Désenchanté

Pourquoi ton corps n'est-il plus près de moi au petit jour ?
Depuis que tu es partie, mon cœur meurtri s'est arrêté
de battre, hanté par ton fantôme à ses côtés.
Pourquoi m'as-tu quitté encore une fois mon amour ?

Désenchanté, face au reflet flétri de ton image
qui s'efface dans mon miroir, mon cerveau vacille
lorsque ton regard se casse dans un battement de cils.
Quoique je fasse, plus de traces de ton beau visage,

de ton odeur de passage sur ma peau. Tes messages
ne sont qu'un leurre qui se fracasse dans ma mémoire.
Pourquoi m'as-tu menti ? Je ne sais presque rien de toi.
Depuis tout à l'heure, c'est le malheur autour de moi.

Déboussolé, en vain, je cherche ton ombre adulée,
écoute le silence de tes mots mal articulés.
Désolé, sensible, je me tracasse, crois percevoir,
apercevoir quelques signes isolés, imperceptibles

de ta silhouette illusoire et imprévisible.
Avant ton départ, tu me disais "Tout est beau le soir
dans le noir, mais tout est fragile et dérisoire".
Quelquefois, je m'approche de ton ombre chinoise,

de ton corps sur le mur du salon qui se pavoise,
m'accroche aux vestiges des murmures de ta voix,
aux bruits de tes talons et à ta jupe qui voltige.
En fait, je ne sais pas ce que tu fais, où est ta voie.

Tu vas et viens, tu apparais, reviens dans ma maison,
puis tu redeviens poussière, disparais sans raison.
Tout ce que tu m'infliges me fait du mal, m'afflige.
Un jour prochain, nos destins se croiseront encore.

D'instinct, mes mains retrouveront le chemin de ton corps,
le creux de tes reins qui m'a donné tant de vertiges
et frissons. Sous mon toit, je me sens abandonné, pantois.
Repentie, entendras-tu cette prière pour Toi ?

onvagagner