[/URL] [I]"[U]Les Fleurs du Mal[/U][/I]", paru en 1857, est intitulé "La Mort des amants". Ce texte ouvre la cinquième section des [U]Fleurs du Mal[/U], consacrée à la mort. Ce poème nous présente la mort de deux amants, qui est en fait ici symbole de l'amour éternel, et donc parfait. [URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/biographie-baudelaire.php"]Baudelaire[/URL] nous présente une vision spiritualisée de l'amour au-delà de la vie, et que la vie ne peut plus corrompre, ou fragiliser. C'est le mythe de l'amour éternel qui unit deux amants par-delà la mort (Roméo et Juliette de Shakespeare, Notre Dame de Paris de Victor Hugo)...

    [U][B]Texte étudié[/B][/U] :

    [I]Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères,
    Des divans profonds comme des tombeaux,
    Et d'étranges fleurs sur des étagères,
    Écloses pour nous sous des cieux plus beaux.

    Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
    Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
    Qui réfléchiront leurs doubles lumières
    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,
    Nous échangerons un éclair unique,
    Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ;

    Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
    Les miroirs ternis et les flammes mortes.

    [U][I][URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/biographie-baudelaire.php"]Baudelaire[/URL], Les Fleurs du Mal, La Mort des amants[/I][/U][/I][/I][/CENTER]
    [I][I][/I][/I]

  6. #6
    serendipity
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    [LEFT][FONT=Verdana][SIZE=2][FONT=geneva][B][U]BAUDELAIRE[/U], Charles (1821-1867)[/B][/FONT][/SIZE][/FONT] [LEFT][FONT=Verdana][SIZE=2][FONT=geneva][/FONT][/SIZE][/FONT][/LEFT][FONT=Verdana][SIZE=2][FONT=geneva][B]I) Biographie de Baudelaire[/B][/FONT][/SIZE][/FONT]
    [FONT=Verdana][SIZE=2][FONT=geneva]- [B]1827[/B] : Mort de son père. Il va se retrouver sans père rapidement avec un beau-père, le commandant Aupick ; ils ne s'entendent pas.
    - [B]1839[/B] : Renvoyé du lycée Louis Le Grand, son beau-père décide de l'envoyer aux Indes pour lui apprendre la vie, mais il va seulement aller jusqu'aux îles Bourbon (Réunion et île Maurice) en 1840. Puis il rentre en France en 1842.
    - [B]1842[/B] : A son retour de Voyage, il entre en possession de son héritage et il va tout dilapider. Il vivra tout le temps dans la gêne financière.
    - [B]1842[/B] : Il commence à écrire ses premiers poèmes : "[U][I]A une dame créole[/I][/U]".
    - [B]1842[/B] : Il rencontre Jeanne Duval, une métisse, nomée la Vénus noire, puis en 1847, il rencontre Marie Daubrun.
    - [B]1857[/B] : Parution de "[URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/baudelaire-fleurs-du-mal-resume.php"]Fleurs du Mal[/URL]", recueil censuré en partie (six poèmes retirés pour obscénité) et Baudelaire est condamné à payer 300 francs, somme qu'il n'a pas. Il va être terriblement affecté par le fait de retirer six de ses poèmes, car il a le sentiment d'avoir conçu une architecture très recherchée. Il va se sentir incompris : la société ne le comprend pas.
    - [B]1861[/B] : Nouvelle édition des "[URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/baudelaire-fleurs-du-mal-resume.php"]Fleurs du Mal[/URL]".
    - [B]1859-1860[/B] : "[U][I]Les Paradis Artificiels[/I][/U]".
    - [B]1864[/B] : "[U][I]Les petits poèmes en prose[/I][/U]".
    - [B]1864[/B] : Il tombe malade, syphilis, puis troubles nerveux : il perd l'usage de la moitié de son corps puis de la parole suite à une attaque cérébrale.
    - [B]1867[/B] : Il meurt à l'âge de 46 ans.
    - [B]1868[/B] : Théophile Gautier reprend le mythe littéraire de Baudelaire, et définit la condition du poète.
    [B]II) La malédiction du poète[/B]
    Le sentiment de malheur et de tristesse se ressent chez lui et dans ses poèmes. Baudelaire a eu une existence remplie de malheurs. Il la ressent et se plaint de ne pas pouvoir écrire autant qu'il le souhaiterait. En effet il connaît beaucoup de périodes de silence, et ses grandes périodes fertiles seront 1842-1847 et 1857-1861.
    Le reste du temps, Baudelaire redoute l'impuissance : "l'idée folle de mon impuissance littéraire, m'a tellement effrayé que je me suis précipité dans le travail" (extrait d'une lettre qu'il a écrit à sa mère en 1863).
    Pendant sa courte vie, il va essayer de mener à bien cette oeuvre qui lui tient tant à coeur et il va combattre l'impuissance.
    Cette malédiciton s'adresse aussi sur son intérieur, d'après lui : Spleen, le guignon et la mélancolie, il parle du malaise qu'il a en lui, qui l'entraîne vers le fond. Il va utiliser son Spleen et sa mélancolie pour être la condition même de son écriture poétique. La malédiction dont il se sent victime va être la condition même de son écriture poétique (inspiration). Il va donc forger l'idée du poète maudit, en premier particulièrement visible dans les vingt premiers poèmes des "[URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/baudelaire-fleurs-du-mal-resume.php"]Fleurs du Mal[/URL]" : "[URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/137-baudelaire-l-albatros.php"]L'Albatros[/URL]", "[U][I]Bénédiction[/I][/U]", "[URL="http://www.bacfrancais.com/bac_francais/249-baudelaire-le-cygne-I.php"]Le Cygne[/URL]"...
    On trouvera ensuite une lignée de poètes se sentant descendants des poètes maudits, dans la seconde moitié du XIXème siècle.
    Rimbaud, à la suite de Baudelaire, va donner, creuser, en mettant de l'ampleur dans cette idée de malédiction du poète : Lettre à Paul Demeny (aussi appelé la lettre d'un voyant).
    D'autre poètes de la lignée d'Arthur Rimbaud vont réfléchir sur les conditions des poètes maudits en se disant comme Baudelaire : Rimbaud, Lautréamont, Laforgue...
    Ce sentiment de malédiction était au départ le reflet réel d'une vie misérable et obscure et va devenir la condition même de la création poétique. Il va être difficile d'être un poète sans être maudit à la fin du XIXème siècle. Ce lien très fort entre poésie et malédiction va perdurer jusqu'à la fin du XIXème siècle, et il y aura ensuite l'arrivée du mouvement surréaliste.
    [/FONT][/SIZE][/FONT][/LEFT]

  7. #7
    Fidèle
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    Je n'ai malheureusement connu Baudelaire qu'à travers la traduction des nouvelles d'Edgar Allan Poe.

    http://ecx.images-amazon.com/images/...500_AA300_.jpg

    Cette édition, sortie le 30 mars 2011, regroupe l'intégralité des contes, essais et poèmes de Poe en 1600 pages. (Un petit HS )

  8. #8
    serendipity
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    OUI JAI ESSAYE DE LIRE LES HISTOIRES EXTRAORDINAIRES D EDGARD POE HELAS J AI PAS TENU LE COUP,IL FAUT UN DICO POUR COMPRENDRE

  9. #9
    Fidèle
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    Citation Envoyé par laurette Voir le message
    OUI JAI ESSAYE DE LIRE LES HISTOIRES EXTRORDINAIRES D EDGARD POE HELAS J AI PAS TENU LE COUP,IL FAUT UN DICO POUR COMPRENDRE
    Alors je te conseille de lire son poème, Annabel Lee, dédié à sa défunte femme :

    [FONT=Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif][SIZE=2][I]Annabel Lee.

    IT was many and many a year ago,
    In a kingdom by the sea,
    That a maiden there lived whom you may know
    By the name of ANNABEL LEE;
    And this maiden she lived with no other thought
    Than to love and be loved by me.

    I was a child and she was a child,
    In this kingdom by the sea:
    But we loved with a love that was more than love —
    I and my ANNABEL LEE ;
    With a love that the winged seraphs of heaven
    Coveted her and me.

    And this was the reason that, long ago,
    In this kingdom by the sea,
    A wind blew out of a cloud, chilling
    My beautiful ANNABEL LEE;
    So that her highborn kinsman came
    And bore her away from me,
    To shut her up in a sepulchre
    In this kingdom by the sea.

    The angels, not half so happy in heaven,
    Went envying her and me —
    Yes ! — that was the reason (as all men know,
    In this kingdom by the sea)
    That the wind came out of the cloud by night,
    Chilling and killing my ANNABEL LEE.

    But our love it was stronger by far than the love
    Of those who were older than we —
    Of many far wiser than we —
    And neither the angels in heaven above,
    Nor the demons down under the sea,
    Can ever dissever my soul from the soul
    Of the beautiful ANNABEL LEE:

    For the moon never beams, without bringing me dreams
    Of the beautiful ANNABEL LEE;
    And the stars never rise, but I feel the bright eyes
    Of the beautiful ANNABEL LEE;
    And so, all the night-tide, I lie down by the side
    Of my darling — my darling — my life and my bride,
    In her sepulchre there by the sea,
    In her tomb by the sounding sea.[/I]

    Voilà ce que ça donne dans la traduction de Mallarmé

    [I]Il y a maintes et maintes années, dans un royaume près de la mer, vivait une jeune fille, que vous pouvez connaître par son nom d'ANNABEL LEE : et cette jeune fille ne vivait avec aucune autre pensée que d'aimer et d'être aimée de moi.

    J'étais un enfant, et elle était un enfant dans ce royaume près de la mer ; mais nous nous aimions d'un amour qui était plus que l'amour, - moi et mon ANNABEL LEE ; d'un amour que les séraphins ailés des cieux convoitaient, à elle et à moi.

    Et ce fut la raison que, il y a longtemps, - un vent souffla d'un nuage, glaçant ma belle ANNABEL LEE ; de sorte que ses proches de haute lignée vinrent, et me l'enlevèrent, pour l'enfermer dans un sépulcre, en ce royaume près de la mer.

    Les anges, pas à moitié si heureux aux cieux, vinrent, nous enviant, elle et moi - Oui ! ce fut la raison (comme tous les hommes le savent dans ce royaume près de la mer) pourquoi le vent sortit du nuage la nuit, glaçant et tuant mon ANNABEL LEE.

    Car la lune jamais ne rayonne sans m'apporter des songes de la belle ANNABEL LEE ; et les étoiles jamais ne se lèvent que je ne sente les brillants yeux de la belle ANNABEL LEE ; et ainsi, toute l'heure de la nuit, je repose à côté de ma chérie, - de ma chérie, - ma vie et mon épousée, dans ce sépulcre près de la mer, dans sa tombe près de la bruyante mer.

    Mais, pour notre amour, il était plus fort de tout un monde que l'amour de ceux plus âgés que nous ; - de plusieurs de tout un monde plus sages que nous, - et ni les anges là-haut dans les cieux, - ni les démons sous la mer ne peuvent jamais disjoindre mon âme de l'âme de la très-belle ANNABEL LEE.[/I] [/SIZE][/FONT]

  10. #10
    serendipity
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    AH ca c est plus que de l amour ,c est l amour passion..cest tres beau.

  11. #11
    serendipity
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    un poeme sublime sur une musique splendide

    [I]champs dautomne
    [/I]

  12. #12
    Actif
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    [h=1]Élévation[/h] Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

    Celui dont les pensées, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le langage des fleurs et des choses muettes !

    Charles Baudelaire

  13. #13
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    Citation Envoyé par Fayrouz06 Voir le message
    [FONT=century gothic]Les fleurs du mal ... que j'ai lu la première fois beaucoup trop jeune. Je n'en comprenais pas le sens. Mais que je relis dès que j'en ai l'occasion

    Un poète d'exception !

    Mon prefèré, un grand classique des fleurs du mal,[B] l'Albatros[/B] :

    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.
    [/FONT][FONT=century gothic]A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.
    [/FONT]
    [FONT=century gothic]Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
    [/FONT]
    [FONT=century gothic]Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.



    [/FONT][I][FONT=century gothic]Ce poème est extrait de "Spleen et idéal", la deuxième partie du recueil Les Fleurs du mal. Cette partie évoque l'homme déchiré entre l'aspiration à l'élévation et l'attirance pour la chute, déchirement à l'origine de l'envie nommé spleen, indissociable de la condition humaine et qui finit par triompher. L'albatros traduit chez Baudelaire. la conscience d'être différent des autres. Baudelaire a recours à une image très suggestive pour dépeindre sa propre condition dans une société qui l'ignore complètement. L'image de l'albatros capturé évoque l'idée d'un être totalement étranger au monde qui l'entoure. Baudelaire faisait partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire non compris par les gens de son époque. Les trois premières strophes concernent l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète.[/FONT]

    [URL="http://bacfrancais.chez.com/"]http://bacfrancais.chez.com[/URL][/I]
    J'aime bien l'albatros, mais aussi à une passante et une charogne que je trouve magnifique, par contre j'ai un mauvais souvenir avec parfum exotique

  14. #14
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    Citation Envoyé par laurette Voir le message
    Baudelaire n'a pas écrit que [I]Les Fleurs du mal[/I]. S'en contenter reviendrait à passer à côté d'une colossale œuvre critique. Œuvre critique qui nous permet de découvrir les mœurs musicales, picturales et littéraires de toute une époque. La seule considération de son œuvre poétique, néanmoins suffisante à démontrer un génie incontestable, vous priverait de l'un des points de vue les plus pertinents de son époque.
    Tant que l'on ne définit pas ce que l'on entend par génie, héros, démocratie, âme, science ou philosophie, on peut répéter ce que l'on veut du moment qu'on sort l'objet d'étude de son contexte.

    Baudelaire, un amoureux de la beauté?!? Laquelle, la femme sur ses genoux? C'est pas clair en tout cas...

    http://www.bladi.net/forum/albums-4443/39512.jpg

    [COLOR=#b22222][B]Hitler aussi était un génie, il captivait les masses subjuguées par sa puissance oratoire. [/B][/COLOR]

  15. #15
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    Sousse/ vers ma Destinée
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    [CENTER][I][B][SIZE=3]
    A une Madone[/SIZE][/B][/I]




    [I] Ex-voto dans le goût espagnol[/I]


    Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
    Un autel souterrain au fond de ma détresse,
    Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
    Loin du désir mondain et du regard moqueur,
    Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
    Où tu te dresseras, Statue émerveillée.
    Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal
    Savamment constellé de rimes de cristal,
    Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ;
    Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone,
    Je saurai te tailler un Manteau, de façon
    Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon,
    Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ;
    Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes !
    Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant,
    Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend,
    Aux pointes se balance, aux vallons se repose,
    Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose.
    Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers
    De satin, par tes pieds divins humiliés,
    Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte,
    Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte.
    Si je ne puis, malgré tout mon art diligent,
    Pour Marchepied tailler une Lune d'argent,
    Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles
    Sous tes talons, afin que tu foules et railles,
    Reine victorieuse et féconde en rachats,
    Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats.
    Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges
    Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges,
    Étoilant de reflets le plafond peint en bleu,
    Te regarder toujours avec des yeux de feu ;
    Et comme tout en moi te chérit et t'admire,
    Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe,
    Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux,
    En Vapeurs montera mon Esprit orageux.


    Enfin, pour compléter ton rôle de Marie,
    Et pour mêler l'amour avec la barbarie,
    Volupté noire ! des sept Péchés capitaux,
    Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux
    Bien affilés, et, comme un jongleur insensible,
    Prenant le plus profond de ton amour pour cible,
    Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant,
    Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !


    [/CENTER]
    [LEFT][SIZE=1]roide (du latin rigidus): rigide[/SIZE]
    [SIZE=1]guérite: un abri, sous lequel une personne qui monte la garde se met à couvert.[/SIZE]
    [SIZE=1]benjoin: une substance aromatique et résineuse tirée d'un arbre d'Orient.[/SIZE]
    [SIZE=1]l'encens: une substance résineuse aromatique qui brûle en répandant une odeur pénétrante.[/SIZE]
    [SIZE=1] On brûle de l'encens lors des cérémonies religieuses[/SIZE]
    [SIZE=1]l'oliban: un encens qui est extrait d'une plante d'Éthiopie appelée botwellia.[/SIZE]
    [SIZE=1]myrrhe: une substance aromatique tirée d'un arbre exotique appelé balsamier.


    [/SIZE][/LEFT]

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