Le cerveau humain face au coronavirus - L'avis du psy

Depuis trois mois, le coronavirus s'est invité dans la vie de tous les humains sans demander la permission de qui que ce soit. C'est malheureux certes, mais c'est ainsi qu'elle est faite la vie.

Malgré une illusion d'une apogée de l'intelligence et des avancées technologiques époustouflantes, le cerveau humain continue à être défié et challengé par la vie et la nature.

Faites confiance au cerveau humain, il est doté d'une grande capacité d'apprentissage.

Il faut savoir que l'apprentissage du cerveau humain peut être conscient, en récoltant les informations, en les évaluant et en les comparant entre elles.
Ce phénomène mental permet à l'Homme de tirer des leçons de son expérience passée et de faire ainsi face à ce qui le contrarie. Ainsi, l'Homme devient capable de mettre en place des plans d'action qui lui assurent une meilleure adaptation au déroulement des évènements nouveaux au tour de lui.

Ceci est en train de se traduire actuellement dans les dernières recommandations émises par les responsables politiques et de santé publique pour prévenir et atténuer l'impact délétère du coronavirus.

Mais l'apprentissage humain peut être également inconscient. Ainsi, le cerveau relie des faits et des phénomènes bien conscients pour émettre et stocker dans la mémoire de l'Homme des hypothèses et des déductions qui restent pour un certain temps complètement inconscientes.

Ce n'est qu'au moment opportun, et devant des situations problématiques toute nouvelle, que le cerveau humain mobilisera ces connaissances enfuies dans sa mémoire profonde afin de permettre à l'Homme d'étaler sa créativité et d'inventer ce qui lui manquait jusque-là.

Ce phénomène se traduira, au cours de cette expérience face au COVID-19, par un choix judicieux d'anciens médicaments créés jusque-là pour d'autres contextes pathologiques ou l'invention de tout un nouveau remède qui bouleversera complètement le pronostic de cette infection virale.

Méfiez-vous de vos pensées et utilisez vos émotions à bon escient.

Notre cerveau produit tous les jours des milliers de pensées, sous forme de mots, de phrases ou d'images. Ces pensées ne s'imposent jamais seules à notre esprit, elles sont toujours colorées d'émotions et de sentiments qui ont l'habitude de nous affecter et d'impacter nos comportements défavorablement.

Dans ce contexte menaçant de coronavirus, il est légitime que notre cerveau nous produise des pensées colorées d'anxiété, de frustration ou encore de désespoir. Prendre ces pensées pour de la réalité est l'erreur que nous faisons souvent et qui peut nous rendre angoissés, impulsifs ou encore déprimés. Le cerveau humain est un grand conteur, il aime ça, il a été conditionné à faire ça, et je dirais même que sa vitalité est tributaire de cette fonction (l'équivalent des battements pour le cœur).

Alors, ne vous préoccupez pas de ces histoires racontées par le cerveau et laissez-les circuler librement dans votre esprit sans essayer de les contrer ou de les remplacer. Apprenez juste à les observer tout en souriant.

Concernant les émotions, en les produisant, le cerveau essaie juste d'élever notre niveau de vigilance, de nous inviter à faire usage de nos cinq sens et de nous connecter ainsi, du mieux que nous pouvons, à notre réalité environnante. Ce que nous observons comme expérience qui se déroule au tour de nous, au moment présent, est la seule réalité objective. Tout ce que nous raconte notre cerveau, ce ne sont, en fait, que des histoires.

Faites confiance au cerveau humain car il est tout simplement très humain

En nous connectant à notre réalité d'aujourd'hui, dans ce contexte d'épidémie, de précaution et de confinement, nous pouvons constater que :

  1. nous avons beaucoup d'être chers au tour de nous. Agir pour les protéger tout en étant bienveillant, aimant, rassurant et soutenant est un comportement qui témoigne de notre capacité à agir avec les qualités humaines que nous valorisons et qui sont stockées dans notre cerveau.

  2. tous nos concitoyens sont importants pour nous et que nous ne souhaitons qu’aucun d'entre eux ne soit contaminé ou perde la vie.
    Suivre les consignes préventives, annoncées par le gouvernement, avec rigueur témoignera de notre capacité à être compatissant et solidaire en sacrifiant notre confort, nos gains d'argent (café, restaurant, société de services...) ou encore notre sécurité personnelle (exp: personnel soignant) au profit de la communauté et la sécurité de tous.
    Un tel comportement montrera que nous sommes capables d'atteindre un niveau suprême d'humanisme que la routine de la vie de tous les jours a réussi à nous le faire oublier depuis un certain temps.

  3. passer beaucoup plus de temps que d'habitude avec les gens que nous aimons (à cause du confinement) n'est pas si ennuyeux que ça. Cette situation pourrait même devenir une source de bonheur en mobilisant de notre cerveau des qualités de partage, de patience, de soutien et d'amour.
    Mettre de côté nos téléphones portables et partager des activités avec les membres de sa famille (faire ensemble à manger, jouer, discuter, regarder des films...), pourraient nous rendre compte de la valeur de la famille ainsi que de la simplicité du bonheur. En effet, ce dernier ne tiendrait qu'à l'appréciation et la valorisation de ce que l'on a.

Cet état d'esprit acceptant notre contexte tel qu'il se présente et investissant tout ce qui est valeureux au tour de nous, nous permettra de donner du sens à notre vie et de toucher toujours le bonheur quoi qu'il arrive.


Dr Ghanem Amara
Spécialiste en Psychiatrie

 

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