Le tracé est à la fois rapide et précipité, le rythme tend vers la saccade, la nervosité et l’impatience déstabilisent la structure de l’écriture. Elle est propulsée avec une telle rapidité que le scripteur n’est plus maître de son contrôle, les pauses n’existent pas. Il y a une hyperliaison des lettres entre elles, aucune perte de temps dans ce graphisme.

De la démesure, du bon sens, de la dureté , de l’intransigeance ont cohabité chez cet être à l’intelligence vive et à l’impatience prononcée. La grande capacité de travail et la résistance à l’effort lui permettaient de faire plusieurs choses à la fois. Cette course effrénée dans l’action avait aussi des conséquences sur la stabilité de son affectivité.



[b]Le rythme de l’écriture est sans vie, affecté, lent. On a l’impression que cette lenteur est à la fois voulue et recherchée par souci de masquer toute la sensibilité de cette être ; le tracé comporte des angles, dans ce tracé lent , c’est le signe d’une inhibition . Un manque de souplesse dans les lignes et dans les mots, une fausse régularité qui se remarque par l’irrégularité de hauteur et de dimension dans le corps des lettres. Il y a un effort de maîtrise de la part du sujet pour maintenir une forme rectiligne dans la zone médiane(corps des lettres), avec ces angles significatifs de nervosité et de freinage. L’écriture est d’autre part verticale à tendance renversée et serrée.

Cette personnalité s’est construite une conduite d’apparence un peu obséquieuse, peut-être pour protéger sa vulnérabilité affective et de masquer ses hésitations, ses inquiétudes, ses insatisfactions qu’elle n’ose exprimer.


Écriture peu structurée, pression inégale, boueuse et pâteuse, inégale dans sa coulée d’encre, inhibition dans le geste graphique ce qui ralentit considérablement la vitesse d’exécution, lente, la liaison entre les mots et les lettres est défectueuse, mauvaise coordination entre les lettres, finales longues et prolongées excluant tout espacement entre les mots, barre de « t » longues et n formes d’arc.

Le déséquilibre psychique ne semble faire aucun doute dans ce graphisme désordonné, toute la structure du caractère est perturbée. Seule la neurologie, la psychiatrie pourront poser le diagnostic avec précision ,s’agit-il par l’observation des signes et de leurs détériorations, d’une démence organique, présénile, d’une démence arthériopathique ? La graphopsychologie peut simplement constater : que le sujet a des difficultés de mémorisation, une altération de l’humeur avec un mélange de tristesse et d’euphorie, des troubles de l’affectivité sur fond d’indifférence, de l’incohérence verbale et de l’irritabilité.[/b]


L’écriture a un geste contrôlé et pondéré, sobre, simple, aucun excès avec des rétrécissements dans certaines lettres.

La prudence, la mesure et la raison conduisent cette personnalité à privilégier la réflexion avant toute action. Aucun emballement ni précipitation, devant toute situation, sa devise : prendre du temps pour saisir et cerner les difficultés rencontrées.

.Par Jacques Serir, Psychanalyste et Psycho-graphologue (2001)