"Une situation idéale". Voilà comment Fahid Ben Khalfallah désigne la position de sa Tunisie à l’orée d’un match crucial contre le Kenya qualificatif pour la Coupe du Monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010, le 11 octobre à domicile. "L’objectif initial était d’être devant le Nigeria avant les deux ultimes rencontres. On y est et après autant d’efforts, on ne peut pas lâcher maintenant", explique l’ailier du Valenciennes FC à FIFA.com.

La problématique est enfantine pour les Aigles de Carthage : deux victoires devant le Kenya et le Mozambique et le billet pour l’Afrique du Sud est validé. Le bonheur ultime peut même intervenir dès cette avant-dernière journée de qualifications en cas de faux pas des Super Eagles contre les Mambas.

"Même si on veut le laisser de côté, c’est difficile de ne pas y penser. Cela serait fantastique, devant nos supporters. Mais il faut rester calme car en Afrique gagner un match de qualification n’est jamais facile. On avait connu un gros combat à l’aller contre le Kenya, une équipe très physique", commente Ben Khalfallah, arrivé en sélection il y a un peu plus d'un an. "Juste avant le match retour face au Burkina Faso, lors de la phase précédente", précise ce diplômé universitaire en gestion des organisations sportives.

La culture de la gagne
Battue pour son premier match de qualification, dans son antre, justement face aux Étalons de Paulo Duarte, la Tunisie est invaincue depuis. "Tout le monde a retenu la leçon de ce coup sur la tête", avance celui qui a commencé sa carrière à Amiens, dans sa Picardie natale. Depuis, le bilan chiffré parle de lui-même : six victoires et trois matches nuls. Quinze mois d’une série qui procure aujourd’hui une confiance énorme à des Aigles aux ailes déployées. "Tactiquement et défensivement, on est bien en place. Coelho a apporté sa rigueur. Et puis une certaine culture de la gagne s’est installée".

"Beaucoup d’éléments de ce groupe jouent en Europe et ceux qui sont au pays évoluent dans les trois meilleurs clubs, ils sont habitués à gagner tous les week-ends. Faire partie des cadors traditionnels du continent aide également, mentalement c’est un plus", explique un Fahid qui à 26 ans réalise seulement sa deuxième saison en Ligue 1. "Dans la tête on est très costaud", ajoute-t-il, en référence au nul 2:2 arraché dans les dernières minutes dans le chaudron d’Abuja. "Jouer là-bas, c’est l’enfer. Égaliser comme on l’a fait en fin de rencontre, c’est le signe de notre force de caractère".

Nouvel entraîneur, nouveaux principes
Après six ans de règne de Roger Lemerre, entraîneur de la cuvée 2004 vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations de la CAF, le Portugais Humberto Coelho, demi-finaliste de l’UEFA EURO 2000 sur le banc du Portugal avant de prendre en main le Maroc et la République de Corée, a rajeuni un groupe resté sur deux CAN décevantes. "Il s’appuie sur une nouvelle génération. Beaucoup des joueurs sont en sélection depuis maximum deux ou trois ans. Coelho voulait marquer la fin d’une époque, tourner la page et recommencer avec ses principes à lui. Pour moi, c’est une bonne chose, ça m’a permis de devenir un cadre en seulement un an et demi".

Même rajeunie, cette Tunisie garde le patrimoine de son passé : quatre Coupes du Monde de la FIFA, dont les trois dernières éditions de rang. De quoi offrir une certaine assurance à une sélection forte de son statut. "On n’a pas peur de passer à côté, le soutien face au Kenya sera sain. Je préfère être dans notre situation que dans celle du Nigeria".

La mission Afrique du Sud 2010 vient de commencer pour les Aigles de Carthage, avec un stage à Sousse. Le coach a déjà prévenu : c’est le match le plus important depuis deux ans.

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